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20 novembre 2019

Journée du souvenir trans: les violences transphobes contribuent à la vulnérabilité au VIH

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La journée du souvenir trans* (Transgender Day of Rememberance), qui a lieu chaque année le 20 novembre, est une journée pour commémorer la mémoire des personnes trans* assassinées pour motif transphobe et plus largement pour réfléchir à l'alarmante prévalence des violences à l'encontre des personnes trans*.

Pour nous, acteurs-trices de la lutte contre le VIH, c'est le moment également de se recueillir et de rappeler que les personnes trans* - et plus particulièrement les femmes trans* - sont particulièrement vulnérables au VIH, du fait de ces violences, des mécanismes de marginalisation, des discriminations de l'accès aux soins. L'effet cumulé de ces violences et discriminations est que dans le monde les personnes trans* encourent un risque 13 fois supérieur d'être infectée par le VIH que la population générale, plus encore lorsqu'elles cumulent avec d'autres facteurs de vulnérabilité, telles que l'appartenance à une minorité ethnique.

Selon le rapport "gap" 2014 de l'ONUSIDA, 19% des femmes trans* dans le monde vivraient avec le VIH. Ce rapport indique également que les causes détaillées de cette vulnérabilité sont:

  1. Exclusion du cercle familial conduisant à une exclusion de l'éducation et de la formation professionnelle
  2. Agressions et violences transphobes, notamment actes de violences sexuelles
  3. Le manque de reconnaissance légale de l'identité de genre et le manque de lois générales de protection contre la discrimination, notamment la discrimination à l'emploi
  4. Discrimination dans le système de santé et prise en charge inadéquate

Rappellons d'ailleurs que selon les données récoltées par l'ONUSIDA, 41 pays dans le monde sont totalement dépourvus de lois offrant une protection, même minimale, aux personnes transgenres. Parmi ces pays, 17 vont jusqu'à criminaliser totalement la transidentité. 61% des pays n'incluent pas de programme spécifique pour les personens transgenres dans leur stratégie nationale de lutte contre le VIH/sida. Par exemple, il n'y a actuellement en Suisse aucune donnée épidémiologique sur les infections sexuellement transmissibles au sein de la population transgenre, selon l'Office fédéral de la santé publique.

Cette situation ne pourra évoluer qu'en incluant et mettant au centre la parole des premier-ère-s concerné-e-s. C'est notamment la vision que prône Coalition PLUS, acteur mondial de lutte contre le VIH et amplificateur des voix des communautés.

19 novembre 2019

[PRISE DE POSITION] Modification de la loi sur les stupéfiants (médicaments à base de cannabis)

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Du 26 juin au 17 octobre 2019, le Département fédéral de l'intérieur a organisé une consultation au sujet du projet de la modification de la loi sur les stupéfiants (plus précisément sur les médicaments à base de cannabis ou cannabis thérapeutique). C'est dans ce cadre que le Groupe sida Genève a pris position, relayée ici. L'intégralité de la prise de position du Groupe sida Genève peut être consultée ici

"Le Groupe sida Genève soutient le projet de modification de la loi sur les stupéfiants concernant les médicaments à base de cannabis soumis à consultation par le Département fédéral de l'intérieur. Nous vous prions de trouver ci-dessous nos remarques et commentaires détaillées sur le projet

Pour de nombreuses personnes souffrant de maladies chroniques ou graves, et notamment les personnes vivant avec le VIH/sida, le cannabis et les produits qui en sont dérivés sont des éléments non négligeables de leur thérapie, en permettant par exemple de soulager les douleurs ou de nausées, d'alléger les symptômes d'angoisse, de dépression et des troubles de l'humeur, d'accroître l'appétit et permettant de réduire les effets secondaires de la thérapie qu'elles doivent prendre.

L'interdiction générale du cannabis à usage médical ou à des fins de recherche ne répond à aucun impératif ou nécessité de santé publique et, de plus, constitue un des principaux obstacles à la recherche sur les effets connus et les usages thérapeutiques potentiels du cannabis. En supprimant les obstacles bureaucratiques inutiles, le projet facilitera la recherche sur le cannabis et permettra à terme de développer pleinement tout le potentiel thérapeutique du cannabis.

Remettant la responsabilité de la prescription médicale du cannabis aux mains des médecins en application des règles de l'art médicale et du devoir de diligence du médecin traitant, le projet permettra aux patients d'accéder rapidement et économiquement aux thérapies nécessaires sans passer par le fastidieux système d'autorisations exceptionnelles.

La volonté de la Confédération de traiter les questions de recherche sur le cannabis et de son usage médical séparément des problématiques de leur consommation récréative est une nette amélioration comparée à l'amalgame du régime actuel et permettra ainsi d'isoler ces deux domaines des débats politiques autour de son usage récréatif à venir."

Pour lire la prise de position du Groupe sida Genève dans son intégralité, cliquez ici!

