2 février 2012

Le Réseau juridique canadien VIH/sida est extrêmement inquiet devant l'escalade et la gravité des accusations au criminel concernant la non-divulgation de la séropositivité au VIH. À l'heure actuelle, le droit criminel canadien exige que les personnes vivant avec le VIH dévoilent leur séropositivité avant un comportement qui implique un « risque important » de transmettre le virus. Plus de 130 personnes vivant avec le VIH ont été accusées, en moins de 15 ans -- or cela inclut de nombreuses affaires où l'activité en cause ne posait pas de risque important de transmission du VIH. Ce sont là des dénis de justice. Ces recours malavisés au droit contribuent à une situation marquée par l'anxiété, la peur, la stigmatisation et une désinformation, nuisant ainsi au counselling, à l'éducation et aux efforts de prévention, et augmentant les risques pour tous les Canadiens.
Les personnes vivant avec le VIH ne sont pas des criminels dans les cas où le critère d'un risque important n'est pas rencontré -- notamment lorsqu'un condom est utilisé ou lorsque la personne séropositive suit un traitement efficace de médicaments antirétroviraux. Notre vision est celle d'un monde où le droit s'attache à protéger et à appliquer les droits humains de tous et toutes, y compris des personnes vivant avec le VIH, et où il est fondé sur les meilleures preuves scientifiques qui existent, et non sur des présomptions, des préjugés ou des craintes.
Le 8 février 2012, la Cour suprême du Canada entendra deux affaires qui feront date, sur cet enjeu important (les affaires R. c. Mabior et R. c. D.C.). Les décisions de la Cour suprême dans ces appels auront de profondes implications, non seulement pour les personnes vivant avec le VIH, mais aussi pour la santé publique, les pratiques policières et le système de justice pénale, au Canada. Vous pouvez visionner les audiences, le 8 février, par webdiffusion en direct, sur le site Internet de la Cour suprême du Canada.
L'Inde est reconnue par tous comme étant "la pharmacie des pays en développement". Le pays produit des médicaments génériques à bas prix destinés à 150 pays en développement en Asie, Amérique latine et Afrique. Mais l'aptitude du pays à fournir des médicaments à prix abordables à des millions de personnes est menacée par Novartis qui conteste devant la cour suprême indienne la section 3(d) de la Loi indienne sur les brevets, une clause cruciale pour protéger l'accès à la santé. Durant les cinq dernières années, le laboratoire Novartis a traîné le gouvernement indien devant les tribunaux du pays pour essayer de faire changer cette loi. Novartis a perdu ce procès. Mais aujourd'hui, à travers cette nouvelle affaire judiciaire, Novartis tente de nouveau d'affaiblir la section 3(d), une clause spécfiquement prévue par le parlement indien pour anticiper les demandes abusives de brevets des firmes pharmaceutiques.
Si Novartis gagne ce procès et obtient un changement de l'interprétation de la section 3(d) en parvenant à l'enregistrement du brevet sur son traitement contre le cancer Imatinib Mesylate, alors l'Inde sera forcée d'octroyer de plus en plus de brevets ce qui reviendra au final à une mise à mort de la production de génériques et à une augmentation démesurée du prix des médicaments. La capacité de l'Inde à agir en pharmacie des pays en développement dépend ainsi de cette bataille juridique entre Novartis et le gouvernement indien.
Alors que Novartis joue avec les intérêts des malades du monde entier touchés par le VIH/sida ou par des cancers, la firme suisse continue de faire des bénéfices énormes ; en 2010, elle enregistrait 10 milliards de dollars de bénéfices net. La firme se vante de soutenir la croissance économique de la Suisse et d'avoir protégé le pays de subir les conséquences directes de la crise financière. Mais c'est au prix de la santé et de la vie de milions de personnes dans les pays en développement. Novartis abuse de sa position de force et de ses monopoles sur des médicaments brevetés et se repait de nos cadavres.
31 janvier 2012

« Parce qu'à un moment, il y a le discours et il y a l'exemple que l'on montre. Et je ferai tous mes efforts pour qu'un petit groupe de pays leaders adoptent les financements innovants au bénéfice de l'Afrique et des pays les plus pauvres. » Discours de N.Sarkozy au sommet de l'Union Africaine, janvier 2011
A rebours de toutes ses promesses passées, Nicolas Sarkozy semble finalement privilégier les intérêts financiers aux grands défis mondiaux. Si ce projet de taxe au rabais et entièrement dévolue au comblement de la dette aboutit, le Président de la République aura raté une opportunité unique de marquer l'Histoire. AIDES et Coalition PLUS font part de leur profonde indignation face à cette ultime escroquerie du quinquennat.
