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Fil Rouge

8 juillet 2020

Martine Baudin, nouvelle présidente du Groupe sida Genève: "les déterminants sociaux de la santé doivent absolument être mieux pris en compte"

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Le 30 juin dernier, l'Assemblée générale du Groupe sida Genève s'est réunie et a élu une nouvelle présidente en la personne de Martine Baudin, connue dans le réseau socio-sanitaire genevois pour avoir longtemps dirigé Première ligne, association de réduction des risques liés à la consomation de substances psycho-actives. Nous avons eu envie de parler avec elle de son parcours et de sa vision pour l'avenir de l'action du Groupe sida Genève.

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

J'ai 51 ans et je suis Suisse d'origine vietnamienne. J'ai une formation en travail social faite à Genève il y a plus de vingt-cinq ans au sein de ce que l'on nommera plus tard la Haute école de travail social. Après mes études, je suis partie très vite sur le terrain et, jusqu'à aujourd'hui, c'est ainsi que je me définis avant tout : je suis issue du travail de terrain et n'ai pas de parcours universitaire, ni scientifique. J'ai travaillé avec des populations très différentes au cours des années - que ce soit les personnes en situation de polyhandicap, avec des troubles psychiatriques graves, avec des adolescents en foyer ou encore dans les questions d'insertion socio professionnelle - mais mon expertise principale, je l'ai acquise avec le Groupe sida Genève dès 1993, au sein du bus BIPS (à l'époque, le Bus Itinérant Prévention Sida), qui était la première structure de réduction des risques liés à la consommation de drogues, implantée à Genève.

J'ai ensuite participé à la première ébauche du concept d'une salle de consommation qui s'ouvrira en 2001 sous le nom de Quai 9, espace d'accueil et de consommation. Sous l'égide du Groupe sida Genève, j'ai participé à son ouverture, puis en ai pris la coordination dès 2003.

En 2004, l'association Première ligne a été créée et a repris le secteur de réduction des risques liés à l'usage de drogues, géré depuis 1991 par le Groupe sida Genève. Les liens entre ces deux associations ont perduré depuis, avec différents projets et des réflexions partagées.

Parlez-nous de votre important engagement en faveur d'une approche de réduction des risques en matière de drogues...

Ce projet est né de l'émergence du sida dans la fin des années 80, avec une politique fédérale en matière de toxicomanie, portée notamment par Mme Ruth Dreifuss et qui repose sur 4 piliers : la prévention, la thérapie, la répression et la réduction des risques. La réduction des risques est un concept qui tient compte d'une consommation avérée de substances psychoactives (drogues légales et illégales) en visant la réduction des risques de ces consommations et non un discours d'abstinence. A l'époque, il fallait en premier lieu éviter la transmission du VIH-sida par voie intraveineuse et permettre aux personnes usagères de drogues de rester vivantes. En 1991, c'était une politique avant-gardiste. C'est avec un ensemble d'acteurs - pharmaciens, politiciens, médecins -que le Groupe sida Genève a défendu et mis en place des mesures de réduction des risques visant la responsabilisation des consommateurs de drogues, sans approche paternaliste ou moraliste. Ces derniers ont su se mobiliser et devenir des acteurs, responsables de leurs consommations et de leurs comportements

Sous quel signe souhaitez-vous placer cette présidence du Groupe sida Genève que vous entamez aujourd'hui ?

Ce qui fait que j'ai rejoint le Comité du Groupe sida Genève et, aujourd'hui sa présidence, c'est une histoire de conviction. Le rôle de présidente est de soutenir le travail de terrain en premier lieu. Les constats arrivent du terrain, on les formalise et on dialogue avec l'Etat à partir de ces réalités. Aujourd'hui, il est essentiel de considérer les personnes dans leur globalité. Il ne s'agit plus de parler uniquement du virus ou de la consommation de drogues, il s'agit de travailler les contextes de vie et les mécanismes de vulnérabilisation. La question de l'isolement est, par exemple, fondamentale, qu'elle soit due à la migration, au statut légal ou encore à la présence du VIH ou des hépatites. Il s'agit de défendre une vision de santé globale. Les questions médicales doivent continuer à être développées mais les déterminants sociaux pour les publics en situation de vulnérabilité doivent absolument être mieux pris en compte. Cette vision globale est défendue par le Groupe sida Genève depuis des années, menée sous la présidente sortante, Heide Dávila Jimenez.

Que signifie pour vous l'approche communautaire ?

J'ai toujours défendu cette approche qui prend en compte, d'une part, la diversité des communautés et, d'autre part, intègre ceux-là mêmes qui sont issus de ces communautés en les considérant comme des acteurs à part entière. Le travail associatif doit s'adapter aux réalités et aux besoins des communautés, et non le contraire

Le Groupe sida Genève est un lieu idéal pour faire des liens, des passerelles non seulement entre les communautés, mais également avec le réseau. C'est le lieu d'une action collective.

Propos recueillis par Inès El-Shikh

22 juin 2020

Le rapport d'activités 2019 du Groupe sida Genève est en ligne!

