28 juillet 2010
Mathilde* est séropositive et usagère du Groupe sida Genève. Par l'intermédiaire de l'association et de sa section de soutien psychosocial ("Vivre Avec"), elle a reçu un soutien financier qui lui a permis de venir assister à la Conférence mondiale sur le sida à Vienne. Nous revenons sur ce moment unique pour elle.
Fil Rouge: Pourquoi as-tu souhaité venir à Vienne? Quelle était ta motivation?
Mathilde: J'ai demandé à venir à cette conférence mondiale afin de mieux connaître l'envers du décor de la lutte contre le sida. On s'occupe de nous, les personnes séropositives, mais on ne voit jamais le travail de fond qu'il y a derrière. Par ailleurs, c'était une bonne occasion de côtoyer plein de personnes qui viennent pour une même cause. Discuter avec les gens est également un élément important pour moi: je n'ai en effet pas beaucoup l'occasion d'aborder le sujet du VIH avec mes proches. Ça a été possible de le faire à Vienne, aussi bien avec des experts de la maladie que des gens du métier.
J'ai par exemple eu l'occasion hier de discuter avec M. Bernard Hirschel de la virémie indétectable. On prend des médicaments aujourd'hui et on sait que c'est une sécurité vis-à-vis de son entourage (note: sous traitement et avec une virémie indétectable depuis 6 mois, les personnes séropositives ne peuvent pas transmettre la maladie). C'était devenu un poids pour moi. On peut maintenant vivre normalement, sans être obligé d'en parler à tout va.
Plus généralement, j'ai également souhaité venir ici pour approfondir mes connaissances personnelles sur le VIH et creuser certains sujets.
Fil Rouge: Comment as-tu trouvé l'ambiance de la conférence?
Mathilde: C'est ma première conférence. Les gens sont prêts à parler et à écouter. La conférence est également épuisante car les sessions commencent tôt le matin et peuvent finir très tard. Par ailleurs, rien n'est traduit en Français, ce qui rend la compréhension parfois difficile.
Il y a néanmoins des éléments très intéressants. Les sessions sont ce que j'ai préféré. Le contact facile avec les gens m'a également particulièrement plu. Des gens qu'on arrive difficilement à aborder d'habitude, donnaient ici facilement leur carte de visite, discutaient avec nous.
Que vas-tu retenir de cette conférence?
Mathilde: Il y a eu tellement de choses positives! La confiance en moi-même. Au niveau de la prévention, j'ai appris beaucoup. J'ai été très intéressée par les sessions consacrées aux adolescents et aux enfants touchés par la maladie. Par ailleurs, le fait de rencontrer les mêmes problématiques auxquelles je suis confrontée quotidiennement, relativise beaucoup de choses.
*Mathilde est un prénom d'emprunt.

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