11 novembre 2019

Agenda des dépistages gratuits VIH et IST à Genève - Novembre 2019

Vignette de Vignette de Groupe sida Genève - logo horizontal.jpg


Aspasie : Association d'aide et de soutien pour travailleurs/ses du sexe aux Pâquis
Adresse : Rue des Pâquis 11, 1201 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin ou urètre/anus/gorge au laboratoire
Horaires sur RDV (Tel : 022 732 68 28) :
- Jeudi 07/11
- Jeudi 28/11


Bus Boulevards : espace d'accueil pour travailleuses du sexe au Boulevard Helvétique
Adresse : Boulevard Helvétique
Sur RDV (Tel : 078 735 89 83)
Types de dépistage :
- VIH/VHB/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin/anus/gorge au laboratoire
Horaires Sur RDV (Tel : 078 735 89 83) :
- Jeudi 14/11 de 21h à 00h


Camsco : consultations médicales et infirmières pour personnes en situation précaire
Adresse : Rue Hugo-de-Senger 4, 1205 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Autres IST selon évaluation médicale avec remise d'un Bon pour tests de laboratoire
aux HUG
Horaires sans RDV (Tel : 022 372 53 11) :
- Tous les vendredis de 8h30 à 12h


La Roseraie : centre d'accueil pour personnes migrantes
Adresse : Rue de la Maladière 2, 1205 Genève
Type de dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Jeudi 14/11 de 14h à 17h

24 octobre 2019

Oumar Niang, chargé de projets communautaires: "Le sport participe à la restauration de l'estime de soi et de l'empowerment des personnes séropositives"

oumar.pngCrédit photo: Gabriel Balagué

Oumar Niang est chargé de projets communautaires au Groupe sida Genève depuis 2004. Adepte d'une approche globale pour pouvoir comprendre et répondre aux besoins des personnes, il a voulu nous parler de l'importance du sport pour la santé physique et psychique des personnes vivant avec le VIH.

1 - Tu animes au sein du Groupe sida Genève un programme de coaching sportif. Tu peux nous en dire plus ?

En préambule, je peux vous dire que les activités sportives hebdomadaires encadrées par une professionnelle qualifiée ( coach sportif spécialiste du sport et maladies chroniques qui travaille aux HUG et à la clinique la Lignière ) sont accessibles aux patients vivant avec le VIH du Groupe LIPO des HUG, de PVA Genève et bien sûr des membres du Groupe sida Genève. Le but est de prévenir ou corriger les effets de la lipodystrophie (notamment la lipohypertrophie) suite à la prise de thérapies antirétrovirales. Combattre le lipodystrophie est la matrice de ce projet.

Le terme « lipohypertrophie » désigne une accumulation de graisse dans le corps particulièrement marquée au niveau du tronc. La lipohypertrophie touche généralement la graisse qui enveloppe les organes internes (« graisse viscérale ») et non pas la graisse située directement sous la peau (« graisse sous-cutanée »). Cependant, les deux types de tissus adipeux peuvent aussi être atteints.

L'accumulation de graisse provoque le développement de poitrine chez l'homme et une augmentation du volume de la poitrine chez la femme. La graisse peut aussi s'accumuler sous les aisselles. La graisse en excès s'accumule souvent dans la région du ventre et de la taille, si bien que le ventre semble gonflé et la taille épaissie. Et dans certains cas il elle se présente sous forme d'une masse graisseuse au niveau de la nuque (bosse de bison) .En conséquence, certaines personnes séropositives souffrent psychologiquement des effets de la lipodystrophie par modification de leur image corporelle et par le regard de leur entourage ou des réflexions dont elles peuvent être victimes « tu as pris du ventre, tu es enceinte ? », « tu es un peu gros, je te préférais quand tu étais plus fit, slim » ... représentant ainsi une nouvelle forme de discrimination et de stigmatisation à laquelle les personnes séropositives doivent faire face. Certains malades nous disent qu'ils vivent bien avec la VIH en lui-même mais qu'ils ont de la peine avec la lipodystrophie, ils ont l'impression de porter visiblement la maladie. Ce qui a pour conséquence, un manque d'estime de soi et une fausse représentation de son corps chez une bonne partie des personnes souffrant de la lipohypertrophie.

Par le passé, au Groupe sida Genève, nous avions l'habitude d'accompagner les gens souffrant de la lipodystrophie, en leur payant une abonnement fitness. Seulement, force était de constater que ces derniers fréquentaient très peu les salles de fitness où le culte du corps est omniprésent. Certains ne voulaient même pas entendre parler du sport. C'est en ce moment, nous nous sommes rapprochés du groupe Lipodystrophie (Lipo) des HUG pour trouver une solution à ce problème. C'est ainsi qu'est venue l'idée du coaching sportif dont je suis responsable.

Ce projet existe depuis 5 ans à un rythme de deux séances hebdomadaires d'une heure chacune et chaque dernier vendredi du mois, nous organisons une activité de marche nordique tous les derniers vendredis du mois.

Chaque année nous faisons une longue marche en automne : l'année dernière nous avons fait le tour de la montagne le Vuache (27 km, 650 m de dénivelé...), cette année nous allons marcher le longue du Rhône jusqu'à la Plaine (20km), cette année est plus facile, c'est pourquoi elle est ouverte à tous les membres partenaires de ce projets.

Concernant les activités en salle, nous organisons un tournus en groupes de 6 participant-es par séance en moyenne. Ce petit nombre permet à la Coach d'avoir un regard plus personnalisé sur chaque participant-e.

2 - Quels bienfaits spécifiques peuvent apporter le sport et l'activité physique pour les personnes vivant avec le VIH ? Quid des bienfaits sur le moral ?

Lors d'une conférence francophone internationale, j'ai eu la change de présenter le projet sous forme de poster. En préparant ce dernier, j'ai demandé aux usagers du projet de dire et de partager leurs ressentis. Je vais en citer quelques uns:

« Participer ces séances de coaching m'a tout d'abord permis d'aller à la rencontre de l'autre, de parler, d'interagir...Au-delà de cette impression d'avoir plus de souffle et plus d'énergie, ces séances représentent également pour moi une voie vers la (re)socialisation. Mon estime de moi s'est améliorée, je me sens plus en confiance ».