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Le Groupe sida Genève a le plaisir de publier rapport d'activités 2019. Celui-ci revient en détail sur les actions de prévention, de soutien et de mobilisation que vous avons effectué au cours de l'année écoulée.

Nous aurons l'occasion de présenter ce rapport lors de notre Assemblée générale ordinaire qui se tiendra le 30 juin 2020. N'hésitez pas à écrire à l'adresse info@groupesida.ch pour toute information à ce sujet ou pour demander que l'on vous envoie une version papier du rapport d'activités.

Bonne lecture!

10 juin 2020

Une précarité soudain rendue visible par une pandémie

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A-t-on la tête, lorsque l'on vient chercher un colis alimentaire, de se faire dépister du VIH ? Cette question, nous nous la sommes posée quand nous a avons eu l'opportunité de nous associer aux actions de la Caravane de Solidarité. De mi-avril à fin mai, les samedis, a eu lieu à la patinoire des Vernets une distribution de denrées alimentaires initiée par la Caravane, soutenue très vite par les Colis du Coeur et la Fondation Partage et coordonnée par la Ville de Genève. Destinée aux personnes précarisées par la crise du coronavirus, ce sont près de 3300 colis qui sont distribués hebdomadairement, à fin mai. Le nombre de bénéficiaire n'a cessé de monter, de semaine en semaine, tant et si bien que chaque samedi, nombreux sont celles et ceux qui viennent faire la queue dès 4 heures du matin.

Sur place, un espace santé est présent, dont le but est de faciliter l'accès aux soins aux personnes en situation de précarité, regroupe les HUG (Hôpitaux universitaires de Genève), le Planning familial, la CAMSCO (Consultation ambulatoire de soins communautaires), MSF (Médecins sans frontières) et nous, le Groupe sida Genève. « Tout ce travail n'aurais pas pu être possible sans une importante implication collective du réseau socio-sanitaire genevois », constate Victor Pécoul, médecin au Groupe sida Genève.

Assez vite, la pertinence de notre présence nous a paru évidente. L'ampleur de cette précarité rendue soudainement visible dans une des villes les plus riches du monde s'est révélée au-delà de ce que nous pouvions imaginer. En tant qu'acteur associatif du réseau socio-médical genevois, nous avons très vite constaté que les personnes qui faisaient la queue n'étaient pas celles auxquelles nous avions l'habitude d'avoir à faire. En effet, les bénéficiaires de ces distributions hebdomadaires ne sont en général pas le public « bas-seuil » qui fréquente et connaît les services sociaux du canton, mais toute une classe de gens qui de manière générale vivaient avant la crise en joignant tout juste les deux bouts. Ce sont des personnes travaillant par exemple dans l'économie domestique privée ou dans les cuisines des restaurants et qui ont vu leurs revenus disparaître du jour au lendemain et se découvre sans marge ni réserves. « L'enjeu de la dignité est important, aux yeux de ces personnes qui, pour beaucoup ont ici recours à une prestation d'aide sociale pour la première fois de leur vie », commente Olivia Benyoussef, chargée de projet prévention. Dans la file d'attente, on voit d'ailleurs bien que le port du masque sert à anonymiser autant qu'à se protéger du virus...

Notre travail de prévention, qui consistait à distribuer des préservatifs, à informer sur le VIH et les IST, à proposer des dépistages rapides gratuits, a été l'occasion de nombreuses conversations avec des personnes dont nous ne pouvons que constater que le manque d'accès effectif aux soins de santé. Par exemple, si la majorité des personnes auxquelles nous avons parlé sont couvertes par une assurance-maladie, elles se voient obligées d'opter pour des franchises d'un montant prohibitif. « Lorsque je demandais à mes interlocuteurs.trices la date de leur dernière visite chez le médecin, j'ai été frappé du nombre de fois où l'on me répondait que cela remontait à plusieurs années, en général au pays d'origine », nous confie Homero Campos, chargé de prévention au Groupe sida Genève. En particulier, le suivi gynécologique et dentaire, ainsi que les tests de dépistages (VIH et IST) passent vite à la trappe dans de telles conditions. Nous avons pu constater également que l'autotest VIH était un dispositif largement méconnu et que sa facilité d'utilisation a intéressé de nombreuses personnes à qui nous avons pu en parler.

Cet espace santé inter-associatif, c'était donc une occasion de faire connaître le réseau socio-sanitaire genevois à une population qui s'est vue contrainte à considérer la santé comme une préoccupation secondaire. « Que la santé de celles et ceux qui font tourner le pays par leur travail essentiel ne soit pas une priorité politique est problématique. », se confie Oumar Niang, chargé de projets communautaires.

Et maintenant, quel "retour à la normale" pour nous? En tant que membre du réseau socio-sanitaire, nous souhaitons que les problématiques liées à la santé et à l'accès aux soins soulevées par cette période particulière ne retombent pas dans l'oubli. En tant qu'institution, cela fait plusieurs années que nous inscrivons notre combat de lutte contre le VIH dans une approche globale, qui consiste à considérer la santé comme le produit d'une réalité multi-factorielle, où la présence de vulnérabilités socio-économiques est fondamentale. A la lumière de la pandémie COVID-19, nous espérons continuer à renforcer notre dispositif social, juridique, médical, pour contribuer à un meilleur accès aux soins pour tou-te-x-s.

