contenu | table des matières | déclaration d'accessibilité

Fil Rouge

3 août 2018

AIDS 2018: qu'avons-nous retenu?

Image result for aids 2018

Amsterdam accueillait fin juillet la conférence mondiale AIDS 2018, organisée par l'International AIDS Society. L'événement, qui se tient tous les deux ans dans une ville différente, réunit plusieurs milliers d'acteurs de la lutte contre le VIH, qu'il s'agisse de militant-e-s, d'expert-e-s, de politicien-ne-s, de personnalités publiques ou encore de représentants de compagnies pharmaceutiques. Plus de 500 sessions se sont tenues en l'espace de quatre jours. Autant dire : impossible d'assister à tout ! Mais alors, qu'avons-nous retiré de cette édition de AIDS ? Quel est l'état de la lutte, sur ses multiples fronts, et quelles nouveautés ?

Médical

Image result for aids 2018 dolutegravir

  • En ouverture de la conférence, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié de nouvelles directives sur le traitement antirétroviral recommandant le traitement à base de dolutégravir comme l'option à privilégier pour tous les adultes. Cependant, chez la femme en âge de procréer, cette recommandation ne s'applique que si elles ont accès à une contraception fiable et constante en raison de risque de non-fermeture du tube neurale. Alors que le Brésil annonce que les personnes qui reçoivent un traitement à base de dolutégravir sont beaucoup plus susceptibles d'avoir une charge virale indétectable 6 mois après avoir commencé le traitement, certains pays ont décidés de restreindre l'accès aux dolutegravir aux femmes en âges de procréer. Cette décision met clairement en évidence les difficultés d'accès à une contraception fiable et le manque d'intégration dans les programmes de VIH, particulièrement en Afrique sub-saharienne. De plus, une étude de modélisation a montré qu'éviter l'administration du dolutégravir chez les femmes en âge de procréation comportait des risques pour les femmes, les enfants et leurs partenaires qui pourraient l'emporter sur les risques de malformations du tube neural.
  • Concernant la PrEP, plusieurs présentations ont montré son efficacité notamment aux Etats Unis où les états ayant la plus grosse utilisation de PrEP ont observé une chute de 4.7% de nouveaux diagnostics depuis 2012. De plus, l'étude Prévenir menée en région parisienne rapporte que parmi 1668 utilisateurs de PrEP (en majorité HSH) aucune nouvelle infection n'a été observée. Dans cette cohorte, la moitié des personnes prenaient la PrEP à la demande ce qui montre que cette modalité de prise est aussi efficace que la prise en continu. Finalement, l'accès à la PrEP reste encore difficile dans la majorité des pays. Des efforts sur la réduction des coûts, sur la simplification de la prise en charge et sur l'implication des communautés doivent être entrepris.
  • Une initiation plus rapide du traitement anti-VIH après le diagnostic, et le raccourcissement de la période avec une charge virale détectable, a coïncidé avec un déclin des nouveaux diagnostics de VIH à San Francisco et à Melbourne. Plusieurs études menées dans les pays à bas ou moyen revenu ont également montré un meilleur taux de réduction de la charge virale et une meilleure rétention en soin lorsqu'une politique de dépistage intensive et de mise sous traitement rapide est mise en place dans les communautés cibles. En Ouganda ou au Kenya, il a même été constaté que la mortalité en liée au SIDA chutait de 11% lorsque de tels campagnes étaient mises en place.
  • Un obstacle majeur à la rétention en soins est la mobilité des populations. Les établissements de santé doivent rester sensibles aux besoins des individus des populations mobiles ou migrantes s'ils veulent les retenir dans les filières de soins. Malgré tout, la rigidité de nombreux services de santé reste un obstacle (même à Genève...).
  • Concernant le virus de l'hépatite C (VHC), une campagne menée par Coalition PLUS et ces partenaires a eu pour but d'attirer l'attention sur la nécessité de mettre en place des politiques de réduction des risques et de stopper la criminalisation les consommateurs de drogue intraveineuse. Par ailleurs, l'accès au traitement reste difficile, notamment pour les populations vulnérables qui sont les plus touchées par le virus, en raison du coût du traitement et de la difficulté de prise en charge de ces populations. La pression est mis sur les génériqueurs indiens afin de rendre disponible des traitements surs et efficaces, à prix abordable. De plus une simplification de la prise en charge est nécessaire notamment en proposant le traitement directement dans les salles d'injection (comme Quai 9) où le dépistage du VHC est offert dans deux tiers des centres (sur 200).