« Un cadre très sympa, une bonne ambiance, la coach me permet d'effectuer correctement les exercices sans danger. Par exemple, les exercices de renforcement musculaire et le cardio sont agréables sans m'épuiser. La coordination de mes mouvements est meilleure. Je ne vois pas grand monde alors je me sens aussi mois seule ».

« [...] Mon activité physique régulière m'a permis d'améliorer mes résultats d'analyses sanguine. Par exemple, j'ai mois de cholestérol et un dernier examen à montrer que mes os s'étaient également renforcées ».

« je me sens mieux depuis que j'ai repris le sport. Je suis ces séances spécialement conçues pour les personnes séropositives. Être encadrée et aidée par une professionnelle qui connait mes problèmes spécifiques me met en confiance, me rassure et nous encourage tous. Au quotidien, j'ai un sommeil de meilleure qualité et me sens beaucoup mieux psychologiquement. L'activité sportive participe à protéger mon hygiène de vie : me lever le matin me pousse à m'organiser, à structurer ma journée, à respecter des horaires. Ceci pourrait paraître banal mais c'est, pour moi qui ne travaille pas, une pratique qui m'aide réellement à avoir un but dans ma vie. Je me sens revivre de sentir mon corps bouger, se renforcer. Le simple fait d'adopter une bonne posture, de me tenir « plus droit » est une sensation agréable qui s'est rapidement installée. »

« C'est un réel plaisir de pouvoir bouger en oubliant le regard de l'autre si présent lorsqu'on fréquente une salle de sport avec doutes et vestiaires communs. Ici, ni honte, gêne [...] »

Ces témoignages en dit long sur ce que les apporte ce projet: il s'agit d'améliorer sa santé non seulement sur le plan physique, mais également de casser l'isolement, d'améliorer l'image qu'on a de soi-même.

3 - Quel conseil donnerais-tu à une personne qui n'a pas fait d'activité physique depuis longtemps et qui a peur de s'y remettre ?

Il faut se lancer sans trop se mettre la pression, à son rythme, c'est souvent beaucoup plus simple que l'on ne s'imagine, une fois dans le bain. Ce projet est aussi un système d'entraide entre personnes faisant face à la même problématique. Le non-jugement est une valeur fondamentale que nous mettons en avant dans toutes nos approches. Nous voulons que les gens qui fréquentent ce projet se sentent bien dans la collectivité. Il faut se dire que toutes le monde fait face à la difficulté à s'y mettre au début, mais que l'appréhension passe avec le temps.

4 - Quelle est la place du sport dans la santé communautaire, selon toi ?

Comme nous l'avons vu avec les témoignages, le sport participe à la restauration de l'estime de soi et de l'empowerment des individus. Du moment où nous travaillons avec des personnes qui souffrent de maladies chroniques, dans mon approche je les considère comme expertes de leurs maladies, le terme adéquat est « patient-Expert ». Dans ce projet, toute activité, vision et changement se font d'une manière horizontale avec la participation de tous. D'ailleurs nous faisons régulièrement des séances de discussion où nous parlons des « MAUX », que ce soit physiques, morales ou organisationnels du projet et des interactions entre individu. Le but est une amélioration collective de notre bienêtre commun.

3 octobre 2019

Agenda des dépistages gratuits VIH et IST à Genève - Octobre 2019

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Agenda Octobre 2019
Dépistages gratuits VIH et IST

Aspasie : Association d'aide et de soutien pour travailleurs/ses du sexe aux Pâquis
Adresse : Rue des Pâquis 11, 1201 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin ou urètre/anus/gorge au laboratoire
Horaires sur RDV (Tel : 022 732 68 28) :
- Jeudi 03/10
- Jeudi 17/10


Camsco : consultations médicales et infirmières pour personnes en situation précaire
Adresse : Rue Hugo-de-Senger 4, 1205 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Autres IST selon évaluation médicale avec remise d'un Bon pour tests de laboratoire aux HUG
Horaires sans RDV (Tel : 022 372 53 11) :
- Tous les vendredis de 8h30 à 12h


La Roseraie : centre d'accueil pour personnes migrantes
Adresse : Rue de la Maladière 2, 1205 Genève
Type de dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Mercredi 16/10 de 14h à 17h


Bain de l'Est : Sauna libertin
Adresse : Rue de l'Est 3, 1207 Genève
Type de dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Mardi 01/10 de 15h à 19h
- Mardi 08/10 de 15h à 19h
- Mardi 15/10 de 15h à 19h

30 septembre 2019

Céline Le Roux Schaer, travailleuse sociale: "Il faut que l'on renforce le travail de questionnement des représentations que l'on a du VIH aujourd'hui."

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Crédit Photo: Gabriel Balagué

Céline Le Roux Schaer est chargée des projets communautaires du Groupe sida Genève. Nous avons eu envie de recueillir ses impressions autour de sa vision de la lutte contre le VIH, des représentations autour de la séropositivité et du nécessaire travail de sensibilisation.

Est-ce que tu peux nous parler des projets communautaires du Groupe sida Genève ?