29 mai 2020

Où faire son dépistage VIH/IST à Genève en juin?

En juin, il est possible de se faire dépister (VIH/IST) dans les lieux suivants à Genève (données mises à jour régulièrement):

HUG :

  • Tests anonymes www.testvih.ch : réouverture dès le 1er juin selon prix habituels.
  • Unité de Santé Sexuelle et du Planning familiale sur RDV.
  • Dermatologie : en attente d'information.
  • Camsco (personne sans assurance maladie) : tous les vendredis de 9h à 12h sans RDV (VIH + IST gratuit).

Checkpoint Genève : sur rendez-vous selon horaires et prix habituels.

Groupe sida Genève : sur rendez-vous (VIH/syphilis rapide gratuit, autres IST payant selon moyens financiers, possibilité d'être remboursé par l'assurance maladie).

Groupe Médical d'Onex : VIH rapide (40 CHF) sans RDV (7:45-15:00).

19 mai 2020

Lay Tshiala, chargé de prévention: "La prévention telle qu'on la fait aujourd'hui n'existera plus dans cinq ans."

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Lay Tshiala est chargé de projets prévention auprès des personnes migrantes principalement. Son histoire avec le Groupe sida Genève commence en 2002, lorsqu'il commence à collaborer avec la structure, en tant que médiateur culturel dans le cadre d'Afrimédia, le programme pilote de La Croix-Rouge et de l'Office fédéral de la santé public, dont le but était de faire la promotion de la santé pour des Africains par des Africains. Depuis 2011, ce projet a été incorporé au Groupe sida Genève. Nous avons eu envie de parler avec lui de son parcours hors du commun et de l'avenir de la prévention contre le VIH.

Qu'est-ce qui fait que tu t'investis dans la prévention contre le VIH/sida depuis toutes ces années ?

Lay Tshiala : Premièrement, transmettre du savoir propre à améliorer la qualité de vie des individus est une de mes passions. Depuis que j'ai passé mon bac jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais cessé d'être éducateur. Au Congo, j'ai été enseignant dans les villages pygmées et bantous, j'ai aussi été assistant à l'Université Nationale du Congo (ex-Zaïre) à Kinshasa. Arrivé en Suisse, j'ai vite eu des missions en indépendant, puis dans le cadre de la Croix-Rouge, en tant que traducteur et interprète, pendant lesquelles je faisais en fait également de la médiation culturelle : je traduisais et je transmettais du savoir de part et d'autre.

Spécifiquement concernant le VIH, pour moi qui viens de RDC, mon pays est historiquement lié au VIH. Le premier décès au monde lié au sida reconnu officiellement en tant que tel, c'était en 1983 à l'Hôpital Maman Yemo de Kinshasa. A l'époque j'y vivais. Quand on a commencé à parler du virus à cette époque, je me suis dit « c'est sûr, je n'y échapperai pas ». Pour ma part j'ai eu de la chance, mais au cours des années qui ont suivi, j'ai perdu de nombreux parents et amis de cette maladie. Et puis, quand je suis venu en Suisse, quand je me suis impliqué auprès des communautés africaines, ça a toujours été un sujet important ; on me confiait des secrets ou je devais gérer lors de mes missions de traduction et interprétation des annonces de diagnostics. Le VIH est donc une sorte de fil rouge dans mon vécu, c'est ainsi que je suis devenu un militant.

Parle-nous de tes projets au Groupe sida Genève. Qu'est-ce qui fait la spécificité de ton approche en matière de prévention ?

L.T. : Si je dois résumer en quelques mot, je dirais que ma mission au Groupe sida Genève est de transmettre le savoir pour éviter les nouvelles transmissions du virus. La plupart de mon temps, je travaille hors-murs : dans les lieux d'accueil, les foyers, les parcs, les coiffeurs, les églises, les fêtes. C'est un travail de conception : je dois établir une stratégie pour savoir atteindre mon groupe-cible, où le trouver, comment lui parler, savoir identifier les personnes-ressource, comment pérenniser la relation. Par exemple, à mon arrivée ici, il était extrêmement difficile d'aller approcher les personnes africaines pour leur parler de VIH, même en tant qu'intervenant lui-même d'origine africaine. Les personnes ressentaient une forte stigmatisation du fait d'être conscientes d'être considérées comme un groupe-cible. Petit à petit, c'est en se faisant connaître, en tissant des liens, en liant une relation à double sens que nous sommes parvenus à collaborer. Aujourd'hui, quand une fête culturelle d'une communauté africaine s'organise, ce sont les organisateurs eux-mêmes qui pensent à nous et qui nous appellent.

La réciprocité de la relation est un élément crucial. Si vous ne vous faites jamais coiffer dans les salons de la communauté le week-end, ça va être difficile d'y passer la semaine pour déposer du matériel de prévention. Si vous tenez un stand à une fête culturelle, peu de personnes vont venir vous poser des questions si en parallèle vous n'acceptez pas de prendre leurs flyers et échanger les numéros.

