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Fil Rouge

24 août 2009 

Didier Bonny, président du Groupe sida Genève, répond aux questions de Fil Rouge

Didier Bonny, président du Groupe sida Genève

Président du Groupe sida Genève depuis mai 2008, Didier Bonny est directeur d'un établissement scolaire et occupe la charge de député au parlement cantonal du canton de Genève. Il répond aux questions de Fil rouge, évoque les perspectives et ses intérêts dans la lutte contre le sida.



Fil rouge: Tu es président du Groupe sida Genève depuis plus d'une année. Quel bilan tires-tu des actions de l'association?

Didier Bonny: "Le Groupe sida Genève évalue systématiquement ses actions pour les faire coller à la réalité qui évolue de jour en jour et ainsi réussir à faire de la prévention dans les populations les plus touchées".

Fil rouge: Tu es président du Groupe sida Genève, mais tu es aussi député au Grand Conseil depuis 2007. Crois-tu que la lutte contre le sida est toujours un combat politique?

Didier Bonny: "C'est toujours une préoccupation des politiciens. On en parle certes moins, mais il existe de nombreux éléments qui nous rappellent que que le sida est loin d'être éradiqué en Suisse de même qu'au niveau international".

Fil rouge: Quelle est ton opinion sur les différents procès qui ont lieu en Suisse, impliquant des personnes séropositives poursuivies pour des rapports occasionnels non protégés?

Didier Bonny: "Il faut différencier les procès où il n'y a pas de transmission et où il ne devrait donc pas y avoir non plus de pénalisation et ceux où il y a contamination. Dans ces derniers, c'est plus compliqué car il n'y a, selon moi, pas un seul responsable. Il est également difficile d'évaluer l'intention réelle de la personne séropositive (connaissance ou non de son statut sérologique, etc)".

Fil rouge: Tu es membre du comité d'honneur des premières Assises contre l'homophobie à Genève. Est-ce que pour toi la lutte contre le sida doit passer par une lutte contre les discriminations?

Didier Bonny: "Oui sans aucun doute. Moins les gens sont discriminés, moins ils ont envie de prendre des risques. Lutter contre les discriminations permet d'améliorer la santé au sens large (santé mentale notamment). On pourrait imaginer que cela pourrait avoir un effet positif sur le nombre de contaminations au VIH".

Fil rouge: Les auto-tests (ou tests de dépistage du VIH à faire soi-même à la maison) sont disponibles et en vente libre aux Etats-Unis. Penses-tu que cet usage constituerait une avancée en Suisse et serait complémentaire des dispositifs de dépistage déjà existants?

Didier Bonny: "Tout ce qui permet d'étendre les tests va dans le bon sens. Les personnes ne sont ou ne veulent parfois pas être au courant de leur statut sérologique. Les autotests offrent de nouvelles possibilités. Néanmoins, il faudrait veiller à ce qu'un accompagnement soit prévu, pour que les gens testés positifs puissent accéder facilement à une structure de soutien".

Fil rouge: Est-ce que les associations genevoises de lutte contre le sida se mobilisent suffisamment par rapport aux enjeux de l'épidémie dans les pays en voie de développement et notamment en Afrique?

Didier Bonny: "Ce n'est pas dans leur contrat de prestations et il n'est pas prévu d'utiliser les subventions de la collectivité publique (Etat de Genève) dans ce but. On peut néanmoins considérer que le soutien aux migrants séropositifs opéré par le Groupe sida Genève constitue déjà une petite avancée vis-à-vis du Sud. Mais il faudrait peut-être voir comment notre association pourrait travailler sur ces enjeux importants avec d'autres organisations. C'est une piste à explorer."


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