Souvenez-vous quand notre Président il y a tout juste un an, au Sommet de l'Union Africaine, claironnait combien il était «moral» et «juste» que la finance verse son obole à la solidarité internationale : «Le monde financier, par ses excès, a plongé le monde entier dans une crise économique sans précédent. Il serait moral que ceux qui ont contribué à la crise soit ceux qui paient un petit peu pour permettre au monde de sortir de la crise». Souvenez-vous encore de Nicolas Sarkozy à la tribune de l'ONU quelques mois plus tôt, clamer sans rougir à quel point cette taxe était indispensable pour «lutter contre la pauvreté, pour l'éducation et pour la résolution des grands problèmes sanitaires de l'Afrique.»
30 janvier 2012
par Nicolas Charpentier

L'enquête 2011 du Groupe sida Genève sur la santé des hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes et qui fréquentent les lieux de drague montre la plus grande vulnérabilité de ces derniers face au VIH. Il ressort aussi de cette enquête la nécessité de mieux prendre en compte la réalité de vie des hommes rencontrés et notamment concernant la stratégie de dépistage à leur proposer.
Une étude sur la santé des hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes
Le Groupe sida Genève a mené en 2011 une enquête de santé qui a pour but d'observer si les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes et rencontrés sur des lieux de rencontre extérieurs (LRE) présentent des caractéristiques spécifiques, notamment en regard du VIH et des prises de risque. Cette enquête vise à mieux appréhender les besoins des hommes rencontrés afin d'adapter l'action des associations sur ces mêmes lieux de drague.
Les données ont été recueillies, de mi-juin à fin juillet 2011, lors d'actions de prévention, à l'aide d'un questionnaire auto-administré anonyme, sur 15 LRE en Suisse (cantons de Genève, Vaud, Valais, Fribourg) et en France (départements 38, 74). Les 565 hommes rencontrés durant la période d'administration se sont vus proposer de participer et 42% d'entre eux, soit 237 hommes, ont accepté.
29 janvier 2012
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En appelant les dirigeants africains au respect des droits des homosexuels, sujet particulièrement sensible sur le continent, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pris le risque de s'attirer les réactions acerbes de chefs d'Etat.
Alors que l'homosexualité est interdite par la loi dans une large majorité de pays africains - à quelques exceptions comme l'Afrique du Sud - M. Ban a dénoncé les gouvernements qui "traitent les gens comme des citoyens de seconde classe, voire des criminels" en raison de leur orientation ou de leur identité sexuelles.
"S'attaquer à ces discriminations est un défi, mais nous ne devons pas abandonner les idées de la déclaration universelle" des droits de l'Homme, a-t-il déclaré à la tribune du 18e sommet de l'Union africaine à Addis Abeba.
La communauté lesbienne, gay, bi et transgenre (LGBT) fait face à une importante répression en Afrique. Et les pressions internationales ne semblent pas prêtes à infléchir les dirigeants du continent.
En Ouganda, où le Parlement envisage depuis des mois de durcir la législation contre l'homosexualité, le gouvernement a immédiatement indiqué qu'il ne suivrait pas les recommandations du représentant onusien.
"Nous respectons (les homosexuels) en tant qu'êtres humains mais nous condamnons fermement leurs pratiques et leur orientation", a déclaré à l'AFP Simon Lokodo, ministre de l'Ethique et de l'Intégrité. "Nous condamnons très fermement quiconque promeut ou propage ces pratiques", a-t-il ajouté.
L'Ouganda punit déjà l'homosexualité de peines de prison de longue durée, et envisage de la sanctionner par la peine de mort dans certains cas.
26 janvier 2012
Médecins Sans Frontières (MSF) s'alarme de la situation des personnes vivant avec le VIH/SIDA en République démocratique du Congo (RDC) et déplore le manque de priorités données par les autorités congolaises, ainsi que le désengagement des bailleurs de fonds, alors que le Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme fêtera ses 10 ans d'existence ce 28 janvier.
Les conditions d'accès aux soins des personnes vivant avec le VIH/SIDA en RDC sont
catastrophiques. Au Centre Hospitalier de Kabinda (CHK) à Kinshasa, MSF voit arriver un nombre bien trop élevé de malades avec des complications graves, dues à l'absence de traitement, et dont la condition trop avancée entraîne des souffrances inacceptables.
«J'ai travaillé dans de nombreux pays d'Afrique centrale et australe auprès de patients séropositifs, mais ce que je vois ici en RDC n'existe plus ailleurs depuis plusieurs années », affirme Anja De Weggheleire, coordinatrice médicale de MSF en RDC. « La situation de la RDC me rappelle l'époque à laquelle aucun traitement ARV n'était encore disponible. Nos médecins sont confrontés quotidiennement à de graves complications qui seraient facilement évitables avec une mise sous ARV précoce des patients ».
On estime actuellement à plus d'un million le nombre de séropositifs en RDC et à 350 000 le nombre de personnes qui devraient bénéficier d'un traitement antirétroviral. Or seuls 44 000 patients sont effectivement sous traitement. Cela représente un taux de couverture en antirétroviraux (ARV) de moins de 15%, soit l'un des plus bas au monde (tout comme la Somalie et le Soudan pour le continent africain).
La situation est critique également en terme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME) : seul 1% des femmes enceintes estimées séropositives a accès aux traitements PTME. Or sans traitement, environ un tiers des enfants exposés naît avec le VIH.