Il faut aussi accepter, quand on fait de la prévention pour le VIH, que le VIH n'est pas le seul et unique souci des personnes. Par exemple, une personne migrante et sans papiers a 1001 problèmes à résoudre dans sa vie et au cours de nos conversations, je me trouve souvent à l'informer sur des sujets très divers tels que les prestations d'aide sociale, les violences domestiques ou les droits des personnes migrantes. C'est une approche globale, qui doit tenir compte de l'individu et de ses multiples dimensions.

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Quels obstacles pour les personnes migrantes sans statut légal pour accéder à la prévention, au dépistage, au soin ?

L.T. : Une grande partie des obstacles est en fait subjective. Beaucoup de personnes restent loin des structures de soin à cause de la rumeur, à laquelle elles donnent d'autant plus d'importance quand elles vivent dans un contexte dont elles ne maîtrisent pas les codes ou dans lequel elles sont déjà dans une position fragilisée. La crainte principale pour une personne migrante sans statut légal, c'est de se dire que si elle sollicite une structure sociale, elle pourrait être dénoncée comme personne sans papiers, être arrêtée, être renvoyée. Ce qui n'est objectivement pas vrai, mais les rumeurs ont un effet paralysant. Aussi, le monde des structures est vu comme un monde intellectuel, peu intelligible, menaçant, où on n'est pas sûr de se comporter de manière adéquate et il devient donc plus rassurant de se fier à ce que dit l'ami ou la voisine. Pour certains, fréquenter les lieux institutionnels est un apprentissage qu'ils doivent commencer ici. Au pays d'origine, ils déléguaient cet exercice à des proches qui maîtrisaient bien les codes attendus dans de tels lieux.

Parallèlement, j'ai remarqué également que les structures évitent de trop se faire connaître de ce public. Il y a pas mal de ressources spécifiques qui existent mais qui sont tues, qui ne sont pas rendues facilement accessibles. Parfois, lorsque je visite des structures sociales dans le cadre de mon travail, je leur demande des flyers pour pouvoir les distribuer lors de mes missions de prévention hors-murs. Souvent, on me répond « on vous en donne quelques-uns, mais pas trop, car sinon il y aura un afflux ici. » A chaque fois je tombe des nues.

Si je parle des nouveaux challenges liés à mon travail de prévention, je dirais que la prévention telle qu'on la fait aujourd'hui n'existera plus dans cinq ans. Je le vois déjà : les personnes-ressource sur lesquelles je m'appuie dans la diaspora africaine ont généralement mon âge ou plus. On est une génération qui a eu l'habitude de fonder des associations culturelles, d'organiser des fêtes traditionnelles à l'occasion desquelles ils appellent leurs amis pour tenir des stands. Sauf qu'aujourd'hui, le cœur de cible, c'est-à-dire les plus jeunes parmi les migrants africains, désertent un peu cette façon de faire. En effet : pourquoi iraient-ils à des fêtes où ils risqueraient de croiser les amis de leurs parents ? Et s'ils y vont, auront-il envie de s'arrêter à un stand pour demander des préservatifs ? Il faut donc repenser tous les schémas d'intervention. Je pense notamment qu'il faut encourager et soutenir les médias communautaires et associatifs, chose totalement négligée en Suisse.

Les sujets liés à la sexualité sont-ils difficiles à aborder au sein de ton public ? Est-ce que le poids des tabous pèse sur la manière dont tu fais ton travail ?

L.T. : Il n'y a pas de tabou qui soit insurmontable. Tout est question de comprendre les règles sociales qui entourent la dicibilité ou l'indicibilité d'une chose. Je suis anthropologue de formation et ça m'agace toujours que l'on dise des choses telles que « le sujet de la sexualité est tabou chez les Africains ». Ce qui est déterminant, c'est le lien qui lie les interlocuteurs. Si je prends l'exemple de la culture congolaise dont je suis issu, où les familles ne suivent pas le modèle de la famille nucléaire occidentale et où la cohabitation intergénérationnelle est de coutume, il y a bien moins de tabous entre grands-parents et petits-enfants qu'entre parents et enfants. Autre exemple aussi dans la culture congolaise, il y a des ethnies où on confère un statut particulier aux mères de jumeaux pour lesquelles on acceptera une plus grande liberté de parole que pour les autres femmes, ce qui fait que les jeunes filles et les jeunes gens vont aller facilement vers elles pour parler de sexualité. En bref, ne va pas de soi que le sujet soit abordé par les géniteurs. Un programme de prévention doit tenir compte de tous ces liens spécifiques. La prévention doit s'adapter aux individus et non l'inverse.

En plus de travailler au Groupe sida Genève, tu es très actif au Congo, peux-tu nous en parler ?