Prévention

Image result for global village aids 2018

  • Quelques statistiques : de plus en plus de personnes séropositives sont mises sous traitement antirétroviraux dans le monde (sauf en Europe de l'Est et en Asie centrale, dite région EEAC). S'il y a moins de mort du fait du VIH, (de nouveau, sauf en région EEAC sauf en Europe de l'Est et au Moyen Orient), par contre le nombre de contaminations ne diminue pas. Sur les 36,9 millions de personnes vivant avec le VIH ; 21,7 millions sont sous TAR. Le nombre de contaminations en 2017 est de 1,8 million. Les zones à mauvais résultats sont pour l'essentiel observées dans la Fédération de Russie, qui concentre les 3/4 des nouvelles infections. Les progrès, bien que persistants, ralentissent en Afrique de l'Ouest et centrale.
  • Certaines études de différentes régions du monde ont fait l'état des lieux concernant le programme 90-90-90. En guise d'exemple nous pouvons faire la comparaison entre l'Afrique Subsaharienne et la Colombie Britannique au Canada cela donne le scénario suivant :
  • Colombie Britannique : 83% testés - 78% sous TAR - 94% de charge virale indéterminée.
  • Afrique : 75% testés - 59% sous ART- 47% de charge virale indéterminée. Nous pouvons en conclure quand on vit dans un pays du Sud ou du Nord, on ne tire pas dans la même catégorie pour atteindre l'objectif des 90-90-90. Le Botswana est l'un des premiers pays africains en route vers cet objectif. La Namibie, quant à elle, possède une cascade comparable à la cascade genevoise !
  • Dans une session consacrée aux politiques de la PrEP, force est de constater que malgré son efficacité incontestable et scientifiquement prouvée (notamment auprès des populations-clé), elle se butte aux politiques encore très frileuse à la rembourser. C'est le cas en Angleterre, où des activistes ont engagé une bataille juridique contre le National Health System (NHS) pour obtenir qu'il finance l'accès à la PrEP.
  • Nous fêtions cette année les 10 ans du Swiss Statement, à savoir la déclaration faite en 2008 confirmant l'évidence scientifique qu'une personne sous traitement rétroviral efficace ayant atteint une charge virale indétectable, ne peut plus transmettre le VIH. Le Pr Vernazza, l'un des médecins à l'origine de la publication qui a fait date a d'ailleurs reçu un prix pour sa contribution à la lutte contre le VIH. Loin des honneurs, si la notion de « Treatment as Prevention » (TasP) et le slogan U=U étaient omniprésents à Amsterdam, se dégageaient surtout de la communauté une grande frustration quant au fait que ce message soit si peu entendu par les politiques publiques et dans la population dans son ensemble.
  • Concernant le slogan U=U (undetectacle=untransmisttable). Le cas de Kerry Thomas nous a tous ému, ce dernier sous traitement, avec une charge virale indétectable, il avait utilisé un préservatif, est condamné à 30 ans de prison à Idaho aux US pour exposition au VIH à autrui. Ce cas symbolise les méfaits des lois criminalisant la transmission voire la simple exposition au VIH. La communauté scientifique réunie à Amsterdam a voulu réaffirmer la primauté des faits et des preuves scientifiques.
  • Petite nuance par rapport à U=U : l'allaitement dans des contextes où l'accès à la santé ou aux substituts de lait est impossible. En effet, des données montrent un risque très faible, mais des essais ont vu des cas de transmission. Se profilent donc des recommandations dépendant du contexte économique et de la mortalité infantile plus forte si l'allaitement n'est pas fait.

Militantisme

Image result for bad pharma tour

  • La conférence internationale d'Amsterdam, c'est aussi un moment de rassemblement et de mobilisation pour les militant-e-s et activistes du monde entier, notamment au « Global Village », section cosmopolite où se côtoyaient organisations de la société civile, activites et artistes. Dès le premier jour, la célèbre marche qui a lieu en marge de chaque conférence pour rappeler les combats actuels de la lutte contre le sida a traversé la ville d'Amsterdam . Cette année on pouvait y voir des pancartes appelant à la décriminalisation du travail du sexe ou de la consommation de drogues alors que d'autres rappelaient le principe qu'une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le VIH ou dénonçaient les scandales de l'industrie pharmaceutique. Ici encore, le slogan U=U était sur toutes les lèvres. Notre partenaire Coalition PLUS (ainsi que nous-mêmes !) avons marché aux couleurs de la campagne « Just Say No to the War on Drugs » appelant à la fin de la meurtrière guerre aux drogues, une décriminalisation des usagers de drogue et une approche compréhensive de réduction des risques.
  • Le « Bad Pharma Tour » a été un événement militant venu interrompre la quiétude de l'espace prévu aux exposants pharmaceutiques. Un groupe, sous le slogan #PharmaLies , invitait les personnes à passer de stand en stand et d'exposer les pratiques douteuses des industriels pharmaceutiques. On peut dire que la Suisse (notamment avec Roche, ViiV) en a pris pour son grade ! Le clou de la visite a été l'arrêt fait au stand de Gilead, où les activistes ont laissé éclater leur joie suite à la défaite juridique du fabricant, dont le CCP du Truvada, qui empêchait la commercialisation de génériques pour trois années supplémentaires, n'avait pas lieu d'être. Des génériques vont donc être commercialisables dans toute l'UE comme c'est déjà le cas en France ou en Allemagne. Nous rappelons qu'en Suisse, en juin dernier, le Tribunal Fédéral a confirmé le CCP du Truvada. Par conséquent Gilead Science garde le monopole sur la vente de Truvada en Suisse et aucun générique ne sera donc disponible avant 2021.
  • Une grande manifestation menée par les travailleuses et travailleurs du sexe (avec leurs célèbres parapluies rouges) est partie mercredi du centre de conférence et s'est dirigée vers le quartier rouge pour revendiquer les droits des personnes exerçant ce métier. Elles et ils ne veulent plus être mises à la marge de la conversation les concernant et elles le font savoir ! Le slogan « Nothing about us without us » (rien pour nous sans nous) étaient à toutes les lèvres.
  • Au cours des quatre jours de conférence, les sessions ont aussi été ponctuées d'actions militantes comme l'interruption de la cérémonie Positive Flame organisée par la ville d'Amsterdam par un groupe d'activistes demandant que la prochaine conférence (en 2020) n'aie pas lieu aux Etats-Unis où le Président Trump est hostile à la plupart des revendications portées par la lutte contre le sida et discrimine clairement contre les populations qu'elle défend (travailleuses du sexe, personnes usagères, personnes trans*, minorités ethniques, personnes migrantes). Cette question a été récurrente tout au long de la semaine qui s'est close avec une action choc lors l'intervention de l'ancien président Bill Clinton durant la cérémonie de clôture quand un groupe de militantes de plusieurs horizons l'a interrompu et interpellé afin de demander la décriminalisation du travail du sexe aux Etats-Unis ainsi que rappeler que nombres d'entre eux auront probablement des difficultés pour se rendre à la prochaine conférence si celle-ci a lieu comme prévu à San Francisco et Oakland, comme cela avait par ailleurs été le cas lorsqu'elle s'était tenue à Washington.