Ces dernières années, les projets ont beaucoup évolué vers plus d'implication des personnes concernées par le VIH de la conception à la réalisation. Par exemple, le projet Regards Croisés sur le VIH, qui existe depuis cinq ans et qui sensibilise les jeunes au sujet de la lutte contre les discriminations, a été co-construit par un groupe d'intervenant-e-s vivant avec le VIH qui ont développé un modèle spécifique d'intervention. Dans ce projet, on questionne les représentations et on échange de manière horizontale au sujet des expériences diverses au lieu d'avoir un orateur actif et un public passif, comme dans le format « traditionnel » de l'intervention témoignage.

Nous avons également développé des ateliers sur la santé qui sont sur une optique participative. Alors qu'avant, nous avions l'habitude d'inviter des professionnel-le-s de la santé qui venaient « délivrer leur savoir », nous avons fait évoluer le format pour qu'il soit propice au partage d'expertises et de compétences, sans hiérarchie entre les différents types de savoir. Dans ce projet comme dans d'autres de l'association, il a été important pour nous que les personnes qui fréquentent l'association aient une place qui ne soit pas uniquement celle du « bénéficiaire », mais également une place active, avec une reconnaissance de leur expertise. En résumé, cette démarche communautaire que nous appliquons dans nos projets, vise à encourager le pouvoir d'agir des personnes (l'empowerment).

Quelles sont les valeurs qui te tiennent à cœur et qui guident ton action au sein du Groupe sida Genève ?

Pour moi, la valeur principale qui guide mon travail c'est la conviction qu'on a tou-t-e-s quelque chose à partager, à valoriser. Ce dont j'essaie de m'éloigner au maximum, c'est une posture paternaliste, qui me placerait comme une professionnelle qui « sait mieux » que les personnes qui fréquentent l'association. En tant que travailleur-se social-e, on est souvent conditionné-e, que ce soit au cours de notre formation ou par la suite, à penser qu'on est là pour les gens, pour les aider et que donc il est possible, de manière bienveillante, de faire des choix pour eux, à leur place. Pour moi, il est important d'entreprendre de manière consciente un travail sur soi qui permette de dépasser cette vision qui mène à une relation déséquilibrée.

Ça fait 10 ans que tu travailles ici, est-ce que tu as l'impression que la perception du VIH a évolué à Genève ?

Ce n'est pas facile de répondre simplement à cette question. Bien sûr, il y a une évolution de la perception des gens sur le VIH. Par exemple, au sein du projet Regard Croisés, j'ai été heureuse de constater que les jeunes (qui ont entre 15 et 20 ans) ont en grande majorité une perception bienveillante des personnes séropositives. Pourtant, à côté de ça, quand nous recevons des personnes qui viennent de découvrir leur séropositivité, elles y associent souvent des représentations liées à la mort, comme dans les années 80, et elles apprennent ici qu'il est possible, avec des traitements, d'avoir une vie normale, avoir des enfants, etc. Par exemple, ça peut être le cas pour les personnes migrantes que nous rencontrons et qui viennent de pays où existent des contextes et des représentations sociales de la séropositivité qui les empêchent de se projeter vers l'avenir.

Aussi, quand je réponds à la ligne info du Groupe sida Genève, je me rends compte qu'on nous pose encore souvent les mêmes questions qu'il y a 10 ou 20 ans, dénotant notamment de faibles connaissances sur les modes de transmission (« Est-ce que le VIH se transmet en embrassant une personne séropositive ? », pour ne prendre qu'un exemple). Cela montre qu'il faut que l'on renforce ce travail d'information et de questionnement des représentations que l'on a du VIH et des personnes vivant avec aujourd'hui.

9 septembre 2019

Agenda des dépistages gratuits VIH et IST à Genève - Septembre 2019

Vignette de Groupe sida Genève - logo horizontal.jpg

Agenda Septembre 2019
Dépistages gratuits VIH et IST


Aspasie : Association d'aide et de soutien pour travailleurs/ses du sexe aux Pâquis
Adresse : Rue des Pâquis 11, 1201 Genève.
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin ou urètre/anus/gorge au laboratoire
Horaires sur RDV (Tel : 022 732 68 28) :
- Jeudi 12/09


Bus Boulevards : espace d'accueil pour travailleuses du sexe au Boulevard Helvétique
Adresse : Boulevard Helvétique.
Sur RDV (Tel : 078 735 89 83)
Types de dépistage :
- VIH/VHB/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin/anus/gorge au laboratoire
Horaires Sur RDV (Tel : 078 735 89 83) :
- Mardi 10/09 de 21h à 00h


Camsco : consultations médicales et infirmières pour personnes en situation précaire
Adresse : Rue Hugo-de-Senger 4, 1205 Genève.
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Autres IST selon évaluation médicale avec remise d'un Bon pour tests de laboratoire aux HUG
Horaires sans RDV (Tel : 022 372 53 11) :
- Tous les vendredis de 8h30 à 12h


Le CARÉ : espace d'accueil pour personnes marginalisées
Adresse : Rue du Grand-Bureau 13, 1227 Les Acacias.
Types de dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Mercredi 25/09 de 9h30 à 11h30

6 septembre 2019

Victor Pécoul, médecin au Groupe sida Genève: "Le fonctionnement communautaire est un véritable plus pour le patient"

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Victor, tu es médecin au sein du Groupe sida Genève depuis 3 ans. Quelle est la différence entre le travail que tu pouvais faire dans un hôpital et celui que tu fais dans une association communautaire comme la nôtre ?

