25 mars 2009
La conférence internationale de l'ONU sur les stupéfiants vient de s'achever à Vienne. Des experts provenant de plus de 100 pays se sont mis d'accord sur une nouvelle résolution (la dernière datant d'il y a plus de dix ans) qui met la santé au cœur d'une politique internationale de la drogue.
Tout comme lors des récentes prises de position du Pape Benoît XVI sur les influences contreproductives du port du préservatif, le Vatican était de la partie et ses déclarations ont porté à conséquence.
L'Europe et quelques autres pays (l'Australie, la Nouvelle Zélande et d'Amérique Latine) s'étaient en effet mis d'accord afin d'inscrire le principe de la réduction des risques dans la résolution. La plupart des études montrent en effet que l'échange de seringues et d'aiguilles a contribué de manière significative à la réduction de la transmission du VIH parmi les personnes toxicomanes. Ces approches globales se répandent dans de nombreux pays (Suisse, Espagne, Brésil, etc.) et plusieurs pays en voie de développement sont par ailleurs de plus en plus intéressés (notamment la Chine ou le Bangladesh).
Le Vatican très peu satisfait de la position européenne a donc décidé de réagir quelques jours avant la tenue de la conférence et a déclaré par le biais d'un communiqué de presse, son opposition morale à l'usage de drogues, même dans un but préventif et encadré. L'Italie déjà hésitante, a alors décidé de ne plus soutenir le consensus européen.
La position du Saint-Siège a alors inquiété de nombreux pays qui craignaient l'influence de ces propos sur le texte final. Tout comme dans les récentes déclarations de Benoît XVI en Angola, le Vatican tient un discours risqué et dangereux qui peut susciter le doute auprès des citoyens où ces politiques marchent ou sont en train d'être implantées.
Même si certains pays ont été particulièrement déçus sur la résolution qui ne prend pas assez en compte la question de la réduction des risques, le texte finalement adopté revient sur la précédente vision de 1998, "a drug-free world - we can do it" (« Un monde sans drogues - Nous pouvons le faire ! ») et met ainsi l'accent sur les questions de santé. N'en déplaise au plus petit état du Monde, la déclaration politique propose par exemple une trentaine de solutions dans six domaines, et notamment les thérapies de substitution ou les programmes de fourniture de seringues pour limiter les infections de type HIV.

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