Politique

Image result for hiv and the law aids 2018

  • Cette conférence n'aura pas été l'occasion d'annonce de nouvelles avancées significatives scientifiques ou thérapeutiques. En soi, nous avons déjà tous les outils en main pour en finir avec le sida, a-t-on souvent répété... si seulement la volonté politique y était ! Les experts sont formels, la décriminalisation (du VIH, des personnes LGBT, de la consommation des drogues, du travail du sexe) sont la pièce manquant du puzzle pour avancer vers un monde sans sida. Un consensus d'experts a été formellement publié pour appeler à des politiques intelligentes, respectueuses des droits humains et privilégiant l'approche de réduction des risques. Notons que dans de nombreux pays, on est encore loin du compte : aux Etats-Unis, par exemple, des personnes vivant avec le VIH, pourtant en virémie indétectable, et ayant eu des relations sexuelles sans préservatif, sont parfois encore inscrites sur des registres de criminels sexuels.
  • Plus que jamais, le VIH est abordé comme une question globale. Les ramifications économiques de la lutte contre le VIH ont été abordées sous deux aspects : premièrement la question du financement de la lutte, qu'il s'agisse de financements domestiques, internationaux ou privés. Deuxièmement, la question des prix pratiqués par les compagnies pharmaceutiques. Dans ce dernier cas, un atelier a notamment expliqué en détail dans quelle mesure les accords de libre-échange mettaient en danger l'accès aux médicaments vitaux à des millions de personnes en Afrique, en Amérique Latine et en Asie. Des cas pratiques de mobilisation et de plaidoyer réussis ont été présentés.
  • Un des grands défis dans les années à venir reste le financement des traitements et la prise en charge des PVVIH. En effet avec l'augmentation des personnes sous TAR, il faudra inéluctablement que les finances suivent. Il est à constater pour les donateurs ces dernières années sont de moins en moins généreux, le fond mondial n'arrête pas de tirer sur la sonnette d'alarme. Avec l'accès aux traitements de plus en plus de personnes, il faudra selon les calculs de ONUSIDA 7 milliards de dollars de plus chaque année. La grande peur reste que les financent ne suivent pas et que les contaminations reprennent de plus belle. Une étude a montré des situations similaires déjà arrivées avec l'arrêt des traitements contre la malaria en Afrique de l'Ouest et Centrale.
  • Pour toucher les personnes issues des population-clé les plus marginalisées, l'approche communautaire a été largement reconnue comme la plus efficace, en plus d'être la plus économique. Il revient alors aux politiques publiques de reconnaître ce rôle de la communauté et de lui donner le moyen de décider et d'agir. Des modèles innovants de gouvernance et de coopération avec les communautés (par exemple pour le dépistage, la distribution des TAR ou les programmes de soutien par les pairs) ont donné d'excellents résultats, en Inde, au Kenya, et dans tant d'autres contextes.

4 juillet 2018

Recommandations en matière de santé pour la mise en oeuvre du développement durable en Suisse

suisse DD.png

La « Plateforme Agenda 2030 » réunit une quarantaine d'organisations issues de la société civile et actives dans les domaines du développement, de l'environnement, de la paix, des droits humains, de la santé, de l'économie durable et des syndicats. Elle entend contribuer à la mise en œuvre en Suisse et par la Suisse de l'Agenda 2030 de développement durable adopté par l'ONU, ainsi que des objectifs de développement durable (ODD) qu'il contient. Dans ce cadre, la Plateforme a publié un rapport de recommandations (disponible en francais, allemand et anglais), dont vous trouverez les extraits relatifs à l'accès à la santé ci-dessous.


