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16 décembre 2019

Walter Ceron, responsable de l'accueil: "J'ai pu constater que les jeunes qui viennent chez nous avaient un regard plus apaisé sur le VIH."

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Walter Ceron est le responsable de l'accueil au Groupe sida Genève. C'est donc à lui que revient la tâche de s'assurer que les personnes se sentent écoutées et adéquatement conseillées. Nous avons eu envie d'en savoir plus sur son travail qui requiert organisation, rigueur et intelligence relationnelle.

1 - Tu es le premier visage que voient les personnes qui franchissent la porte du Groupe sida Genève. Peux-tu nous parler de l'importance de cette première rencontre et de ce que tu mets en œuvre pour qu'elle se passe bien ?

Ça se passe beaucoup au feeling. Tout d'abord, il faut sentir dans quel état émotionnel est la personne qui franchit la porte. En quelque sorte, je dois souvent faire un travail de débroussaillage : les gens viennent avec un bagage émotionnel et cela demande des qualités d'écoute et d'empathie pour établir un rapport de confiance. Ce que je peux apporter à l'autre, ça varie d'une personne à l'autre. Certain-e-s ont besoin d'informations précises et poseront donc directement leurs questions, alors que d'autres ont d'abord besoin de se sentir mises en confiance avant de pouvoir formuler le fond de leur demande. Ça m'est par exemple souvent arrivé d'accueillir des personnes qui ont de prime abord dit être venues pour un conseil juridique ou un-e assistant-e social-e, mais, une fois qu'elles ont pris un café, qu'elles ont pu constater qu'on était dans le non-jugement, s'ouvrent pour me dire que ce qu'elles cherchent à apaiser une souffrance liée à la solitude ou à la dépression.

Néanmoins, il y a un point commun à tou-te-s : c'est la centralité de la thématique de la sexualité dans ce qui préoccupe les gens qui viennent au Groupe sida Genève. Il y a un tabou dans la société autour des questions liées à la sexualité qui fait que souvent, les gens ont peur de se sentir jugés s'ils en parlent ou posent des questions. Nous, ici à l'accueil, devons donc d'autant plus expliciter notre posture de non-jugement et de bienveillance, pour que l'usager-e puisse dépasser cette barrière de gêne.

2 - Au fil des années, est-ce que tu dirais que les situations auxquelles tu es confronté ont évolué ?

La principale différence c'est que ces dernières années, le vécu strictement lié au VIH, des personnes qui viennent s'est quand même un peu allégé, alors que paradoxalement leur situation de manière globale s'est complexifiée, en rapport surtout avec les institutions, les démarches pour les permis de séjour, les assurances, la précarité, etc. Autre chose, j'ai pu constater que les jeunes qui arrivent à mon comptoir avaient malgré tout un regard sur la maladie qui était plus apaisé que les plus âgés.

Depuis quelques mois, le Groupe sida Genève propose une consultation médicale. Depuis, nous accueillons un tout autre type de public, celui qui est venu voir son médecin et qui n'attend de nous - à l'accueil - qu'une bonne gestion et un bon suivi de son dossier. C'est une approche très différente mais aussi très enrichissante !

3 - Tu as également joué un rôle important dans la conception et la mise en place de la permanence PrEP. Peux-tu nous en parler?

Ce projet qui a démarré à la rentrée a encore une fois amené un public différent, plus jeune et plutôt bien informé. L'idée, c'est de lever les obstacles entre la PrEP et les personnes pour qui elle peut faire une différence. Le concept de cette permanence, c'est de réunir en un lieu un médecin (pour les prescriptions et le suivi), un assistant social (pour l'accès au traitement et au conseil) et un espace d'échange entre « prepeurs ».

Pour moi, c'est une forme de militantisme. Je prends moi-même la PrEP et je trouve important de participer à cette démarche communautaire. La communauté possède sa propre forme d'expertise et il faut savoir la valoriser. Quand on est soi-même une personne concernée, on peut partager beaucoup de choses avec les autres, on est au courant des nouveautés et ça me passionne de pouvoir transmettre tout ça.