L.T : Depuis quelques années, je consacre mes vacances à faire de la prévention auprès des jeunes dans les universités de Kinshasa. Le gouvernement congolais a fait une priorité nationale d'enseigner les bases sur le VIH et les IST à tous les étudiants, sans pour autant qu'il en détermine les grandes lignes et sans que des moyens concrets soient fournis. J'y apporte mon expertise, notamment en ayant formé de nombreux assistants et en montant des initiatives pour le 1er décembre. D'ailleurs, la presse et la télé locales en parlent chaque année. Ces actions sont montées notamment grâce à du soutien du Groupe sida Genève, de AIDES, de Coalition PLUS et de l'association OBSA.

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La demande des jeunes est forte, notamment en matière de dépistage volontaire. Mais je ne suis présent qu'un mois par année. Mes actions sont donc ponctuelles. Clairement il faudrait en faire plus souvent, que des personnes soient formées à tenir des stands d'information et de sensibilisation, pour assurer un effet multiplicateur. Je me rappelle qu'au cours d'une interview avec un journaliste j'ai parlé de la PrEP : j'ai croulé sous les appels les jours qui ont suivi, et je n'ai pas pu répondre à tout le monde. Imaginez qu'une permanence d'info sur le VIH et les IST puisse être montée, à l'année, le progrès que ce serait dans pour la lutte ! Un de mes constats, c'est qu'au Congo, la prévention est souvent négligée et mal financée dans les programmes nationaux et internationaux, car on considère que l'urgence est de pouvoir répondre à l'énorme demande de traitements. C'est compréhensible, mais c'est une vue à court terme. Il faut à tout prix éviter les nouvelles transmissions, et c'est par tous les moyens qu'il faut le faire, y compris la PrEP, qu'il faut arrêter d'y voir un moyen trop onéreux pour les Africains, au lieu de réfléchir à comment la rendre accessible.

Propos recueillis par Inès El-Shikh

8 mai 2020

Réouverture des locaux du Groupe sida Genève

Le Groupe sida Genève a le plaisir de vous annoncer la réouverture de ses locaux ainsi que la reprise partielle de ses activités à partir du mardi 12 mai 2020.
Pour prendre rendez-vous avec nos consultations médicales, juridiques et psychosociales veuillez appeler le 022 700 15 00.
Pour consulter le détail de ces mesures, cliquez ici
Des mesures de protection ont été mises en place afin de strictement respecter les recommandations de l'OFSP.

30 avril 2020

Lutter contre le VIH en période de coronavirus

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Depuis 1987, le Groupe sida Genève lutte contre le VIH/sida. Que ce soit par nos campagnes de prévention et d'information, nos activités de soutien individuel et collectif, notre plaidoyer politique, cela fait 33 ans que nous menons nos actions sans discontinuer. Lorsque, mi-mars 2020, l'épidémie de coronavirus est venue chambouler l'ensemble de nos vies, nous nous sommes adapté-e-x-s, pour rester au plus proche des besoins de notre public vivant avec ou côtoyant le VIH, pour continuer à remplir notre mission en cette période hors du commun. De plus, comme de nombreux-se-x-s acteur-trice-x-s de la lutte contre le VIH l'ont mis en avant, la présente crise sanitaire n'est pas sans rappeler, par certains aspects, les premières années de l'épidémie du VIH. Nous avons donc eu envie de documenter la manière dont notre perspective de professionnel-le-x-s pluridisciplinaires du VIH nous a accompagné sur les dernières semaines.

Qu'est-ce qui est urgent ?

En conformité avec les directives du Conseil fédéral au début de la crise, de nombreuses de nos activités ont dû être momentanément stoppées, au vu de leur caractère considéré non-urgent. Par exemple, l'essentiel de nos actions de prévention hors-murs, auprès des personnes HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) ou personnes migrantes sont actuellement en pause. Nos activités collectives, telles que les groupes de parole et les ateliers communautaires sont également dans ce cas.

Les services à caractère individuel (médical, juridique, social) ont eu continué à être proposés, en privilégiant toutefois les consultations par téléphone. Nous qui avions eu l'habitude d'une vie foisonnante dans nos locaux avons dû nous adapter. L'appréciation de l'urgence, elle, doit se faire au cas par cas. Par exemple, pour notre infirmière Rosalie Hatfield, en charge des dépistages VIH et IST s'est concentrée sur les dépistages urgents (PEP, personnes symptomatiques), ceux consécutifs à une prise de risque avérée, et sur les situations nécessitant un suivi en personne. Pour faire ce tri, Rosalie dit devoir questionner par téléphone de manière qui pourrait être perçue comme plus invasive que d'ordinaire. Il s'agit aussi là de gérer l'angoisses des personnes dont la situation est jugée comme « non-urgente » et qui ne savent pas quand est-ce que le retour à la normale leur permettra d'accéder au service qu'elles requièrent. Un envoi postal d'autotest est proposé aux personnes dans ce cas.

Du fait des mesures restrictives mises en place par la confédération, notre médecin, le Dr Victor Pécoul, a constaté dans les premiers temps du confinement une chute drastique des consultations à son cabinet, alors que parmi sa patientèle se trouvent de nombreuses personnes porteuses de comorbidités ou avec un état de santé demandant un suivi étroit ne pouvant être ajourné. Ayant vite compris que celles-ci n'osaient plus sortir de chez elles car paralysées par la peur susciter par le COVID, il a entrepris d'appeler les plus fragiles, de répondre à leurs questions et les soutenir pour faire face à leurs angoisses, de faire le point avec elles. Il en ressortait que pour certaines, de réels problèmes d'accès aux soins se posaient, avec la difficulté de s'approvisionner en médicaments.