Le rôle de la Suisse face aux défis sanitaires mondiaux

Partout dans le monde, les systèmes sanitaires sont confrontés à de nombreux défis. L'Agenda 2030 est donc d'une grande importance en tant que cadre d'action commun pluridimensionnel. L'Objectif de développement durable (ODD) concernant la santé et le bien-être est universellement valable, de même que tous les sous-objectifs portant sur la santé. Tous relèvent des droits humains, ce qui signifie que chacun et chacune en sont responsables.

[...]

Pour être en mesure d'atteindre les objectifs de santé, il est essentiel d'aller au-delà d'une approche restrictive des problèmes sanitaires. Le concept holistique proposé par l'Agenda 2030 fournit un cadre approprié. En Suisse et dans le monde, ce sont des facteurs sociaux, économiques et politiques qui déterminent les risques auxquels sont exposées les populations, ainsi que leur accès à l'information, à la prévention et aux soins de santé. Les discriminations fondées sur l'origine, le sexe, le genre, l'orientation sexuelle et le handicap peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé. La lutte contre les inégalités et le rétablissement de l'égalité des chances jouent donc un rôle essentiel pour la santé et les objectifs en vue d'une stratégie globale pour le développement durable. Garantir à toute personne l'accès aux soins de santé est l'une des tâches principales dictée par l'Agenda 2030 aux autorités sanitaires suisses. Dans la mesure où la Suisse héberge de grandes sociétés multinationales (industries

pharmaceutique, alimentaire et industrie du tabac) influençant mondialement la santé, le gouvernement suisse porte une responsabilité particulière dans la prévention des comportements nuisibles pour la santé ou l'adoption de réglementations qui favorisent cette prévention. Une telle responsabilité implique de soutenir le développement de systèmes sanitaires efficaces et adaptés dans les pays à faibles ressources. Elle commande également de mener une politique financière et fiscale qui n'aille pas à l'encontre des efforts de ces pays pour mettre en place leurs propres structures fiscales. Elle doit enfin conduire à proposer des mesures complémentaires, par exemple dans le cadre de la coopération internationale.

[...]

Recommandations

1. Le sexe, le genre, l'âge, l'origine, le handicap ou le statut socio-économique sont des facteurs déterminants pour la santé, dont la Suisse doit tenir compte dans sa politique sanitaire et sa coopération internationale. Elle doit promouvoir le respect des droits humains et lutter contre les discriminations et inégalités de toute nature.

2. Conformément au principe « Leaving no one behind », la Suisse doit mener une politique sanitaire garantissant à toutes et tous l'accès aux informations, à la prévention et aux soins médicaux. Elle doit en particulier veiller à y inclure les groupes vulnérables comme les personnes migrantes, les personnes ayant déposé une demande d'asile, les sans-papiers, les jeunes, les personnes LGBTI et les personnes en situation de handicap.

3. Le Conseil fédéral doit concevoir sa politique économique et commerciale de manière à ne pas mettre en danger la santé des populations suisse et étrangères. Il doit en outre s'engager au niveau international pour des réglementations qui favorisent la santé dans toutes les régions du monde.

4. Dans le contexte global, la Suisse doit mettre à disposition des moyens financiers afin de soutenir les pays ne pouvant pas édifier des systèmes sanitaires solides par leurs propres moyens. Pour cela, elle s'engage à lutter contre les flux financiers illicites en provenance des pays en développement et elle veille à ce que ces pays puissent générer leurs propres sources de financement par des recettes fiscales. Elle s'engage en particulier à renforcer les compétences et ressources spécifiques à la santé dans le cadre de son aide humanitaire.

5. La Suisse doit garantir à toutes et tous l'accès à un système de santé de qualité dont les prestations demeurent abordables et mettre à disposition les ressources nécessaires à cette fin.

6. La Suisse doit définir des objectifs pour toutes les cibles, y compris les sous-objectifs 3.7 et 5.6.

2 juillet 2018

Dépenses de santé: vers d'inévitables arbitrages

Source: Le Temps

OPINION. Plutôt que de se focaliser sur une médecine de pointe, le débat sur le coût de la santé devrait davantage prendre en compte les dépenses de prévention, estime le médecin Julien Dupraz.

Pas une semaine ne passe sans que les enjeux liés à notre système de santé ne fassent la une, et pour cause: l'augmentation des coûts constitue une menace immédiate pour un modèle dont le financement devient très problématique. L'élaboration de réformes est entravée par les intérêts divergents des nombreux acteurs concernés (citoyens, patients, fournisseurs de prestations, Etat, assureurs, pharmas, etc.) A ce titre, les récentes propositions d'augmentation des franchises dans la LAMal trahissent une incapacité crasse à imaginer des solutions sortant du cadre actuel et pouvant fédérer les différents protagonistes.

Les défis auxquels nous faisons face ne peuvent être relevés que par une pluralité de mesures, impliquant des concessions de tous les acteurs. Cependant, une profonde remise en question de notre rapport à la consommation de soins est également nécessaire. En effet, s'il est indéniable que l'efficience du système peut être améliorée et des gaspillages de ressources évités, on voit mal comment le modèle en place pourra, à terme, continuer de financer la totalité des prestations médicales existantes. Rien n'indique que l'apport constant de nouveaux moyens diagnostiques et thérapeutiques, souvent onéreux, va se tarir. Or, ces derniers contribuent de manière substantielle à la hausse des dépenses de santé, plus que le vieillissement démographique.

