contenu | table des matières | déclaration d'accessibilité

Fil Rouge

14 janvier 2010 

Pour y voir plus clair : L'hépatite B

hépathite B.JPG

Qu'est-ce que l'hépatite B ?
Il s'agit d'une maladie causée par la présence d'un virus dans le foie. Le virus de l'hépatite B, aussi appelé VHB, est un virus particulier qui parvient à se multiplier en entrant dans les cellules hépatiques. En réalité le VHB n'attaque pas vraiment les cellules du foie et celles-ci peuvent continuer à vivre même infectées par ce virus. Mais notre système immunitaire, chargé de nous défendre contre les microbes, va reconnaître les cellules du foie infectées et les détruire pour s'en débarrasser.


Il y a donc trois possibilités :
• Soit le système immunitaire arrive rapidement à détruire les cellules infectées, et l'on guérit (c'est ce qui arrive dans 90 % des cas chez l'adulte non séropositif pour le VIH).
• Soit le système immunitaire n'arrive pas complètement à se débarrasser du virus. Il y a donc en permanence des cellules infectées détruites, et d'autres qui se régénèrent... mais qui vont être contaminées et détruites à leur tour. C'est ce que l'on appelle l'hépatite B chronique. Elle concerne environ 10 % des adultes contaminés par le VHB.
• Enfin, troisième possibilité, heureusement rare : toutes les cellules du foie sont contaminées et le système immunitaire s'emballe. Résultat : le système immunitaire, croyant "bien faire", détruit la totalité du foie contaminé en quelques jours, parfois quelques heures. C'est ce que l'on appelle l'hépatite fulminante. C'est rare,mais gravissime, avec un décès rapide si l'on ne greffe pas la personne en urgence avec un nouveau foie.

Comment attrape-t-on le VHB ?
Le virus de l'hépatite B se transmet très facilement lors des rapports sexuels. Tout contact sexuel (sexe, anus, bouche) peut être à l'origine d'une contamination. Le baiser profond avec échange de salive pourrait aussi transmettre le virus. Bien sûr, l'échange de sang, notamment lors de pratiques liées à l'usage de drogues par injection ou du partage de certains objets comme les rasoirs, les brosses à dents, les pailles de snif, les instruments de piercing, est à haut risque.

Comment évolue la maladie ?
Il y a peu de symptômes au moment même de la contamination. Comme il n'y a pas de cellules nerveuses dans le foie, ça ne fait pas mal ! On a parfois une jaunisse, des plaques rouges qui grattent sur la peau, un état de profonde fatigue et un bilan du foie (mesuré par prise de sang) altéré. Dans 90 % des cas, on en guérit spontanément dans les semaines qui suivent la contamination, souvent sans même avoir remarqué que l'on a été malade ! Mais dans 10 % des cas, l'organisme n'arrive pas à éliminer complètement le virus. C'est ce que l'on appelle l'hépatite chronique.

Quand doit-on prendre un traitement anti-VHB ?
Contrairement à l'hépatite C (où l'on a aujourd'hui de grandes chances de pouvoir guérir définitivement les personnes contaminées), les chances d'une réelle guérison d'une hépatite chronique sont ici très faibles. Le traitement du VHB vise surtout à contrôler la multiplication du virus : si le virus ne se multiplie plus, il ne va plus contaminer d'autres cellules hépatiques, et on va donc stopper la destruction chronique du foie par notre système immunitaire. Concrètement, cela signifie qu'un traitement ne se justifie que si la multiplication du virus de l'hépatite B est importante (charge virale VHB supérieure à 100 000 copies/ml) et qu'il faut la contrôler. Si la charge virale est faible, un traitement n'est pas nécessaire. Enfin, et cela peut paraître paradoxal, si la charge virale est extrêmement forte, on ne traitera pas non plus ! En effet, dans ce cas, cela signifie souvent que le système immunitaire ne cherche même pas à se défendre contre le virus (qui se multiplie "à fond les ballons... en toute impunité !"). Or, le problème dans l'hépatite B, ce n'est pas directement le virus,mais le système de défense qui va chercher à détruire les cellules du foie contaminées. Donc si le système de défense est peu actif, il ne va pas détruire le foie et le traitement n'est pas nécessaire. D'autant plus que la quantité de virus à contrôler étant phénoménale, il risque fort de ne pas être très efficace ! (voir schéma 3) (Attention : la charge virale est souvent rendue par les laboratoires en Unités Internationales (UI) : 1 UI/ml + 5 copies/ml).

