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Fil Rouge

20 janvier 2010 

"Dépistage en France: retour sur un malentendu" par Nicolas Charpentier

images.jpg Il y a quelques semaines la France, au travers de sa Haute Autorité de Santé (HAS), recommandait une nouvelle stratégie de dépistage en réponse à la persistance d'un retard au dépistage affectant de façon plus particulière certains groupes de population ne se considérant pas comme « à risque », et parce que l'épidémie d'infection par le VIH continue d'atteindre plus particulièrement certains groupes de la population et certaines régions. Un mal entendu s'est installé quand il a été question d'un dépistage généralisé. De là ont commencé à circuler les pires images comme celle d'un dépistage obligatoire! Et puis plus rien nous sommes passés à autre chose, normal, c'est toujours comme ça. Sauf que dans ce cas là, nous sommes passés à côté d'une vraie info. Fil Rouge vous propose un retour le communiqué de la HAS et un commentaire.

Ces recommandations se sont organisées autour de deux axes. « L'un répond à l'objectif d'améliorer la détection précoce de l'infection par le VIH et de réduire le retard au dépistage. Il consiste en la proposition du test de dépistage de l'infection par le VIH à l'ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans, hors notion d'exposition à un risque de contamination ou caractéristique particulière. Elle repose sur la mobilisation active des médecins généralistes et autres acteurs de santé. Les résultats et l'impact de cette stratégie sur la diminution du retard au dépistage devront faire l'objet d'une évaluation après une première période de 5 ans. Cette recommandation vise également à modifier le regard porté sur le dépistage de l'infection par le VIH et à promouvoir l'idée que l'amélioration de la connaissance du statut sérologique vis-à-vis du VIH de la population peut être à l'origine de bénéfices importants au niveau individuel comme à l'échelle collective. L'autre tient compte de l'hétérogénéité de l'épidémie d'infection par le VIH en France et de la persistance de groupes de population plus particulièrement affectés. Il consiste en la proposition ciblée et régulière du test de dépistage de l'infection par le VIH pour certaines populations (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), personnes hétérosexuelles ayant eu plus d'un partenaire sexuel au cours des derniers 12 mois, usagers de drogues injectables (UDI), personnes originaires d'une zone de haute prévalence, personnes en situation de prostitution, personnes dont les partenaires sexuels sont porteurs du VIH) et dans certaines circonstances... »

Donc point de dépistage obligatoire, rien de menaçant pour la liberté de se faire dépister volontairement et anonymement!

Et en quoi cela nous concerne? A Genève, en 2008, On observe que l'augmentation des infections chez les plus de 40 ans semble se poursuivre. En effet, 38,5% des diagnostics positifs établis en 2009 concernent des personnes de 40 ans et plus (contre 35% en 2008 et 25% en 2007)

Alors cette idée, notamment d'opérer au rattrapage du dépistage sur une classe d'âge par exemple, est loin d'être à jeter. Les femmes sont sensibilisées au test lors d'une grossesse. Pourquoi les médecins généralistes ne proposeraient-ils pas systématiquement aux hommes entre 30 et 50 ans de réaliser ce test à l'occasion d'un rendez-vous médical?

Nicolas Charpentier


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