Rôle des inégalités

Des arbitrages entre certaines prestations seront vraisemblablement inéluctables à terme. L'Académie suisse des sciences médicales l'évoquait dans un rapport publié en 2007 déjà, qui concluait notamment «qu'il existera toujours, au sein du système de santé, un décalage entre ce qui est souhaitable et ce qui est réalisable» et que «la vraie question n'est pas de savoir s'il faut poser une limite, mais de savoir où la fixer et, en particulier, comment s'y prendre». Cependant, s'il est reconnu que des comportements de rationnement existent d'ores et déjà, ils ne font l'objet d'aucun contrôle.

Comme l'ont montré certaines polémiques récentes (pour ne citer que deux exemples, le remboursement de médicaments très coûteux comme le Myozyme, ou l'instauration d'une limitation liée à l'âge de certaines prestations chirurgicales), ce débat soulève des questions éthiques fondamentales et génère des réactions extrêmement virulentes, le rendant explosif sur le plan politique, ce qui n'aide pas à le placer sur le devant de la scène.

Or, s'il ne fait aucun doute que la médecine peut avoir une influence décisive sur l'évolution de certaines maladies, il est frappant de constater à quel point est généralement surestimée sa participation à l'état de santé de la population et à l'allongement de l'espérance de vie observé au cours des dernières décennies. En effet, la contribution des soins médicaux se situe entre 10 et 20%, selon les résultats concordants de plusieurs travaux.

En comparaison, on évalue l'effet combiné des conditions socio-économiques et des comportements individuels (essentiellement les consommations de tabac et d'alcool, l'alimentation et l'activité physique) à plus de 50%, les contributeurs restants étant la génétique et l'environnement. A titre d'exemple, une étude publiée en 2016 révélait que la proportion de personnes en surpoids ou obèses était significativement plus élevée dans l'Ouest lausannois que dans les zones plus favorisées sur le plan économique situées à l'est de la ville. Les inégalités majeures d'état de santé au sein de la population tiennent ainsi bien plus aux disparités socio-économiques et aux comportements individuels qu'au système sanitaire en place.

Débat de société

Si ces observations n'apportent pas une solution «clés en main» aux problématiques évoquées précédemment, elles permettent néanmoins de relativiser l'impact d'éventuelles limitations des dépenses sur notre état de santé. Elles soulignent également l'importance des mesures de prévention et de promotion de la santé, dans un pays dont le parlement a renoncé en 2012 à adopter une loi ad hoc, et qui a alloué ces dernières années à la prévention à peine plus de 2% des 80 milliards de francs dépensés annuellement pour son modèle sanitaire...

Ces enjeux demandent un débat de société transparent et sans tabou, seul à même d'amener le monde politique et la population à prendre des décisions éclairées et dépassant les clivages entre acteurs. Les récentes votations dans les cantons de Neuchâtel et d'Appenzell Rhodes-Intérieures apportent à ce titre un éclairage intéressant: dans les deux cas, le souverain a opté pour le maintien d'hôpitaux de proximité malgré les nombreux arguments, notamment économiques, parlant en faveur de regroupements hospitaliers régionaux. La question n'était bien sûr pas posée en ces termes, mais les citoyens n'ont-ils pas choisi de privilégier une médecine de proximité en dépit de son coût, quitte à ce que cela implique à terme le renoncement à certaines prestations médicales de pointe? Place au débat.

Assurances sociales: encore un tour de vis?

Source: La Tribune de Genève

La commission de la sécurité sociale du Conseil des Etats soutient sans opposition un projet du Conseil fédéral ciblant d'abord les abus.

La commission de la sécurité sociale du Conseil des Etats est particulièrement favorable à la nouvelle réglementation concernant l'obligation d'assumer les frais de procédure devant les tribunaux cantonaux des assurances, ont indiqué vendredi les services du Parlement. Le dispositif allègera la charge des tribunaux cantonaux en réduisant les incitations à recourir contre les jugements et, partant, la durée des procédures.

Une minorité s'oppose à cette obligation. Selon elle, la pratique actuelle à l'égard des procédures AI n'a justement pas contribué à réduire le nombre de dossiers soumis aux tribunaux cantonaux. Il ne faut donc pas supprimer le principe de la gratuité.

Droits populaires

La commission a toutefois corrigé le projet de révision de la loi sur la partie générale du droit des assurances sociales. Elle refuse sans opposition d'ancrer dans la révision la pratique actuelle selon laquelle les conventions de sécurité sociale ne sont pas sujettes au référendum facultatif si elles n'engagent pas davantage la Suisse que d'autres accords internationaux comparables.

L'un des arguments évoqués est que cette délégation de compétence équivaudrait à porter atteinte aux droits populaires s'agissant de l'approbation des traités internationaux. (ats/nxp)

22 juin 2018

Le Conseil fédéral biffe les deux tiers du rapport sur l'Agenda 2030

Berne Palais Fédéral Suisse

Source: 24 heures

La coupe est massive et le ton a changé. Mercredi, le Conseil fédéral a adopté le rapport de la Suisse sur la mise en œuvre de l'Agenda 2030 pour le développement durable. Ce rapport, dont Didier Burkhalter avait fait l'une des cartes de visite diplomatiques du pays, doit être présenté à l'ONU à New York le mois prochain.