Et si l'on est séropositif pour le VIH ?
Aujourd'hui, en France, environ 10 % des personnes touchées par le VIH sont co-infectées par le VHB. La co-infection modifie beaucoup l'évolution de la maladie et la prise en charge. Tout d'abord, il faut être encore plus vigilant : l'infection par le VIH accélère l'évolution de l'hépatite B vers la fibrose, la cirrhose puis le cancer du foie. On considère donc qu'à partir d'une charge virale VHB supérieure à 10 000 copies/ml, il faudrait être traité. De même, on traitera le VIH dès 500 T4/mm3 (et l'on n'attendra pas le seuil de 350 T4 dont on parle habituellement). Mais surtout, il faut savoir que de nombreux médicaments contre l'hépatite B ont une action contre le VIH. Et si l'on donne un de ces médicaments "tout seul" (c'est-à-dire en monothérapie, comme on le fait pour traiter une hépatite B isolée), on risque de créer des résistances au VIH. Concrètement, si l'on doit traiter le VHB, il faudra systématiquement traiter le VIH (même si la personne a beaucoup de T4). Et à l'inverse, si l'on doit traiter le VIH, on s'arrangera pour utiliser des médicaments qui marchent en même temps sur le VHB (même si le VHB ne se multiplie pas beaucoup). Enfin, de façon générale, il faut éviter les interruptions brusques du traitement anti-VIH sans concertation avec son médecin car on s'expose alors à une très forte remontée du VHB.

Quels traitements ?
Il existe deux grandes familles de traitement pour le VHB :
• L'interféron alpha qui a une action anti-virale dite non-spécifique (car cela marche sur de nombreux virus, dont le VHC, voir Remaides N°72).
• Les nucléosides qui agissent spécifiquement en bloquant le VHB (et le VIH). L'interféron alpha n'est pas systématiquement utilisé. Il est prescrit seul pendant une durée de 48 semaines, mais la réponse peut être évaluée après 12 à 24 semaines. Si la charge virale baisse, on poursuivra jusqu'à 48 semaines. L'interféron alpha est efficace dans 20 à 30 % des cas. Dans ces cas, deux personnes sur trois guérissent complètement (résultats obtenus en analysant ces personnes 5 ans après la fin du traitement). En revanche, si la charge virale ne bouge pas sous interféron alpha, inutile de continuer, on passera à la famille des nucléosides utilisée sans interféron alpha. On pourra utiliser un nucléoside seul.Aujourd'hui, le ténofovir (Viread), l'entecavir(Baraclude) ou la telbivudine (Tyseka) sont privilégiés en premier traitement. Mais si l'on est co-infecté par le VIH, il faudra directement utiliser une trithérapie anti-VIH qui couvrira aussi l'hépatite B (c'est-à-dire comprenant habituellement Viread ou Truvada). La guérison est hélas très exceptionnelle en cas d'hépatite B chronique chez une personnes séropositive, et l'interféron alpha n'est, en général, pas utilisé. Une étude est en cours en France sur ce sujet.

Lire la suite


Ajouter un commentaire

TrackBacks (0)

Liste des articles qui référence la note: Pour y voir plus clair : L'hépatite B.

TrackBack URL pour cette note: /cgi-bin/mt/mt-tb.cgi/284.



© 2008-2017 Groupe sida Genève | v1.0 | Flux RSS | Impressum