Gérer l'angoisse

L'angoisse de nos interlocuteur-trice-x-s est un mot qui revient souvent dans nos échanges. De ce que nous avons pu constater, elle peut être due à la fois à un sentiment d'isolement, à la peur d'être particulièrement à risque (pour les personnes immunodéprimées ou portant des comorbidités), à l'aggravation de la précarité et éventuellement à la réactivation de souvenirs traumatiques liés à la période pré-trithérapies de l'épidémie du VIH. Du coup, un temps important est investi par notre équipe pour adresser ces angoisses.

Notre assistante sociale, Josepha Cantor-Borel note que certaines personnes ont l'impression d'être oubliées car de nombreux lieux de prise en charge du réseau social genevois ont dû fermer leurs locaux et qu'il est plus difficile de pouvoir joindre ses interlocuteur-trice-x-s habituels (que ce soit son médecin traitant, son assistante sociale ou autre). Dans une telle situation, elles ont l'impression qu'elles ne peuvent compter que sur leurs ressources personnelles. Nos assistant-e-x-s sociaux-les ont adapté leur posture en conséquence : ils-elles sont souvent le relais avec d'autres acteurs sociaux, ont prolongé la durée et le nombre de leurs entretiens individuels, dont la teneur est à l'heure actuelle davantage « psy ».

Le confinement a également aggravé des situations personnelles complexes, selon notre assistante sociale Joséphine Sanvee : par exemple, plusieurs personnes dont elle assure le suivi ont vécu du harcèlement moral et une forte stigmatisation de leur séropositivité de la part d'un conjoint avec lequel elles se sont retrouvées confinées.

Les difficultés financières prennent de l'ampleur

Le coronavirus, tout comme le VIH, a agi comme un révélateur d'inégalités. Le chamboulement des services et la réduction des activités de manière générale a impacté de manière importante les personnes les plus vulnérables que nous suivons, notamment sur le plan financier. Parfois, il s'agit du retard du versement d'une allocation ou d'une rente qui laisse les personnes déjà en forte précarité sans ressource financière dans l'impossibilité de pouvoir faire leurs courses. Josepha Cantor-Borel explique par exemple qu'une bonne partie du temps d'activité des assistant-e-x-s sociaux-les de l'association est utilisé à trouver des solutions de soutien financier d'urgence pour payer des loyers et acheter de la nourriture.

Notre avocat, Jacopo Ograbek, constate lui aussi ce ralentissement des procédures d'octroi d'aides qui mettent certaines personnes dans d'importantes difficultés. Pourtant, bien que tout soit ralenti, les délais de recours restent inchangés, ce qui l'oblige parfois à demander à ses clients à se déplacer pour ce qui ne peut pas être fait à distance, par exemple signer des documents.

Au final, rappelons qu'il existe des personnes pour qui ce confinement se vit à l'intérieur d'un autre confinement : selon Jacopo Ograbek, la question des personnes séropositives en prison est selon lui de grande urgence. En effet, ses client-e-x-s, détenu-e-x-s et pour certain-e-x-s immunodéprimé-e-x-s, sont très inquiet-e-x-s par rapport à la gestion de la crise du COVID en milieu carcéral (notamment pour cause de la limitation et/ou de la difficile compréhension de mesures mises en place) ont pour certain-e-x-s désiré faire des demandes de libération pour raison de santé. A l'heure actuelle, les autorités ne semblent pas attentives à ces besoins spécifiques et notre avocat note une communication difficile sur les enjeux qui nous préoccupent.

Et demain ?

Ces dernières semaines ont confirmé ce qui constitue un des paradigmes de notre action : lutter contre le VIH passe par prendre en compte la situation globale des personnes. Nos professionnel-le-x-s de la prévention, de l'accompagnement et du soin travaillent de manière transversale pour répondre au mieux aux besoins de notre public, pour résoudre des situations dont les ramifications sont nombreuses. Nous sommes conscient-e-x-s que les pandémies progressent aussi par les vulnérabilités sociales des individus, et il convient donc de continuer à lutter contre la stigmatisation, la marginalisation et les inégalités

Nous avons commencé à penser l'après confinement et la manière dont nous aborderons cette période de transition qui commence. Nous avons recommencé à distribuer du matériel de prévention (préservatifs, gel, ...) et à prendre des consultations médicales non-urgentes. Nous qui avions l'habitude de nous retrouver à vingt autour d'une table pour partager des repas communautaires, nous ignorons quand nous pourrons le faire pour la prochaine fois. Il n'empêche, ce n'est pas parce que nous ne pouvons pas encore nous réunir physiquement entre membres, volontaires et collaborateur-trice-x-s que nous ne continuons pas, jour après jour, à faire communauté.

