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“Le sida se transmet par le sperme et par le sang. La prévention se transmet par la bouche, les yeux et les oreilles. La solidarité se transmet par le coeur.” Philippe Geluck, Le tour du chat en 365 jours

15 janvier 2009 

Sénégal : des gays, militants de la lutte contre le sida, condamnés

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Source : séronet.info, extraits du billet de JFL-Seronet
Crédit photo : Serigne Diagne

Condamnés à 8 ans de prison pour "homosexualité" le 6 janvier, neuf Sénégalais, dont certains sont des militants de la lutte contre le sida dans leur pays, ont décidé de faire appel du jugement. Cette condamnation, la plus lourde peine jamais infligée au Sénégal contre des homosexuels, mobilise les associations des droits de l'Homme et de lutte contre le sida. Retour sur cette affaire.

Ce n'est pas la première fois que les autorités sénégalaises (policières comme judiciaires) ont un comportement homophobe. L'homosexualité est officiellement interdite au Sénégal où elle est passible d'une peine d'un à cinq ans d'emprisonnement. En février 2008, police et justice avaient déjà montré l'étendue de leur haine des gays dans une affaire du même genre. Une homophobie, soit dit en passant, qui n'émeut guère le gouvernement, pas plus que le président Wade. Cette fois-ci, l'affaire commence à faire du bruit. Sans doute parce qu'elle intervient quelques semaines après la tenue, à Dakar, de la conférence Icasa (Conférence internationale sur le sida) où a été défendu, notamment par les autorités sénégalaises, le principe d'une défense des droits des minorités sexuelles en Afrique comme pièce indispensable d'une politique de santé publique et de lutte contre le sida qui marche. Sans doute aussi parce que cette nouvelle affaire est peut-être celle de trop. Sans doute enfin parce que la condamnation infligée à ces neufs Sénégalais et militants est la plus lourde infligée par la justice sénégalaise dans ce type d'affaires : 8 ans de prison ferme pour "conduite indécente, actes contre nature et association de malfaiteurs". Ils pourraient, en outre, payer chacun une forte amende.

AIDES, association de lutte contre le sida en France, dénonce l'hypocrisie des autorités sénégalaises qui, d'un côté, accueillent la Conférence Internationale sur le Sida et les Infections Sexuellement Transmissibles (ICASA) et acceptent des financements pour des programmes de prévention du VIH auprès des hommes ayant des relations sexuelles entre eux et de l'autre maintiennent dans le code pénal un article contraire aux obligations du Sénégal en matière de droit international." "Le plus inquiétant, c'est que tout porte à croire aujourd'hui que l'Etat essaye de contenter les courants homophobes (... ). On est en train de régresser en matière de respect des droits humains. Si on tolère cette situation, on peut s'attendre au pire", explique Cheikh Ibrahima Niang, professeur d'anthropologie sociale à l'Université de Dakar, à l'AFP. AIDES lance une pétition demandant la libération immédiate des neuf condamnés, la protection des acteurs de lutte contre le sida au Sénégal, et la suppression de l'article 319:3 du code pénal sénégalais. On peut signer cette pétition sur le site de AIDES.

En savoir + sur cette affaire : séronet.info


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