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4 octobre 2010 

Les lois anti-VIH n'ont pas d'impact sur les attitudes et les prises de risques.

tribunalSelon une recherche effectuée aux États-Unis, l'existence au niveau des Etats de lois sanctionnant les relations sexuelles non-protégées sans information sur le statut sérologique ne modifie pas les attitudes ou les comportements des hommes ayant des relations avec d'autres hommes (HSH).

Pour déterminer l'efficacité des lois anti-vih, les chercheurs se sont adressés à 1725 participants répartis non seulement dans tous les Etats s'étant dotés de législation spécifiques mais également tous les autres. Le questionnaire demandait, entre autres, si les participants approuvaient la pénalisation des relations non-protégées sans information sur le statut, le statut sérologique, le niveau d'hostilité envers l'homosexualité et sans savoir également combien de relations anales non-protégées les participants avaient eu dans les trois mois qui précédaient.

65% des participants ont répondu qu'ils approuvaient la criminalisation des rapports non-protégés où le partenaire séropositif n'aurait pas informé alors que seuls 23% y étaient opposés, le reste étant indécis. En règle générale, les participants séronégatifs ou ceux qui ne connaissaient pas leurs statuts étaient plus enclins à approuver la criminalisation que les participants séropositifs. Un autre facteur était l'hostilité à l'encontre de l'homosexualité: plus celle-ci était grande plus le participant à l'enquête était enclin à approuver la criminalisation.

Au final les chercheurs constatent que l'attitude ne varie pas selon que les participants habitent dans un état pénalisant les relations non-protégées ou non. Ils constatent aussi que l'existence de ces législations n'avait pas d'incidence sur les prises de risque des participants. La conclusion que les chercheurs en tirent, est que les lois pénalisant les relations non-protégées n'ont pas d'effet préventif et que les moyens mis en oeuvre pour appliquer ces lois seraient plus efficacement alloués ailleurs.

Il est surprenant qu'une communauté aussi touchée par le VIH soit aussi clairement en faveur de lois pénalisant la transmission du VIH, mais les résultats pourraient refléter un effet pervers de la pénalisation. Les séronégatifs auraient de plus en plus tendance à adopter une stratégie de réduction des risques qui se base sur le devoir d'informer incombant au partenaire séropositif. Dès lors ils seront plus favorables à une pénalisation de la violation de ce devoir, pensant par là même être mieux protégés. Les séropositifs, eux, sont plus souvent opposés à une pénalisation qui leur font porter toute la responsabilité d'une éventuelle infection.

Horvath, K. J., Weinmeyer, R. & Rosser, S. (2010). Should it be illegal for HIV-positive persons to have unprotected sex without disclosure? An examination of attitudes among US men who have sex with men and the impact of state law. AIDS Care: Psychological and Socio-medical Aspects of AIDS/HIV, 22(10), 1221-1228.

Plus d'informations: http://www.informaworld.com/smpp/content~db=all~content=a924398776~frm=abslink


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