4 - Pour toi, de quoi est fait l'avenir de la lutte contre le VIH ?

On dit souvent qu'il faut déconstruire les préjugés sur les personnes vivant avec le VIH. C'est vrai, mais en même temps il faut s'assurer que ce processus de normalisation n'ait pas d'implications pratiques négatives telles que le désengagement public pour la lutte ou encore l'invisibilisation des discriminations institutionnelles qui demeurent bien réelles. A mon avis, c'est le défi de ces prochaines années.

4 décembre 2019

Agenda des dépistages gratuits VIH et IST à Genève - Décembre 2019

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Agenda Décembre 2019
Dépistages gratuits VIH et IST


Aspasie : Association d'aide et de soutien pour travailleurs/ses du sexe aux Pâquis
Adresse : Rue des Pâquis 11, 1201 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin ou urètre/anus/gorge au laboratoire
Horaires sur RDV (Tel : 022 732 68 28) :
- Jeudi 05/12


Camsco : consultations médicales et infirmières pour personnes en situation précaire
Adresse : Rue Hugo-de-Senger 4, 1205 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Autres IST selon évaluation médicale avec remise d'un Bon pour tests de laboratoire aux HUG
Horaires sans RDV (Tel : 022 372 53 11) :
- Tous les vendredis de 8h30 à 12h


CAMARADA : centre d'accueil et de formation de femmes migrantes
Adresse : Ch. De Villard 18, 1203 Genève
Type dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Vendredi 13/12 de 13h30 à 17h30

25 novembre 2019

Ben et Flo, à vélo pour sensibiliser au VIH/sida

En octobre, Ben et Flo, deux techniciens du spectacle passionnés de voyage, ont décidé de se lancer un défi, alliant effort et plaisir, consistant à, en partant de Genève, à rejoindre la Corse à vélo en portant des maillots du Groupe sida Genève. Pendant ce périple, ils ont pu sensibiliser à la lutte contre le VIH et faire connaître notre association. De retour à Genève, nous avons eu envie de recueillir leurs impressions!

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1 - Ben et Flo, vous venez de rentrer de votre périple en vélo, où vous avez porté les couleurs du Groupe sida Genève. Qu'est-ce qui vous a donné envie de rouler pour notre association ?

L'envie de pouvoir apporter un soutien a une cause qui nous touche. Nous avons tout les deux un emploi du temps très chargé en tant que techniciens du spectacle tout au long de l'année, il est difficile de pouvoir libérer du temps avec nos planning. Ce voyage était l'occasion de faire un vrai break avec le travail et toutes les responsabilités quotidiennes. Et c'est le moment idéal pour pouvoir donner de notre temps pour communiquer sur les avancées de la lutte contre le sida avec les personnes que nous avons pu rencontrer.

Aussi s'accompagner d'une cause permet d'avoir un thème d'accroche avec les gens et renforce la motivation quotidienne nécessaire lors de ce genre de voyage.

2 - Partout où vous êtes passé, vous avez eu l'occasion d'échanger avec les gens à propos de la lutte contre le VIH. Quels sont les thèmes qui revenaient le plus souvent dans vos discussions ?

Les discussions tournaient beaucoup autour de la tritérapie et de son pouvoir de non transmission, d'indétectabilité. Les méthodes de préventions PEP et PrEP ouvraient aussi régulièrement les débats, principalement sur le comportement de gens. Globalement les discussions finissaient souvent avec diverses anecedodes sexuelles.

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3 - Depuis 2008, nous savons qu'une personne séropositive sous traitement efficace ne peut plus transmettre le VIH. Est-ce que ce message a fait son chemin dans la société, à votre avis, ou pas ?