Propos recueillis par Inès El-Shikh

6 avril 2020

Mesures de lutte contre le COVID-19 : le Groupe sida Genève écrit à Alain Berset

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Face à la crise sanitaire actuelle due à l'épidémie du COVID-19, le Groupe sida Genève a envoyé une lettre au Conseiller fédéral M. Alain Berset pour demander des mesues urgentes pour faciliter l'accès à l'assurance maladie pour les personnes en situation de vulnéralbilité et de précarité.

Nous partageons ici le contenu de cette lettre

Genève, le 3 avril 2020

Mesures de lutte contre le COVID-19 - Appel à des mesures supplémentaires en lien avec l'assurance-maladie pour les personnes en situation de vulnérabilité ou de précarité.

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Monsieur le Conseiller fédéral,

Le 16 mars dernier, le Conseil fédéral a déclaré une situation extraordinaire au sens de l'article 7 de la loi sur les épidémies et ordonné une série de mesures ayant pour but d'endiguer la progression de l'épidémie de SARSCoV-2 qui sévit dans le monde entier. Il est déjà clair que ces mesures sont appelées à durer comme vous l'avez vous-même rappelé lors de la conférence de presse du Conseil fédéral du 25 mars dernier.

La situation des personnes en situation de vulnérabilité ou de précarité sociale, économique ou légale va être gravement péjorée par les mesures de confinement nécessaires à la lutte contre le nouveau coronavirus ainsi que par les effets de la crise économique causée par cette pandémie.

L'accès aux soins de ces personnes est déjà difficile en temps normal du fait de la charge excessive que représentent les coûts de l'assurance-maladie pour les revenus les plus bas ainsi que de la hauteur des coûts de la santé restant à la charge des assurés. Près d'un quart des personnes en Suisse aux revenus parmi les plus bas renoncent aux soins pour des raisons financières.[1] Dans la situation actuelle, il serait extrêmement inquiétant si cette proportion devait encore augmenter du fait de la crise que nous vivons.

Ces impacts seront encore plus marqués pour les personnes qui vivent et travaillent en Suisse sans statut de séjour légal ou dont le statut de séjour n'est pas clairement déterminé - autrement dit les « Sans-papiers ». Déjà, la majorité d'entre-elles se retrouve aujourd'hui sans travail, vivant généralement en surnombre dans des logements précaires où l'isolement est tout simplement impossible mettant ainsi en danger leur santé et sans couverture d'assurance-maladie ou les moyens financiers pour se permettre de se soigner.

Pour la vaste majorité de ces personnes en situation de vulnérabilité ou de précarité, les coûts de l'assurance-maladie sont prohibitifs et même les participations aux coûts à leur charge dépassent largement leurs capacités financières.

La crise ne va qu'amplifier cette réalité et risque de pousser ces personnes encore plus à renoncer aux soins et notamment en cas de problèmes de santé dus à une éventuelle infection au coronavirus.

Une telle éventualité serait désastreuse, comme le disait Daniel Koch au point de presse du 19 mars dernier, « il existe en Suisse beaucoup de personnes qui ne sont pas déclarés [...] et ce sont des personnes particulièrement vulnérables et nous nous faisons du souci de comment nous allons les atteindre ».

Nous sommes rassurés de savoir que les autorités fédérales sont conscientes des difficultés et des obstacles que ces personnes rencontrent dans l'accès aux soins. Néanmoins, nous pensons que des mesures supplémentaires doivent être prises afin d'éviter que ces personnes ne soient contraintes de renoncer aux soins nécessaires et urgents.

Au vu de ce qui précède nous appelons au Conseil fédéral de mettre en œuvre les mesures nécessaires afin d'atteindre les objectifs suivants :

Réduction des primes de l'assurance-maladie :

  • Les demandes de réduction des primes doivent pouvoir être déposés par les personnes assurées dans le besoin tout le long de l'année 2020 et doivent avoir un effet rétroactif au début de l'année.
  • Le montant de la réduction des primes octroyé par le canton doit permettre d'éviter que le montant des primes restant à charge du ménage ne dépasse un pourcentage fixe de son revenu net actuel (au maximum 8% comme c'était initialement prévu lors de l'élaboration de la LAMal[2]).
  • Les personnes sans revenus ou dont montant du revenu se situe en-deçà d'un barème fixe (par exemple le minimum social CSIAS) reçoivent une réduction couvrant entièrement la prime annuelle.
  • Les cantons doivent accorder la réduction des primes à toutes les personnes assurées quel que soit leur statut de séjour comme le prévoit déjà la LAMal.
  • Afin de garantir que les personnes sans statut de séjour légal ou dont le statut de séjour n'est pas clairement déterminé aient la confiance nécessaire pour s'adresser aux autorités, nous demandons au Conseil fédéral de veiller à ce que les autorités cantonales compétentes pour l'octroi des réductions des primes ne puissent communiquer les données des personnes concernées aux autorités de poursuite pénale, de police, ou du contrôle des habitants et de police des étrangers.