La différence principale avec un service hospitalier c'est, qu'à défaut de proposer une médecine de pointe, une petite association comme le Groupe sida Genève est plus proche des besoins du-de la patient-e où la prise en charge est individualisée. Cette démarche ne me paraît pas opposée à ce qui peut être proposé dans une grande structure comme un hôpital mais plutôt complémentaire. Ici, le-la patient-e ne vient pas juste chercher une prise en charge médicale, il a accès à un accompagnement psycho-social ou à une permanence juridique, ou peut encore participer à des groupes communautaire. En gros, la prise en charge est plus adaptée pour certaines populations touchées par la vulnérabilité.

Dans ma pratique de médecin, ce fonctionnement communautaire, est un véritable plus : le-la patiente est dans un cadre qui favorise la confiance et le dialogue. Les personnes osent abordées des thématiques comme la sexualité ou les consommations de drogues dont parfois elles ne se permettent pas de parler dans d'autre contextes. Cela me permet de les raccrocher au soin et de mieux les accompagner vers les services de santé adéquats

En plus de tes consultations médicales, tu travailles activement à rendre la PrEP le plus accessible à Genève. Tu peux nous en parler ?

Depuis mes débuts au Groupe sida Genève il y a maintenant trois ans et tout au long de mon activité au sein de l'unité VIH/SIDA des HUG, je me suis très investi à mieux faire connaître la PrEP, un moyen de prévention efficace contre le VIH. La prescription et la délivrance de PrEP reste difficile aujourd'hui à Genève. Le Groupe sida Genève offre un accompagnement communautaire qui va de la prescription l'accès au médicament. Cet accompagnement peut être par exemple crucial pour un jeune étudiant vivant encore chez ses parents et qui ne peut pas se faire livrer le médicament à la maison ou qui n'a pas de carte de crédit pour le commander sur internet.

Nous essayons également d'abaisser le coût des dépistages des IST nécessaires à un bon suivi PrEP. Grâce à ce travail de terrain et à l'écoute des personnes concernées, le Groupe sida Genève s'est posé en leader en matière de plaidoyer pour la PrEP dans le canton et en Suisse.

Le Groupe sida Genève ouvre une permanence PrEP. Concrètement, comment ça se passe ?

A partir du 9 septembre, le Groupe sida Genève ouvre une permanence communautaire hebdomadaire (les lundis de 16h à 20h) ouverte à tous. Il y a donc un médecin (moi), avec possibilité de faire les dépistages des IST. Il y a également un assistant social qui peut conseiller pour la commande du médicament et offrir une aide financière à l'achat pour les personnes les plus précarisées. De plus, c'est l'occasion de transmettre les messages de prévention habituellement délivrés par les équipes du Groupe sida Genève en matière de comportement sexuel ou d'usage de drogue, entre autre. Il y a finalement des volontaires habituées à prendre la PrEP (PrEPeurs-euses) qui peuvent parler de leurs expériences lors de séances d'information mensuelles ou accompagner individuellement les personnes dont la prise de PrEP se révèle compliquée.

Néanmoins, tout ceci n'est pas figé : nous invitons les PrEPeurs-euses à investir cette permanence et la modeler selon leurs besoins : c'est à elles et eux que cet espace appartient !

23 août 2019

[PRISE DE POSITION] Lutte contre le VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose : la Suisse reconfirme son engagement

Le Groupe sida Genève et ses partenaires internationaux de la Coalition PLUS saluent la décision du Conseil fédéral du 21 août dernier de compenser la réduction de la contribution de la Suisse au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme décidée en 2017 et même d'augmenter cette contribution pour la période 2020-2022.

Le montant promis est de 64 millions pour la période. La Suisse se place 12ème parmi ses partenaires occidentaux en termes de contribution au FMSTP par habitant et par année.

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La Suisse s'était engagé à hauteur de 60 millions de francs pour la période 2017-2019 lors de la 5e Conférence de reconstitution qui s'est tenu à Montréal, Canada les 16 et 17 septembre 2017 . Cette promesse a ensuite été réduite à 57 millions dans le budget 2018 dans le cadre d'une réduction générale de l'aide au développement internationale au motif du frein à l'endettement.

L'excédent budgétaire de la confédération avait atteint 3 milliards pour 2018 et devrait atteindre 3.3 milliards de francs pour 2019. En 2017, l'excédent avait atteint 2.8 milliards de francs. Dans les faits, depuis 2007, les comptes de la confédération affichent des excédents totalisant plus de 27 milliards de francs, seule l'année 2014 avait connu un déficit insignifiant. L'endettement de la Suisse est passé en dessous de 15% de son PIB cette année.

Par cette décision la Suisse confirme un engagement fort à contribuer à sauver 16 millions de vies, éviter 234 millions d'infections et aboutir à l'élimination des trois épidémies d'ici 2030. Cette augmentation contribuera de surcroît à l'atteinte des objectifs de l'Agenda 2030 dont l'Objectif de Développement Durable (ODD N° 3).

La volonté clairement affiché par la Suisse de renforcer son engagement pour le Fonds mondial aura un effet de signal positif dans la communauté internationale et encouragera d'autres pays bailleurs à suivre l'exemple de la Suisse.