Je dirais que 70-80% des personnes que nous avons questionnés étaient au courant de cette avancée, et que les reactions des personnes ne le savant pas étaient très positives. Nous étions quand même surpris de l'apprendre à un certain nombre de personnes.

4 - Si vous deviez ne retenir qu'un seul souvenir de ce voyage, ce serait lequel ?

L'excellent accueil des personnes que nous avons croisé et rencontré est très marquant, et la facilité de discussion et l'intérêt qu'ils ont portés au fait que nous roulions avec les maillots Groupe Sida Geneve était un un point vraiment positif!

Pour mentionner un souvenir précis, l'arrivée en haut du col de Bavella après un grosse matinée de montée et avant d'attaquer une descendte interminable dans un décor magnifique et mystique. C'était très marquant.

5 - Est-ce que cette aventure vous a donné envie d'un autre challenge sportif à l'avenir ?

Definitivement, et on espère pouvoir continuer des communiquer les avancées de la lutte contre le sida et les nouveaux moyens de preventions et dépistages disponibles aujourd'hui! Nous avons déjà pensé aux prochains voyage à vélo, probalement un du côté de la Crête et nous avons aussi un projet de plus long voyage, peut être de Genève jusqu'en Afrique de l'Ouest. Ce serait un plaisir de pouvoir continuer l'aventure avec le Groupe sida Genève.

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20 novembre 2019

Journée du souvenir trans: les violences transphobes contribuent à la vulnérabilité au VIH

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La journée du souvenir trans* (Transgender Day of Rememberance), qui a lieu chaque année le 20 novembre, est une journée pour commémorer la mémoire des personnes trans* assassinées pour motif transphobe et plus largement pour réfléchir à l'alarmante prévalence des violences à l'encontre des personnes trans*.

Pour nous, acteurs-trices de la lutte contre le VIH, c'est le moment également de se recueillir et de rappeler que les personnes trans* - et plus particulièrement les femmes trans* - sont particulièrement vulnérables au VIH, du fait de ces violences, des mécanismes de marginalisation, des discriminations de l'accès aux soins. L'effet cumulé de ces violences et discriminations est que dans le monde les personnes trans* encourent un risque 13 fois supérieur d'être infectée par le VIH que la population générale, plus encore lorsqu'elles cumulent avec d'autres facteurs de vulnérabilité, telles que l'appartenance à une minorité ethnique.

Selon le rapport "gap" 2014 de l'ONUSIDA, 19% des femmes trans* dans le monde vivraient avec le VIH. Ce rapport indique également que les causes détaillées de cette vulnérabilité sont:

  1. Exclusion du cercle familial conduisant à une exclusion de l'éducation et de la formation professionnelle
  2. Agressions et violences transphobes, notamment actes de violences sexuelles
  3. Le manque de reconnaissance légale de l'identité de genre et le manque de lois générales de protection contre la discrimination, notamment la discrimination à l'emploi
  4. Discrimination dans le système de santé et prise en charge inadéquate

Rappellons d'ailleurs que selon les données récoltées par l'ONUSIDA, 41 pays dans le monde sont totalement dépourvus de lois offrant une protection, même minimale, aux personnes transgenres. Parmi ces pays, 17 vont jusqu'à criminaliser totalement la transidentité. 61% des pays n'incluent pas de programme spécifique pour les personens transgenres dans leur stratégie nationale de lutte contre le VIH/sida. Par exemple, il n'y a actuellement en Suisse aucune donnée épidémiologique sur les infections sexuellement transmissibles au sein de la population transgenre, selon l'Office fédéral de la santé publique.

Cette situation ne pourra évoluer qu'en incluant et mettant au centre la parole des premier-ère-s concerné-e-s. C'est notamment la vision que prône Coalition PLUS, acteur mondial de lutte contre le VIH et amplificateur des voix des communautés.