25 janvier 2012
Mardi 24 janvier 2011, Coalition PLUS a appris par la presse le départ de Michel Kazatchkine, actuel Directeur Exécutif du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme. Le Fonds mondial apporte un traitement à près de 4 millions de malades du sida dans le monde en développement.
Coalition PLUS regrette ce départ, et salue la contribution essentielle que le Professeur Kazatchkine a apporté à la lutte mondiale contre le sida durant des presque 6 années à la tête du Fonds mondial.
Les ressources dont dispose le Fonds mondial pour venir à bout des trois pandémies les plus meurtrières représentent à peine 0,01% du produit intérieur brut des 7 pays les plus riches. Ces moyens restent cruellement insuffisants face à l'ampleur qu'ont prise les pandémies, et à l'engagement des dirigeants des pays riches d'atteindre l'accès universel au traitement du sida d'ici 2010. Néanmoins, force est de reconnaître que, sous le leadership de Michel Katachkine les ressources du Fonds mondial ont doublé, grâce au plaidoyer infatigable qu'il a mené envers les gouvernements du monde, souvent en y associant les personnes touchées et la société civile.
Les allégations d'improbités autour de la campagne Born HIV Free menée par le Fonds mondial en 2010 ne sont pas la raison du départ de Michel Kazatchkine. Au contraire - le départ et les allégations sont tous deux la conséquence d'un troisième phénomène : une bataille feutrée, mais brutale, entre administrateurs du Fonds mondial, pour le contrôle de la lutte internationale contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Malheureusement, pour trop de journalistes, seuls les déboires des top-models et des politiciens ont d'importance, face à la lutte pour mettre fin à l'hécatombe que constitue la pandémie du sida.
Nous saluons le combat du Professeur Kazatchkine, à nos côtés, pour que ce soient les besoins des malades, et non pas la pingrerie des donateurs, qui détermine les ambitions sanitaires et budgétaires du Fonds mondial. Les pressions sont énormes pour renverser cette hiérarchie. De même, nous avons pu compter sur son soutien pour dénoncer la dérive absurde voulant de faire du Fonds mondial un organisme de lutte contre la corruption, au point de dépenser davantage en dispositifs anti-corruption que ce que coûte la corruption.
La primauté des besoins des malades face aux autres considérations - budgétaires ou fiduciaires - est la condition sine qua non de l'efficacité sanitaire du Fonds mondial. Si ce principe devait être remis en question, comme plusieurs Etats puissants y poussent, c'est le Fonds mondial lui-même qui cesserait de présenter le moindre intérêt, en tant qu'outil multilatéral d'acheminement des ressources anti-sida des pays riches vers les pays pauvres.
Coalition PLUS, avec le reste des activistes anti-sida, vont continuer à se battre contre cette dérive mortifère. Dans ce combat, nous aurons encore cruellement besoin du Professeur Kazatchkine.
24 janvier 2012
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La Coalition PLUS, coalition internationale francophone de lutte contre le sida, met au concours le
poste de chargé-e de
programme communication et collecte
à 75% - 100% (à définir)
basé à Genève, au sein du Groupe sida Genève
Description du poste, profil souhaité et informations utiles (format pdf)
Entrée en fonction: immédiate ou à convenir
Candidature:Si vous correspondez à ce profil, votre dossier de candidature contenant les documents usuels doit parvenir au plus tard mercredi 15 février à l'adresse suivante :
Groupe sida Genève
Direction
Mention: Coalition PLUS
9, rue du Grand‐Pré
1202 Genève
Les candidatures envoyées par e‐mail ne seront pas prises en considération.
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"Au cours de ces 25 dernières années, le visage du VIH/sida a énormément évolué, ce qui a demandé une adaptation permanente au Groupe sida Genève. Le fait que nous soyons plus que jamais un acteur majeur du dispositif de la lutte contre le sida à Genève et en Suisse démontre que notre association a su relever ce défi en prenant en compte les avancées réalisées sur les plans médical et sociétaux", explique Didier Bonny, Président du Groupe sida Genève.
A l'occasion de cet anniversaire, un cocktail d'amitié aura lieu dans les locaux de l'association dès 18h, en présence des autorités cantonales et municipales et de la Baronne Nadine de Rothschild.
Lors de cette soirée, Bucherer, horloger-bijoutier suisse, présentera un bijou exclusif en forme de ruban en or rose, vendu au profit du Fonds de solidarité du Groupe sida Genève: http://www.groupesida.ch/bucherer.php
20 janvier 2012
On les avait presque oubliées, pourtant depuis quelques années, les Infections Sexuellement Transmissibles sont de retour. Deux raisons majeures à cela: notre méconnaissance de ces infections, d'autant plus difficiles à identifier qu'elles sont souvent asymptomatiques, et le relâchement marqué de l'utilisation du préservatif dans certains groupes de population. Conséquence: le nombre de cas de syphilis, d'herpès ou de chlamydia est en forte augmentation.