Participation aux coûts :

  • La suspension de l'obligation pour les personnes assurées de participer aux coûts des prestations (franchises et quote-part) pour la durée d'application des mesures du Conseil fédéral de lutte contre le COVID-19.
  • Lorsque les mesures sont finalement levées, prévoir pour les personnes dont le revenu est au-dessous d'un montant fixé par le Conseil fédéral et n'ayant pas pu bénéficier de l'aide sociale une remise de dette pour les montants des participations suspendues.

Non-paiement des primes et des participations aux coûts :

  • Suspension de l'article 64a LAMal et de l'article 105m OAMal pour la durée d'application des mesures du Conseil fédéral de lutte contre le COVID-19.

Affiliation à l'assurance-maladie :

  • Rappel aux assureurs maladie de leur obligation d'affilier toutes les personnes soumises à l'obligation au sens de l'art. 3 ss LAMal, en soulignant que l'obligation d'affiliation n'est pas conditionnée à la titularité d'une autorisation de séjour ou à l'obligation de s'annoncer auprès des autorités de police des étrangers.
  • Renforcer et augmenter les sanctions pour entrave à l'obligation de s'assurer de l'article 54, al. 3 LSAMal de manière à ce qu'elles aient un véritable effet dissuasif. Par exemple en étendant la responsabilité pénale aux instances dirigeantes des assureurs maladie ou en soumettant le non-respect de ces mesures par les caisses maladies aux sanctions pénales de l'article 10f de l'Ordonnance 2 COVID-19.

Les coûts qu'occasionneront ces mesures pourront être mis à la charge des fonds débloqués par la Confédération pour compenser les effets économiques de la lutte contre le COVID-19.

En vous remerciant de bien vouloir prendre en considération nos remarques et requêtes, nous vous prions de croire, Monsieur le Conseiller fédéral, a? l'assurance de notre plus haute considération.

Mathieu Rougemont
Vice-président

Martine Baudin
Membre du Comité

David Perrot
Directeur


[1] 2016 Commonwealth Fund International Health Policy Survey of Adults. (2016). Commonwealth Fund. https://international.commonwealthfund.org/data/2016/; Osborn, R., Squires, D., Doty, M. M., Sarnak, D. O., & Schneider, E. C. (2016). In New Survey Of Eleven Countries, US Adults Still Struggle With Access To And Affordability Of Health Care. Health Affairs, 35(12), 2327?2336; Wolff, H., Gaspoz, J., & Guessous, I. (2011). Health care renunciation for economic reasons in Switzerland. Swiss Medical Weekly.

[2] Message et projet de loi du 6 novembre 1991 concernant la révision de l'assurance-maladie (FF 1992 I 77), p 206.

26 mars 2020

COVID-19 : Le Groupe sida Genève s'adapte

Suite à l'évolution de l'épidémie de coronavirus, nous vous prions de trouver ci-dessous l'ensemble des mesures mises en place par le Groupe sida Genève:

• Ne restez pas seul-e-x, contactez-nous! Le Groupe sida Genève a mis en place une hotline pour ses membres et pour toute personne concernée par le VIH ou les IST. Ecoute, anxiété, soutien moral, urgences sociales, ruptures de traitement, questions médicales ou juridiques, appelez-nous au 022 700 13 61.

Les locaux du Groupe sida Genève sont fermés.

Les entretiens individuels de visu (consultations médicales, sociales ou juridiques) ne sont autorisés que si la situation est urgente. Pour des consultations par téléphone contactez-nous sur la hotline au 022 700 13 61.

• Les activités de groupe sont supprimées jusqu'à nouvel avis. Sont concernés : repas communautaires, groupes de parole, ateliers communautaires. Le coaching sportif vous est proposé en ligne, pour vous inscrire veuillez appeler notre hotline au 022 700 13 61.

En tant qu'acteur de la lutte contre le sida, le Groupe sida Genève rappelle que s'il y a un enseignement que nous devons tirer de l'épidémie VIH, c'est que la stigmatisation, l'isolement social, l'exclusion tuent. Nous nous devons donc de rester solidaires les un-e-x-s avec les autres tout en respectant les mesures de protection individuelle et populationnelle afin de ralentir l'épidémie.

24 mars 2020

Une nouvelle hotline du Groupe sida Genève à l'écoute de ses membres et de toute personne concernée par le VIH et les IST

Vignette de LOGO - GSG Coalition Plus.jpg

Une Hotline a été mise en place par le Groupe sida Genève pour répondre à ses membres et à toutes personnes concernées par le VIH ou les IST. Ecoute, anxiété, soutien moral, urgences sociales, ruptures de traitement, questions médicales ou juridiques au 022 / 700 13 61

La hotline du Groupe sida Genève est ouverte le lundi, mardi, mercredi et jeudi de 09h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00

La hotline est fermée du vendredi, samedi et dimanche.

Pour les infos sur le coronavirus, nous vus invitons à contacter la ligne d'information genevoise sur le COVID 19 au 0800 909 400 (numéro gratuit) tous les jours (y compris le week-end) de 9h00 à 21h00.

Un questionnaire mis en place par les HUG permet d'évaluer les risques d'être infectés par le coronavirus et la nécessité de faire un test : https://www.hug-ge.ch/site/coronacheck.

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