19 novembre 2019

[PRISE DE POSITION] Modification de la loi sur les stupéfiants (médicaments à base de cannabis)

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Du 26 juin au 17 octobre 2019, le Département fédéral de l'intérieur a organisé une consultation au sujet du projet de la modification de la loi sur les stupéfiants (plus précisément sur les médicaments à base de cannabis ou cannabis thérapeutique). C'est dans ce cadre que le Groupe sida Genève a pris position, relayée ici. L'intégralité de la prise de position du Groupe sida Genève peut être consultée ici

"Le Groupe sida Genève soutient le projet de modification de la loi sur les stupéfiants concernant les médicaments à base de cannabis soumis à consultation par le Département fédéral de l'intérieur. Nous vous prions de trouver ci-dessous nos remarques et commentaires détaillées sur le projet

Pour de nombreuses personnes souffrant de maladies chroniques ou graves, et notamment les personnes vivant avec le VIH/sida, le cannabis et les produits qui en sont dérivés sont des éléments non négligeables de leur thérapie, en permettant par exemple de soulager les douleurs ou de nausées, d'alléger les symptômes d'angoisse, de dépression et des troubles de l'humeur, d'accroître l'appétit et permettant de réduire les effets secondaires de la thérapie qu'elles doivent prendre.

L'interdiction générale du cannabis à usage médical ou à des fins de recherche ne répond à aucun impératif ou nécessité de santé publique et, de plus, constitue un des principaux obstacles à la recherche sur les effets connus et les usages thérapeutiques potentiels du cannabis. En supprimant les obstacles bureaucratiques inutiles, le projet facilitera la recherche sur le cannabis et permettra à terme de développer pleinement tout le potentiel thérapeutique du cannabis.

Remettant la responsabilité de la prescription médicale du cannabis aux mains des médecins en application des règles de l'art médicale et du devoir de diligence du médecin traitant, le projet permettra aux patients d'accéder rapidement et économiquement aux thérapies nécessaires sans passer par le fastidieux système d'autorisations exceptionnelles.

La volonté de la Confédération de traiter les questions de recherche sur le cannabis et de son usage médical séparément des problématiques de leur consommation récréative est une nette amélioration comparée à l'amalgame du régime actuel et permettra ainsi d'isoler ces deux domaines des débats politiques autour de son usage récréatif à venir."

Pour lire la prise de position du Groupe sida Genève dans son intégralité, cliquez ici!

11 novembre 2019

Agenda des dépistages gratuits VIH et IST à Genève - Novembre 2019

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Aspasie : Association d'aide et de soutien pour travailleurs/ses du sexe aux Pâquis
Adresse : Rue des Pâquis 11, 1201 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin ou urètre/anus/gorge au laboratoire
Horaires sur RDV (Tel : 022 732 68 28) :
- Jeudi 07/11
- Jeudi 28/11


Bus Boulevards : espace d'accueil pour travailleuses du sexe au Boulevard Helvétique
Adresse : Boulevard Helvétique
Sur RDV (Tel : 078 735 89 83)
Types de dépistage :
- VIH/VHB/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin/anus/gorge au laboratoire
Horaires Sur RDV (Tel : 078 735 89 83) :
- Jeudi 14/11 de 21h à 00h


Camsco : consultations médicales et infirmières pour personnes en situation précaire
Adresse : Rue Hugo-de-Senger 4, 1205 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Autres IST selon évaluation médicale avec remise d'un Bon pour tests de laboratoire
aux HUG
Horaires sans RDV (Tel : 022 372 53 11) :
- Tous les vendredis de 8h30 à 12h


La Roseraie : centre d'accueil pour personnes migrantes
Adresse : Rue de la Maladière 2, 1205 Genève
Type de dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Jeudi 14/11 de 14h à 17h

24 octobre 2019

Oumar Niang, chargé de projets communautaires: "Le sport participe à la restauration de l'estime de soi et de l'empowerment des personnes séropositives"

oumar.pngCrédit photo: Gabriel Balagué

Oumar Niang est chargé de projets communautaires au Groupe sida Genève depuis 2004. Adepte d'une approche globale pour pouvoir comprendre et répondre aux besoins des personnes, il a voulu nous parler de l'importance du sport pour la santé physique et psychique des personnes vivant avec le VIH.