Comme le révélait «Le Matin Dimanche» dans sa dernière édition, le nouveau ministre Ignazio Cassis, jugeant le texte initialement préparé par l'Administration fédérale trop «critique» et trop «à gauche», l'a fait raboter et polir avec la bénédiction de Doris Leuthard, cosignataire du document.

Le rapport adopté par le gouvernement mercredi compte ainsi 26 pages, contre 79 pour la version précédente que nous nous sommes procurée. Mais il ne s'agit pas que d'un résumé. Des changements de fond apparaissent dans la version finale. Celle-ci a été «positivée» sur le bilan comme le souhaitait le ministre tessinois, tandis que l'ambition du Conseil fédéral pour mettre en œuvre l'Agenda 2030 pour le développement durable a été revue à la baisse.

En préambule du premier rapport, on pouvait ainsi lire ceci: «Le Conseil fédéral s'engage avec conviction sur les plans national et international pour que l'Agenda 2030 soit une histoire à succès. (...) Il faut maintenant passer des paroles aux actes.» Cette phrase est remplacée dans le texte adoubé par le gouvernement par cette autre sentence: «L'agenda 2030 est un cadre important pour la Suisse. Cependant, il n'est pas un cadre légal contraignant dans notre système fédéraliste, mais un moyen de formation de l'opinion politique.»

De même, là où la première version parlait de progrès substantiels à faire pour atteindre les 17 objectifs onusiens de l'Agenda 2030, la seconde se contente d'évoquer les défis qui se posent à la Suisse tout en soulignant ses réussites: il n'y a ni pauvreté extrême ni faim dans le pays. Pour le Conseil fédéral, le système éducatif est une réussite et l'agriculture un exemple de développement durable.

Les critiques adoucies

La description détaillée de l'état des lieux en Suisse en matière de développement durable a elle aussi été passée à la tronçonneuse. Un paragraphe entier disparaît notamment au chapitre de la production et de la consommation durables, l'un des objectifs de l'Agenda 2030. Le premier rapport s'alarmait fortement de l'empreinte écologique de la Suisse. «Rapportée à la population mondiale, cette empreinte n'est pas supportable pour la planète.» Et le texte élaboré par l'administration de souligner que «des efforts supplémentaires sont nécessaires», notamment par rapport au trafic aérien. Toutes ces critiques ont disparu de la nouvelle version.

«Cassis fait son boulot»

Le nouveau rapport fait aussi fi de l'avis de la société civile - ONG, économie et monde académique - ainsi que des cantons et des communes. Trois chapitres, qui rapportaient leurs points de vue, ont été biffés. Les cantons et communes demandaient d'être davantage impliqués dans la stratégie fédérale de développement durable. La société civile réclamait un cadre institutionnel et financier plus conséquent pour remplir les objectifs de l'Agenda 2030.

Une pluie de communiqués indignés a suivi mercredi la communication du Conseil fédéral. Une coalition de plus de 40 organisations annonce même la publication de son propre rapport sur le développement durable avec «des lunettes moins roses». Mais tous les participants à la consultation ne sont pas déçus: «Tous nos échanges avec l'administration ne disparaissent pas, même s'ils ne figurent pas dans le rapport final», estime l'un d'entre eux.

Le parti d'Ignazio Cassis, le PLR, salue le fait que son ministre ait «fait son boulot», selon les termes de Christian Lüscher (PLR/GE). Le vice-président du parti s'explique: «On a le sentiment que ça a pas mal ronronné aux Affaires étrangères ces vingt dernières années. Bien sûr, Ignazio Cassis bouscule des habitudes. Mais il ne fait qu'accomplir son mandat en mettant sa patte sur des rapports dont il est au final le premier auteur.»

Sur le fond, Christian Lüscher est convaincu que l'Agenda 2030 de l'ONU demeure une priorité pour la Suisse. «Nous restons premiers de classe en matière de développement durable. Mais de temps en temps, un excellent élève a le droit de ne pas faire ses devoirs le soir», conclut-il.

19 juin 2018

Communiqué de presse: le Groupe sida Genève salue l'autorisation des autotests VIH par Swissmedic

LOGO - GSG Coalition Plus.jpg

Les autotests permettant un dépistage rapide du VIH seront autorisés sur le marché suisse dès demain 19 juin 2018. Le Groupe sida Genève salue cette décision attendue depuis bien longtemps. Les personnes vivant en Suisse, comme leurs voisins français, italiens et autrichiens, auront dorénavant aussi accès aux autotests VIH.

Avec cette décision de Swissmedic, tous les autotests VIH certifiés CE pourront être commercialisés. Le Groupe sida Genève se félicite surtout que ces tests pourront être remis par les acteurs communautaires hors du cadre médicalisé.

Si le résultat d'un autotest devait être réactif, la personne doit impérativement s'adresser à un médecin. Un bilan complémentaire est nécessaire afin de confirmer l'infection par le VIH. Les personnes intéressées ou les usager(e) peuvent s'adresser à la ligne Infos Sida 0840 715 715 de façon confidentielle et anonyme, 7 jours sur 7, de 9h à 16h non-stop pour toutes les questions qu'ils pourraient avoir concernant les autotests VIH et leur utilisation.