Notre prise de position

Nous vous prions de trouver ci-dessous la prise de position du Groupe sida Genève adressée aux Conseillés fédéraux M. Ignazo Cassis, en charge du département fédéral des affaires étrangères, et M. Guy Parmelin, en charge du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche. Elle peut également être téléchargée au format pdf ici

******************

Messieurs les Conseillers fédéraux,

Au nom du Groupe sida Genève, nous vous remercions de l'opportunité offerte de prendre position dans le cadre de la procédure de consultation sur la coopération internationale 2021-2024, et de contribuer ainsi au débat nécessaire sur l'engagement de la Suisse en faveur de la coopération internationale. Nous saluons l'effort de synthèse et de transparence offrant une vision d'ensemble sur les priorités et les instruments prévus par la Confédération afin d'atteindre ses objectifs constitutionnels. Nous remarquons la volonté de rendre la coopération internationale plus efficace mais aussi de la lier plus étroitement avec les intérêts économiques de la Suisse. Toutefois, nous tenons à partager nos sérieuses préoccupations en ce qui concerne l'engagement de la Suisse par rapport aux objectifs affirmés, notamment en ce qui concerne la faiblesse de sa contribution financière, sa faible motivation pour le renforcement de la coopération multilatérale, ainsi que l'occultation de l'enjeu majeur qu'est la santé dans la stratégie future de la Confédération. Par cette prise de position, nous souhaitons également vous rendre sensible aux besoins de la lutte contre les épidémies du sida, de la tuberculose et du paludisme et vous appeler à une promesse de don en faveur du Fonds mondial lors de VIème reconstitution du Fonds qui soit à la hauteur des capacités économiques de notre pays.

Un engagement international plus fort

Berceau de l'aide humanitaire, la Suisse est un acteur important de la coopération internationale (CI), et « est reconnue comme [étant] engagé[e], impartial[e], novat[rice], responsable et solidaire, avec une forte tradition démocratique, humanitaire et de bons offices »[1]. Elle se doit donc d'être à la hauteur des exigences de cette très belle réputation. Le contexte de globalisation des problématiques et des solutions exige de surcroît une ouverture et une action aussi bien morale que matérielle de notre pays qui s'étend par-delà les frontières de la Confédération. Signataire de l'Agenda 2030, la Suisse s'était engagée à contribuer positivement et significativement aux Objectifs de Développement Durable (ODD) dans le cadre de sa politique étrangère et de politique économique extérieure. Son engagement reste donc crucial pour atteindre ces objectifs collectivement et à l'échelle globale. Le Groupe sida Genève souhaite particulièrement que les populations les moins privilégiées deviennent la préoccupation prioritaire de la stratégie de la coopération internationale de la Suisse. L'aide au développement restant un axe majeur, l'objectif premier doit rester la diminution de la pauvreté et des inégalités.

Une aide publique au développement renforcée

La Suisse consacre une part bien trop petite de son revenu national brut (RNB) à l'aide publique au développement (APD). Cette part représentait 0.46% du RNB en 2017 et 0.44% en 2018 et ce uniquement en incluant les coûts d'assistance aux requérants d'asile en Suisse. Malheureusement, ce taux n'est guère prévu d'être substantiellement augmenté pour la période 2021-2024. En effet, le rapport explicatif sur la coopération internationale propose des montants ne représentant qu'un taux d'APD d'environ 0,45% du RNB. Le taux réel, excluant les coûts d'assistance aux requérants d'asile, atteindra tout juste 0.40%[2]. La part de l'APD est non seulement sensiblement inférieure au taux de 0.5%[3]du RNB voulu par le parlement - taux qui devrait être maintenu « pour autant que la situation le permette »[4] - mais surtout bien en-deçà de l'objectif de 0.7% fixé par l'ONU que notre pays s'est engagé à atteindre.[5] Comment peut-on expliquer ces écarts alors que la Confédération affiche des excédents budgétaires chaque année depuis 2007[6] et que le Conseil fédéral vient d'annoncer que l'excédent prévisible pour 2019 devrait encore une fois atteindre 2.8 milliards de francs[7]?

La santé, un enjeu global absent ?

Le Groupe Sida Genève plaide pour une coopération internationale axée sur la solidarité, la réduction des inégalités et sur le soutien aux populations les plus vulnérables. Réduire les inégalités demandera nécessairement le renforcement des systèmes de santé et l'élargissement de l'accès aux prestations et aux soins de santé à tous les habitants de la planète. Il est important que la santé, en tant que facteur essentiel de développement, devienne une priorité. Malheureusement, il n'est pas clair dans la stratégie de coopération internationale suisse 2021-2024 que la Confédération reconnaisse l'importance de cette thématique. Elle n'est abordée que brièvement dans l'objectif 3 de la stratégie de CI 2021-2024 qui appelle à « renforcer l'accès équitable à des services de base de qualité », et n'est mentionnée qu'une fois que dans les programmes globaux comme étant un des cinq défis nécessitant une action collective. Pourtant, l'un des buts premiers de la CI est « d'améliorer les conditions de vie de leurs populations [des pays en développement] »[8] Enfin, l'ODD n°3 concerne la bonne santé et le bien-être de tous à tout âge et vise notamment à « [d]'ici [...] 2030, mettre fin à l'épidémie de sida, à la tuberculose, au paludisme et aux maladies tropicales négligées et combattre l'hépatite, les maladies transmises par l'eau et autres maladies transmissibles ».[9]

Vers l'élimination du VIH, tuberculose & paludisme

Le renforcement des systèmes de santé passera forcément aussi par l'élimination des trois épidémies du VIH, de la tuberculose et du paludisme. A ce propos, la Suisse avait réaffirmé son « engagement de mettre fin à l'épidémie de sida d'ici à 2030 et de faire de cette réalisation notre legs aux générations présentes et futures, d'accélérer et d'intensifier la lutte contre le VIH et de mettre fin au sida pour atteindre cet objectif. »[10] Cette bonne intention n'a pas empêché la contribution suisse au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMSTP) d'être réduite de 3 millions CHF pour la période 2017-2019.[11] De telles réductions d'investissements de la part des bailleurs du Fonds auraient des conséquences désastreuses pour les objectifs d'élimination de ces maladies infectieuses. En effet, faute de financement supplémentaire, une recrudescence dans un futur - très - proche de nouvelles infections et de nouveaux cas est plus que probable[12]. La Suisse ne peut pas continuer de réduire ses participations tout en présupposant que la communauté internationale compensera à long terme cette baisse. Elle ne peut pas, par manque de motivation, se déresponsabiliser de ce fardeau.