1 - Tu animes au sein du Groupe sida Genève un programme de coaching sportif. Tu peux nous en dire plus ?

En préambule, je peux vous dire que les activités sportives hebdomadaires encadrées par une professionnelle qualifiée ( coach sportif spécialiste du sport et maladies chroniques qui travaille aux HUG et à la clinique la Lignière ) sont accessibles aux patients vivant avec le VIH du Groupe LIPO des HUG, de PVA Genève et bien sûr des membres du Groupe sida Genève. Le but est de prévenir ou corriger les effets de la lipodystrophie (notamment la lipohypertrophie) suite à la prise de thérapies antirétrovirales. Combattre le lipodystrophie est la matrice de ce projet.

Le terme « lipohypertrophie » désigne une accumulation de graisse dans le corps particulièrement marquée au niveau du tronc. La lipohypertrophie touche généralement la graisse qui enveloppe les organes internes (« graisse viscérale ») et non pas la graisse située directement sous la peau (« graisse sous-cutanée »). Cependant, les deux types de tissus adipeux peuvent aussi être atteints.

L'accumulation de graisse provoque le développement de poitrine chez l'homme et une augmentation du volume de la poitrine chez la femme. La graisse peut aussi s'accumuler sous les aisselles. La graisse en excès s'accumule souvent dans la région du ventre et de la taille, si bien que le ventre semble gonflé et la taille épaissie. Et dans certains cas il elle se présente sous forme d'une masse graisseuse au niveau de la nuque (bosse de bison) .En conséquence, certaines personnes séropositives souffrent psychologiquement des effets de la lipodystrophie par modification de leur image corporelle et par le regard de leur entourage ou des réflexions dont elles peuvent être victimes « tu as pris du ventre, tu es enceinte ? », « tu es un peu gros, je te préférais quand tu étais plus fit, slim » ... représentant ainsi une nouvelle forme de discrimination et de stigmatisation à laquelle les personnes séropositives doivent faire face. Certains malades nous disent qu'ils vivent bien avec la VIH en lui-même mais qu'ils ont de la peine avec la lipodystrophie, ils ont l'impression de porter visiblement la maladie. Ce qui a pour conséquence, un manque d'estime de soi et une fausse représentation de son corps chez une bonne partie des personnes souffrant de la lipohypertrophie.

Par le passé, au Groupe sida Genève, nous avions l'habitude d'accompagner les gens souffrant de la lipodystrophie, en leur payant une abonnement fitness. Seulement, force était de constater que ces derniers fréquentaient très peu les salles de fitness où le culte du corps est omniprésent. Certains ne voulaient même pas entendre parler du sport. C'est en ce moment, nous nous sommes rapprochés du groupe Lipodystrophie (Lipo) des HUG pour trouver une solution à ce problème. C'est ainsi qu'est venue l'idée du coaching sportif dont je suis responsable.

Ce projet existe depuis 5 ans à un rythme de deux séances hebdomadaires d'une heure chacune et chaque dernier vendredi du mois, nous organisons une activité de marche nordique tous les derniers vendredis du mois.

Chaque année nous faisons une longue marche en automne : l'année dernière nous avons fait le tour de la montagne le Vuache (27 km, 650 m de dénivelé...), cette année nous allons marcher le longue du Rhône jusqu'à la Plaine (20km), cette année est plus facile, c'est pourquoi elle est ouverte à tous les membres partenaires de ce projets.

Concernant les activités en salle, nous organisons un tournus en groupes de 6 participant-es par séance en moyenne. Ce petit nombre permet à la Coach d'avoir un regard plus personnalisé sur chaque participant-e.

2 - Quels bienfaits spécifiques peuvent apporter le sport et l'activité physique pour les personnes vivant avec le VIH ? Quid des bienfaits sur le moral ?

