13 février 2010
L'hiver sera moins froid réfugié-e-s dans les salles de cinéma du 12 au 21 février 2010!
Allant résolument à contre-courant des cinémas uniformisés, novateur et décomplexé, Black Movie propose durant 10 jours chaque année une programmation des talents émergents et cinéastes confirmés d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine.
Le festival genevois revient avec une cuvée cinématographique riche et éclectique... Voici un aperçu un peu plus approfondi de trois des neufs sections proposées.
Black Movie explore nos complexités contemporaines en s'ouvrant cette année de manière non exclusive aux identités queer, et se fait le témoin d'histoires, de sexualités et d'identités éminemment plurielles. Les films de la section «Mauvais Genre » travaillent au corps les corps, questionnent nos rapports à nos propres genres, visibilisent ces amours qui viennent déranger bien heureusement nos certitudes et nos attentes!
Atmosphères sauvages, amours tumul-tueuses sud américaines (A Festa Da Menina Morta, Vil Romance) croisent de manière poignante des thématiques parfois plus invisibles au cinéma. Le spectre de la différence liée à l'intersexualité traverse le premier long métrage de l'argentine Julia Solomonoff (El Ultimo Verano de La Boyita). Plus politiques, quelques témoignages très hétérogènes de transmen afro-américains (Still Black, a portrait of blacktransmen de Kortney Ryan Ziegler) répondent au somptueux classique des années 80, Looking for Langston (Isaac Julien). Aztlan, film coup de poing de la chilienne Carolina Astudillo, tout neuf et inédit en Europe, soulève les enjeux de la transidentité de manière radicale.
Les Liaisons Dangereuses recèlent de nombreux films troublants des trois continents, fictions vénéneuses et charnelles dédiées aux rencontres passionnelles de tout type. Loin des bluettes pour enfants de chœur, ces récits de l'alchimie du désir se conjuguent en liaisons fatales, et guettent les hommes et femmes qui se perdent. Des récits de l'amour impossible décliné à toutes les sauces : un homme de foi devenu vampire, devant lutter contre son propre désir et contre les exactions de la femme dont il tombe amoureux (Thirst, de Park Chan-Wook); Une forêt qui happe un couple en déliquescence ( Nymph, de Pen-Ek Ratanaruang) ; Un père protégeant au-delà de tout sa fille atteinte d'une maladie qui la rend dangereuse pour son entourage (Yanggaw, Affliction, de Richard Somes) ; l'engrenage de la violence qui s'empare du quotidien d'un homme et le mène au cœur de la barbarie (Kinatay, de Brillante Mendoza), l'impossible qui brise un couple jusqu'au meurtre (At the End of Daybreak)... cultivées par des réalisateurs talentueux, ces fleurs de passion destructrice ont un parfum de poison pour leurs protagonistes.
La Nada y la Rabia. Ce qui ne tue pas rend plus fort ! Enragés et pleins de vie ou désespérés par la conscience du néant, les protagonistes latino-américains de ce programme cherchent tous les moyens pour résister à la réalité qui les entoure. Derniers survivants d'un monde pollué, appauvri et égoïste, ces âmes pures livrent des combats où le cinéma est largement gagnant.
Sinophiles cinéphiles pourront également profiter d'une grande sélection de documentaires indépendants chinois et d'une subversive nouvelle vague de cinéma indonésien.
Revenants et catcheurs affrontent monstres et femmes vampires dans une sélection de films de genre mexicains des années 60...
Trois tables rondes thématiques et un grand choix de festivités, du régal pour les sens...et les zygomatiques !
Retrouvez la totalité de la programmation sur www.blackmovie.ch...




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