L'appel du FMSTP

Bien que les progrès et résultats réalisés par le Fonds mondial soient incontestables, la riposte au VIH/sida, tuberculose et paludisme est aujourd'hui au point mort. Un regain d'énergie est nécessaire pour atteindre l'ODD n°3. Le maintien seul des niveaux d'investissement ne suffit plus. C'est pourquoi, le directeur du Fonds appelle à « accélér[er] le mouvement ». La VIème Conférence de reconstitution approche et a pour but de récolter un minimum de 14 milliards de dollars US pour le cycle 2020-2022. Il sera alors possible de sauver 16 millions de vies, d'éviter 234 millions d'infections et de continuer à progresser vers l'élimination des trois maladies d'ici l'horizon 2030. Certains de nos voisins européens[13]- la Grande- Bretagne, le Luxembourg, l'Irlande et le Portugal - ont d'ores et déjà promis des dons supérieurs aux précédents et à la hauteur de l'état d'urgence sanitaire. La Suisse répondra-t-elle à l'appel du Fonds mondial ?

Organisation multilatérale de développement et défi global

Il est dans l'intérêt de la Confédération de suivre ses partenaires occidentaux. S'engager plus activement dans la coopération multilatérale permettrait de répondre de la manière la plus efficace à des problématiques d'ordre global comme la santé. Plus spécifiquement, un engagement multilatéral avec le Fonds mondial resterait aussi cohérent avec la volonté de la Confédération de se focaliser sur les quatre régions d'interventions. En effet, les principaux pays-cibles du Fonds mondial - en Afrique Subsaharienne, Asie de l'Est et Europe de l'Est - coïncident avec les pays prioritaires de coopération bilatérale au développement - stratégie suisse privilégiée. Parallèlement, les pays bénéficiaires investissent également dans leurs propres programmes de prévention et d'accès aux soins en accord avec le principe de complémentarité - un des principes fondateurs du Fonds. L'organisation demande d'ailleurs pour le prochain cycle un investissement national de 46 milliards de dollars US. La coopération multilatérale incite donc à la proactivité de l'ensemble de la communauté internationale. Enfin, bien que les épidémies infectieuses soient inégalement localisées, elles ne connaissent pas de frontières. Or le risque actuel qu'elles resurgissent de plus belle est grand. Il est donc dans l'intérêt suisse - autant stratégique que sanitaire - d'agir, car le pays ne sera pas épargné.

Développement & retour sur investissement

Bien que le sentiment éthique, le devoir moral et l'urgence sanitaire devraient suffire à porter la Confédération vers une plus grande contribution pour le Fonds mondial - et pour l'APD en général - il n'en reste pas moins qu'il s'agit également d'un investissement intéressant pour le développement économique national suisse. En effet, un des points clés de la stratégie du Fonds mondial est d'obtenir des gains économiques importants et un retour sur investissement important entre 2021 et 2023. Ces retours représenteraient un rapport coût-bénéfice de 19 pour 1 si l'on tient compte de la valeur intrinsèque des gains anticipés pour la santé et de 2 pour 1 si l'on s'en tient aux effets directs des gains de productivité économique[14]. Le ratio actuel pour la Suisse est de 14 pour 1, soit 1 CHF investi engendre un retour sur investissement de 14 CHF. Ce résultat est calculé à travers : 1) le coût opérationnel du secrétariat entièrement basé à Genève ; 2) les achats garantis de produits pharmaceutiques -NOVARTIS[15]-, les diagnostiques -ROCHE-, les moustiquaires - VERSTERGAARD-, la pulvérisation intradomiciliaire -SYNGENTA ; 3) les contrats avec le Swiss TPH pour l'évaluation de la gestion des programmes et la performance des subventions. Un argument en accord avec la volonté suisse de prioriser ses propres intérêts, la croissance économique et le potentiel du secteur privé.

Il n'est pas trop tard

Il est encore temps d'exprimer les objectifs de CI en cohérence avec le sujet initial et de revoir la sémantique du message. En effet, conditionner l'aide au développement visant à l'amélioration des conditions de vie des plus vulnérables dans les pays en développement à la promotion d'intérêts économiques suisses de court terme est contradictoire. L'engagement suisse dans le monde doit pouvoir rester légitime et apprécié. Aussi, la puissance des mots utilisés - intentionnelles ou non - peut réellement entraver la bonne réputation et le soft power suisse sur le terrain.

Il est encore temps également pour la Suisse de revoir ses contributions financières à la hausse. Le budget n'étant pas voté, elle peut choisir de se démarquer de la tendance qui lui colle à la peau depuis près d'une décennie. Va-t-elle faire preuve, non pas uniquement de solidarité, mais aussi de complémentarité en contribuant à la hauteur de ses capacités à l'APD - et par la même occasion au Fonds mondial ? Ou maintiendra-t-elle sa participation actuelle alors que le Conseil fédéral lui-même indiquait en février dernier qu'aucune économie ne serait nécessaire en 2020[16] ?