Lors d'une conférence francophone internationale, j'ai eu la change de présenter le projet sous forme de poster. En préparant ce dernier, j'ai demandé aux usagers du projet de dire et de partager leurs ressentis. Je vais en citer quelques uns:

« Participer ces séances de coaching m'a tout d'abord permis d'aller à la rencontre de l'autre, de parler, d'interagir...Au-delà de cette impression d'avoir plus de souffle et plus d'énergie, ces séances représentent également pour moi une voie vers la (re)socialisation. Mon estime de moi s'est améliorée, je me sens plus en confiance ».

« Un cadre très sympa, une bonne ambiance, la coach me permet d'effectuer correctement les exercices sans danger. Par exemple, les exercices de renforcement musculaire et le cardio sont agréables sans m'épuiser. La coordination de mes mouvements est meilleure. Je ne vois pas grand monde alors je me sens aussi mois seule ».

« [...] Mon activité physique régulière m'a permis d'améliorer mes résultats d'analyses sanguine. Par exemple, j'ai mois de cholestérol et un dernier examen à montrer que mes os s'étaient également renforcées ».

« je me sens mieux depuis que j'ai repris le sport. Je suis ces séances spécialement conçues pour les personnes séropositives. Être encadrée et aidée par une professionnelle qui connait mes problèmes spécifiques me met en confiance, me rassure et nous encourage tous. Au quotidien, j'ai un sommeil de meilleure qualité et me sens beaucoup mieux psychologiquement. L'activité sportive participe à protéger mon hygiène de vie : me lever le matin me pousse à m'organiser, à structurer ma journée, à respecter des horaires. Ceci pourrait paraître banal mais c'est, pour moi qui ne travaille pas, une pratique qui m'aide réellement à avoir un but dans ma vie. Je me sens revivre de sentir mon corps bouger, se renforcer. Le simple fait d'adopter une bonne posture, de me tenir « plus droit » est une sensation agréable qui s'est rapidement installée. »

« C'est un réel plaisir de pouvoir bouger en oubliant le regard de l'autre si présent lorsqu'on fréquente une salle de sport avec doutes et vestiaires communs. Ici, ni honte, gêne [...] »

Ces témoignages en dit long sur ce que les apporte ce projet: il s'agit d'améliorer sa santé non seulement sur le plan physique, mais également de casser l'isolement, d'améliorer l'image qu'on a de soi-même.

3 - Quel conseil donnerais-tu à une personne qui n'a pas fait d'activité physique depuis longtemps et qui a peur de s'y remettre ?

Il faut se lancer sans trop se mettre la pression, à son rythme, c'est souvent beaucoup plus simple que l'on ne s'imagine, une fois dans le bain. Ce projet est aussi un système d'entraide entre personnes faisant face à la même problématique. Le non-jugement est une valeur fondamentale que nous mettons en avant dans toutes nos approches. Nous voulons que les gens qui fréquentent ce projet se sentent bien dans la collectivité. Il faut se dire que toutes le monde fait face à la difficulté à s'y mettre au début, mais que l'appréhension passe avec le temps.

4 - Quelle est la place du sport dans la santé communautaire, selon toi ?

Comme nous l'avons vu avec les témoignages, le sport participe à la restauration de l'estime de soi et de l'empowerment des individus. Du moment où nous travaillons avec des personnes qui souffrent de maladies chroniques, dans mon approche je les considère comme expertes de leurs maladies, le terme adéquat est « patient-Expert ». Dans ce projet, toute activité, vision et changement se font d'une manière horizontale avec la participation de tous. D'ailleurs nous faisons régulièrement des séances de discussion où nous parlons des « MAUX », que ce soit physiques, morales ou organisationnels du projet et des interactions entre individu. Le but est une amélioration collective de notre bienêtre commun.