L'autotest est une alternative discrète, efficace et très bien adaptée aux besoins des personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas s'adresser à un centre VCT, à un centre de santé sexuelle pour hommes ou gay (checkpoint), ou à un médecin ou un gynécologue pour effectuer un test ainsi qu'à ceux et celles qui se dépistent fréquemment, réduisant ainsi le nombre de visites nécessaires aux structures offrant le dépistage médicalisé. Les autotests fournissent en 15 à 20 minutes seulement un résultat.

La Suisse, comme bien d'autres pays, est à la traîne en ce qui concerne le dépistage, le plus grand écart avec les objectifs 90-90-90 se révélant être au niveau du taux de personnes qui n'ont pas encore reçu de diagnostic. On estime à presque 20% la part de la population vivant avec le VIH qui ne connaît pas encore son statut en Suisse.

L'objectif de l'ONUSIDA 90-90-90 veut que d'ici 2020, 90% des personnes séropositives connaissent leur statut sérologique ; 90% des personnes qui connaissent leur séropositivité reçoivent un traitement antirétroviral et que 90% des personnes sous traitement antirétroviral aient une charge virale indétectable. Atteindre ces objectifs permettrait alors d'envisager la fin de l'épidémie du sida à l'horizon 2030.

L'autotest est disponible depuis plusieurs années dans un certain nombre de pays dont l'Afrique du Sud, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Malawi et l'Autriche depuis le mois dernier. Le Groupe sida Genève demande l'autorisation des autotests depuis 2009 déjà. Connaître son statut le plus tôt possible permet une prise en charge rapide et donc de maintenir sa santé. De plus, une personne sous traitement efficace a une charge virale indétectable, ce qui rend la transmission du VIH impossible.


Contact médias : David Perrot. Directeur. +41 76 380 66 08, courriel : david.perrot@groupesida.ch

Fondé en 1987, le Groupe sida Genève est une association privée de lutte contre le sida, membre de l'Aide Suisse contre le Sida et de la Coalition Internationale sida PLUS. Financé par la République et canton de Genève ainsi que des fonds privés, notre mandat comprend la prévention de nouvelles infections, le soutien aux personnes touchées, la lutte contre les discriminations et la diffusion d'informations sur le VIH/sida, les hépatites virales et les autres infections sexuellement transmissibles (IST).

13 juin 2018

Du nouveau dans la saga du certificat de protection sur le Truvada.

Timeline prep-851x315-02-150dpi.jpgUne décision du Tribunal de Grande Instance de Paris invalide le certificat complémentaire de protection (CCP)[1] fondé sur le brevet européen[2] que le pharmaceutique Gilead détenait sur le Truvada et qui était venu à échéance le 25 juillet 2017. Le Truvada, jusqu'à récemment le traitement antirétroviral contre le VIH de 1ère ligne standard est actuellement le seul traitement autorisé pour la prophylaxie préexposition contre le VIH (PrEP) dans l'Union européenne.

On peut se demander quelle importance pourrait avoir une décision de la justice française au sujet d'un brevet qui n'est de toute manière plus applicable ?

Lire la suite…

4 juin 2018

Une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le VIH - 10 ans après le Swiss statement

Hirschel image.pngDix ans après l'annonce suisse, ou Swiss statement, désormais mondialement connue et reprise par la campagne globale U=U, stipulant qu'une personne séropositive ne souffrant d'aucune autre maladie sexuellement transmissible et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmet pas le VIH par voie sexuelle, le Groupe sida Genève souhaite revenir sur les enjeux de l'époque avec cette interview du professeur Bernard Hirschel , un des membres de la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida CFPS (aujourd'hui Commission fédérale sur la santé sexuelle CFSS) qui a accordé une interview en décembre 2007 au journal "Le Temps".

Une vérité qui dérange (1/3)

L'histoire d'Antoine, un homme vivant avec le VIH, poursuivi par la justice suisse alors que sa charge virale était indétectable mais avant la publication du Swiss statement, vous est présentée également ici, en trois parties.

Nous sommes en Suisse, le lundi 3 septembre 2007, à 10h le matin. Je range mes affaires et je quitte mon poste de travail. J'avais prévenu mon responsable hiérarchique et c'était gênant car il y avait beaucoup de travail à ce moment-là. J'avais indiqué que j'étais contraint de m'absenter pour des raisons personnelles, sans pouvoir en dire davantage. En fait j'étais convoqué au tribunal d'instance suite à une plainte m'accusant de « délit manqué de lésions corporelles graves » et de « délit manqué de propagation d'une maladie de l'homme ».


Lire la suite…

17 mai 2018

«Pouvoir être soi à tout âge»: campagne IDAHOT 2018 de la Ville de Genève

DdZTGliXcAI4fZT.jpg large.jpg

Source: association 360

Geneviève, Jacques, Marie-Claire, Claudette, Lynn et Jean-Pierre sont les visages de la nouvelle campagne contre l'homophobie et la transphobie 2018 de la Ville de Genève «Pouvoir être soi à tout âge» dont 360 est partenaire.