La Suisse est face à un choix. Un choix qui porte le futur de toute une génération.

La Suisse doit faire mieux.

En vous remerciant par avance de l'attention que vous porterez à la présente, nous vous prions de trouver ici, Monsieur le Conseiller fédéral Ignazio Cassis et Monsieur le Conseiller fédéral Guy Parmelin, l'expression de nos respectueux hommages.

David Perrot

Directeur



[1] DFAE, Rapport explicatif sur la coopération internationale 2021-2024, 2 mai 2019, p.5

[2] DFAE, Rapport explicatif sur la coopération internationale 2021-2024, 2 mai 2019, p.32

[3] Le parlement a décidé en 2011 de porter l'APD à 0.5% du RNB en 2015.

[4] DFAE, Rapport explicatif sur la coopération internationale 2021-2024, 02.05.2019, p.32

[5] ONU, A/RES/69/315, 1 septembre 2015, Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l'horizon 2030, Objectif 17 : Renforcer les moyens de mettre en œuvre le Partenariat mondial pour le développement durable et le revitaliser ; Conseil fédéral, Position de la Suisse sur un cadre pour un développement durable après 2015, 25.06.2014.

[6]Annexe du communiqué de l'Administration fédérale des finances du 13.02.2019, la Confédération s'est-elle trompée dans ses calculs ?, disponible sur : https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/55630.pdf, consulté le 15 août 2019.
A l'exception de l'année 2014.

[7] Communiqué du Conseil fédéral du 14.08.2019, Première extrapolation 2019: excédent de 2,8 milliards prévu pour la Confédération, disponible sur : https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-76074.html, consulté le 14 août 2019

[8] Article 5 §1 de la « Loi CaD-AH »

[9] ONU, Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l'horizon 2030, Objectif 3.3.

[10] ONU, Assemblée générale, RES/70/266, 8 juin 2016, Déclaration politique sur le VIH/sida : Accélérer la riposte pour lutter contre le VIH et mettre fin à l'épidémie de sida d'ici à 2030.

[11] Communiqué de presse du Conseil Fédéral du 23 août 2017 annonçant une réduction de CHF 3 millions. La Suisse n'attribue que 0.56% de son aide publique au développement à travers le Fonds mondial, contre une moyenne de 2.22% pour les autres bailleurs de fonds publiques (en supposant une APD 2015 nette constante).

[12] Argumentaire d'investissement du Fonds Mondial pour la VIème reconstitution des ressources, disponible sur : https://www.theglobalfund.org/media/8280/publication_sixthreplenishmentinvestmentcase_report_fr.pdf, consulté le 15.08.2019.

[13] Européens au sens géographique du terme.

[14] Argumentaire d'investissement du Fonds Mondial pour la VIème reconstitution des ressources, op.cit.

[15] Liste non exhaustive. Toutes les industries citées sont les principales de chaque domaine mentionné.

[16] Communiqué de presse du Conseil fédéral du 13.02.2019, Compte 2018 : nouvel excédent, disponible sur : https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/55622.pdf, consulté le 15 août 2019.

19 août 2019

VIH et applications de rencontre: trois témoignages

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Source: iasociety.org

Les applications de dating comptabilisent plus de 220 millions d'utilisateurs au niveau mondial. En quelques années, elles sont devenues un des moyens privilégiés de rencontre, notamment pour les jeunes adultes. A quoi ressemble l'expérience quand on vit avec le VIH? L'international AIDS Society nous offre trois témoignages, pour en parler. Il y est question stigmatisation, de la manière dont ils déconstruisent les préjugés, mais également des choix sur la manière de parler de son statut.

Quelques extraits de témoignages:

"La stigmatisation, préjugés et discrimination à l'encontre des personens vivant avec le VIH sur les applications de rencontre sont insidieux. Tu t'en rends compte progressivement, à petites doses, quand les personnes ne répondent plus à tes messages, qu'elles n'envoient plus de photos après que tu leur ait parlé de ton statut sérologique."

"Je pense que révéler ton statut sérologique est une décision très personnelle. Il y a pas de bon moment ou de bonne manière de le faire; tu n'es pas obligé non plus de le révéler. En ce qui me concerne, j'ai choisi de le révéler parce que je n'ai pas envie que ce soit quelque chose que je garde secret. Mais parfois, je n'ai pas envie d'avoir la même conversation encore et encore à ce sujet, et dans ces moments je ne le révèle pas. Si tu veux parler de ton statut sérologique, fais-le quand tu sens à l'aise d'en parler. "

"Récemment, les choses ont changé. Les personnes sont plus ouvertes et acceptent mieux de parler du VIH sur els applications de rencontre. Elles recherchent plus volontiers des informations sur la PrEP. Les applications de rencontre sont une excellente opportunité de toucher les jeunes gens et améliorer leurs connaissances générales sur le VIH, via les bannières et les pop-up par exemple [...] C'est une opportunité de changer les attitudes à propos du VIH.

"Je suis devenu un ambassadeur de promotion de la prévention sur une application. C'est sur cette application que j'ai été approché par celui qui allait devenir mon époux. Ca a été un moment important dans nos vies, non seulement parce que ça a été celui de notre rencontre, mais parce que l'application lui a permis d'en savoir plus sur le VIH et l'a aidé à changer d'attitude à ce sujet."

Pour retrouver l'intégralité des témoignages (en anglais), cliquez ici.

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