3 octobre 2019

Agenda des dépistages gratuits VIH et IST à Genève - Octobre 2019

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Agenda Octobre 2019
Dépistages gratuits VIH et IST

Aspasie : Association d'aide et de soutien pour travailleurs/ses du sexe aux Pâquis
Adresse : Rue des Pâquis 11, 1201 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin ou urètre/anus/gorge au laboratoire
Horaires sur RDV (Tel : 022 732 68 28) :
- Jeudi 03/10
- Jeudi 17/10


Camsco : consultations médicales et infirmières pour personnes en situation précaire
Adresse : Rue Hugo-de-Senger 4, 1205 Genève
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Autres IST selon évaluation médicale avec remise d'un Bon pour tests de laboratoire aux HUG
Horaires sans RDV (Tel : 022 372 53 11) :
- Tous les vendredis de 8h30 à 12h


La Roseraie : centre d'accueil pour personnes migrantes
Adresse : Rue de la Maladière 2, 1205 Genève
Type de dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Mercredi 16/10 de 14h à 17h


Bain de l'Est : Sauna libertin
Adresse : Rue de l'Est 3, 1207 Genève
Type de dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Mardi 01/10 de 15h à 19h
- Mardi 08/10 de 15h à 19h
- Mardi 15/10 de 15h à 19h

30 septembre 2019

Céline Le Roux Schaer, travailleuse sociale: "Il faut que l'on renforce le travail de questionnement des représentations que l'on a du VIH aujourd'hui."

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Crédit Photo: Gabriel Balagué

Céline Le Roux Schaer est chargée des projets communautaires du Groupe sida Genève. Nous avons eu envie de recueillir ses impressions autour de sa vision de la lutte contre le VIH, des représentations autour de la séropositivité et du nécessaire travail de sensibilisation.

Est-ce que tu peux nous parler des projets communautaires du Groupe sida Genève ?

Ces dernières années, les projets ont beaucoup évolué vers plus d'implication des personnes concernées par le VIH de la conception à la réalisation. Par exemple, le projet Regards Croisés sur le VIH, qui existe depuis cinq ans et qui sensibilise les jeunes au sujet de la lutte contre les discriminations, a été co-construit par un groupe d'intervenant-e-s vivant avec le VIH qui ont développé un modèle spécifique d'intervention. Dans ce projet, on questionne les représentations et on échange de manière horizontale au sujet des expériences diverses au lieu d'avoir un orateur actif et un public passif, comme dans le format « traditionnel » de l'intervention témoignage.

Nous avons également développé des ateliers sur la santé qui sont sur une optique participative. Alors qu'avant, nous avions l'habitude d'inviter des professionnel-le-s de la santé qui venaient « délivrer leur savoir », nous avons fait évoluer le format pour qu'il soit propice au partage d'expertises et de compétences, sans hiérarchie entre les différents types de savoir. Dans ce projet comme dans d'autres de l'association, il a été important pour nous que les personnes qui fréquentent l'association aient une place qui ne soit pas uniquement celle du « bénéficiaire », mais également une place active, avec une reconnaissance de leur expertise. En résumé, cette démarche communautaire que nous appliquons dans nos projets, vise à encourager le pouvoir d'agir des personnes (l'empowerment).

Quelles sont les valeurs qui te tiennent à cœur et qui guident ton action au sein du Groupe sida Genève ?

Pour moi, la valeur principale qui guide mon travail c'est la conviction qu'on a tou-t-e-s quelque chose à partager, à valoriser. Ce dont j'essaie de m'éloigner au maximum, c'est une posture paternaliste, qui me placerait comme une professionnelle qui « sait mieux » que les personnes qui fréquentent l'association. En tant que travailleur-se social-e, on est souvent conditionné-e, que ce soit au cours de notre formation ou par la suite, à penser qu'on est là pour les gens, pour les aider et que donc il est possible, de manière bienveillante, de faire des choix pour eux, à leur place. Pour moi, il est important d'entreprendre de manière consciente un travail sur soi qui permette de dépasser cette vision qui mène à une relation déséquilibrée.