Pour la campagne 2018, le service Agenda 21 - Ville durable de la Ville de Genève a ainsi souhaité donner la parole aux personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans* et intersexes (LGBTI) de plus de 55 ans et ainsi sensibiliser le grand public et les professionnel-le-s qui travaillent auprès des aîné-e-s sur les enjeux spécifiques en lien avec cette population.

Du 9 au 30 mai, six portraits d'aîné-e-s LGBTI sont visibles dans les rues, les parcs et places de Genève. Âgées de 58 à 80 ans, ces personnes représentent, dans la singularité de leur parcours, la diversité des aîné-e-s LGBTI, la complexité de leurs besoins spécifiques, la multiplicité de leurs craintes vis-à-vis de la vieillesse, mais aussi leur engagement, leur dynamisme et leur amour de la vie.

Recueillis par l'association Cédille, leurs témoignages sont également à découvrir, tandis que des extraits sont reproduits sur des flyers au format carte postale distribués lors des différentes interventions prévues durant cette période. Comme chaque année, plusieurs activités participatives et de sensibilisation seront en effet proposées en complément de la campagne d'affichage, en partenariat avec les associations et d'autres institutions, et notamment les associations 360, Dialogai, 360° Fever et le projet Totem.

Nous vous invitons à découvrir toutes les actions sur le site : www.17mai-geneve.ch

4 mai 2018

La mort d'une personne atteinte du sida crée la polémique sur les listes noires

Groupe sida Genève - logo horizontal.jpg

Assurance maladie - La non prise en charge des frais de ceux qui ne paient pas leurs primes maladie est décriée sur les plans éthique et économique. Seules les prestations "relevant de la médecine d'urgence" sont couvertes pour les personnes figurant sur liste noire. Mais la notion d'urgence n'est pas clairement définie.

Mort du sida car il n'avait pas payé ses primes maladie. Ce drame révélé dimanche par la «SonntagsZeitung» crée la polémique autour des «listes noires» d'assurés mauvais payeurs dont les soins ne sont pas remboursés. Comme 33'500 Suisses, le quinquagénaire y figurait. Sa caisse a refusé de payer sa trithérapie. Ce n'est qu'une fois que son état s'est fortement dégradé qu'il a été pris en charge à l'hôpital de Coire (GR). Trop tard. Il est décédé l'an dernier. Son assurance, ÖKK, s'est réfugiée derrière la loi. Entré en vigueur en 2012, l'art. 64a alinéa 7 de la loi sur l'assurance-maladie (LAMal) permet aux cantons de tenir des registres d'assurés qui ne paient pas leurs primes malgré les poursuites. L'assureur suspend alors la prise en charge, sauf en cas «d'urgence». Le système est aujourd'hui décrié à la fois pour des raisons éthiques et d'efficacité.

Appel à changer la loi

«Une personne qui a besoin d'un traitement doit pouvoir y accéder quelle que soit sa situation», critique Sascha Moore Boffi, juriste au sein du Groupe sida Genève. L'Aide suisse contre le sida a connaissance de huit à dix cas de personnes séropositives avec des arriérés de primes qui ont des problèmes pour se faire rembourser leur traitement. «Mais il y en a probablement plus», précise le directeur, Daniel Seiler. L'organisation va écrire aux 246 parlementaires fédéraux d'ici à la session d'été pour les sensibiliser. «Il faut supprimer la possibilité de créer ces listes ou au moins que soit clarifié ce qu'on entend par situation d'urgence», exhorte Daniel Seiler.

[...]

Lire la suite sur le site du 24heures

Billets plus anciens

Derniers commentaires

  • Le dernier commentaire a été posté le 18 mai 2016 par BANA ROSEE à propos de L'espérance de vie des patients souffrant du VIH augmenterait petit à petit
  • Lire les autres...








A chacun son Remaides !

Numéro 102 - France (hiver 2017).png

Depuis 17 années déjà Remaides est une revue pour les personnes touchées et leurs proches. Remaides apporte une information claire et précise sur les traitements du VIH et les hépatites comme sur toutes les difficultés (sociales, juridiques, professionnelles...) auxquelles chacun peut se trouver confronté dans sa vie quotidienne. A travers les témoignages de ses lecteurs Remaides est attaché à rendre visible la réalité intime de l'épidémie et à enrichir chacun de l'expérience des autres. Information et témoignages sont les outils que Remaides a toujours voulu mettre à la disposition de ses lecteurs au service de leur autonomie et de leur qualité de vie. Remaides est une revue francophone avec des comités de rédaction en France, Suisse et au Québec. Bonne lecture

Vous souhaitez participer au Fil rouge ?

carburant2.jpg

Rien de plus facile !

1/ D'abord restez en lien avec le Fil rouge et abonnez-vous au flux RSS.
2/ Un billet vous a révolté ou au contraire vous soutenez une idée retrouvée sur ce blog : dites le à tous et postez un commentaire.
3/ Vous voulez partager un moment de votre vie, envoyez votre témoignage à filrouge@groupesida.ch.


© 2008-2018 Groupe sida Genève | v1.0 | Flux RSS | Impressum