Ça fait 10 ans que tu travailles ici, est-ce que tu as l'impression que la perception du VIH a évolué à Genève ?

Ce n'est pas facile de répondre simplement à cette question. Bien sûr, il y a une évolution de la perception des gens sur le VIH. Par exemple, au sein du projet Regard Croisés, j'ai été heureuse de constater que les jeunes (qui ont entre 15 et 20 ans) ont en grande majorité une perception bienveillante des personnes séropositives. Pourtant, à côté de ça, quand nous recevons des personnes qui viennent de découvrir leur séropositivité, elles y associent souvent des représentations liées à la mort, comme dans les années 80, et elles apprennent ici qu'il est possible, avec des traitements, d'avoir une vie normale, avoir des enfants, etc. Par exemple, ça peut être le cas pour les personnes migrantes que nous rencontrons et qui viennent de pays où existent des contextes et des représentations sociales de la séropositivité qui les empêchent de se projeter vers l'avenir.

Aussi, quand je réponds à la ligne info du Groupe sida Genève, je me rends compte qu'on nous pose encore souvent les mêmes questions qu'il y a 10 ou 20 ans, dénotant notamment de faibles connaissances sur les modes de transmission (« Est-ce que le VIH se transmet en embrassant une personne séropositive ? », pour ne prendre qu'un exemple). Cela montre qu'il faut que l'on renforce ce travail d'information et de questionnement des représentations que l'on a du VIH et des personnes vivant avec aujourd'hui.

9 septembre 2019

Agenda des dépistages gratuits VIH et IST à Genève - Septembre 2019

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Agenda Septembre 2019
Dépistages gratuits VIH et IST


Aspasie : Association d'aide et de soutien pour travailleurs/ses du sexe aux Pâquis
Adresse : Rue des Pâquis 11, 1201 Genève.
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin ou urètre/anus/gorge au laboratoire
Horaires sur RDV (Tel : 022 732 68 28) :
- Jeudi 12/09


Bus Boulevards : espace d'accueil pour travailleuses du sexe au Boulevard Helvétique
Adresse : Boulevard Helvétique.
Sur RDV (Tel : 078 735 89 83)
Types de dépistage :
- VIH/VHB/Syphilis en test rapide
- Chlamydia/Gonorrhée en frottis vagin/anus/gorge au laboratoire
Horaires Sur RDV (Tel : 078 735 89 83) :
- Mardi 10/09 de 21h à 00h


Camsco : consultations médicales et infirmières pour personnes en situation précaire
Adresse : Rue Hugo-de-Senger 4, 1205 Genève.
Types de dépistages :
- VIH/Syphilis en test rapide
- Autres IST selon évaluation médicale avec remise d'un Bon pour tests de laboratoire aux HUG
Horaires sans RDV (Tel : 022 372 53 11) :
- Tous les vendredis de 8h30 à 12h


Le CARÉ : espace d'accueil pour personnes marginalisées
Adresse : Rue du Grand-Bureau 13, 1227 Les Acacias.
Types de dépistage :
- VIH en test rapide
Horaires sans RDV :
- Mercredi 25/09 de 9h30 à 11h30

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A chacun son Remaides !

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Depuis 17 années déjà Remaides est une revue pour les personnes touchées et leurs proches. Remaides apporte une information claire et précise sur les traitements du VIH et les hépatites comme sur toutes les difficultés (sociales, juridiques, professionnelles...) auxquelles chacun peut se trouver confronté dans sa vie quotidienne. A travers les témoignages de ses lecteurs Remaides est attaché à rendre visible la réalité intime de l'épidémie et à enrichir chacun de l'expérience des autres. Information et témoignages sont les outils que Remaides a toujours voulu mettre à la disposition de ses lecteurs au service de leur autonomie et de leur qualité de vie. Remaides est une revue francophone avec des comités de rédaction en France, Suisse et au Québec. Bonne lecture

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