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3 mars 2011 

La 18ème Conférence de la CROI s'est terminée hier

inside-logo_2011.gif La 18ème Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) s'est tenu du 27 février au 2 mars 2011 à Boston, Etats Unis.

Plus de 4000 chercheurs, cliniciens et spécialistes du monde entier étaient présents pour discuter et échanger sur les avancées scientifiques et les traitements du VIH/SIDA.

Le Pr Gilles Piadoux était en direct de la CROI 2011 pour la Lettre de l'infectiologue et revient sur quelques posters présentés à la conférence.

A J4, la CROI, 18 ème du nom, se termine. Tout le monde vieillit c'est un fait et la CROI permet de le vérifier. Les personnes atteintes comme les VIHologues (sauf Paul Volberding, qui a présenté un très joli film sur la préhistoire du sida à San Francisco en session de cloture). C'est un peu «Aging CROI » cette année. Avec la Prep en sautoir et l'inflammation chronique, avec ou sans ARV, en destin inexorable qu'il va bien falloir un jour traduire en stratégies thérapeutiques combinées. La CROI ritualisée, des rendez-vous tôt ou tard qu'on ne fait pas en France aux sessions cliniques écourtées par l'ennui parfois. Le tout avec moult « Hi ! » le jour et « chardonnay » le soir. Cette année, la note glissée avec une rare force propulsive nocturne par le concierge n'est rentrée que de 50 cm dans ma chambre. Tout le monde vieillit...

La CROI à l'heure des bilans aussi. Si à la page 1 du « subject index » l'item « ANRS» semble dépasser celui des « ACTG » force est de constater que peu de français rentrent la tête haute d'avoir oralement communiqué : Laurence Gérard, Antoine Jacquet, Jeanne Sibiude, Roland Tubiana et Patrick Yéni. Ce dernier ayant produit une rare et efficace mise en perspectives des nouvelles pistes anti-rétrovirales (voir l'ejournal d'hier). Cinq c'est exactement le nombre de patients européens inclus dans l'étude 110 de trithérapie anti VHC avec Télaprevir et partiellement présenté par Mark Sulkowski en late-breaker (#146LB).

Mais pour ne pas terminer sur des questions dont certaines resteront sans réponses, rapide revue de quelques posters qui résument la tendance. Forcément partielle et partiale.

P#808 : Qui n'a pas vu ce poster n'était pas à la CROI ! Incontournable, par son thème, récurrent depuis une certaine CROI 2008 à Boston, avec déjà les données de la cohorte DAD, en poster, et aussi pour son titre : « No association of myocardial infarction with abacavir use : findings of an FDA meta-analysis ».Titre que n'aurait même pas osé un market director. Là c'est la FDA.Cette méta-analyse a concerné 26 études, 5028 patients avec abacavir et 4840 sans, pour un suivi global de 719 personnes-années (42,2-1257,3). Les taux d'infarctus du myocarde (MI) est faible 0,45 % (24 et 22 patients) et sans différence significative avec ou sans abacavir. Il y aura certainement discussion sur la puissance de l'étude. Il n'empêche la CROI 2011 contredit bien la CROI 2008 sur ce point et clôt d'une certaine façon le débat.

P#1022 : « Success of Test and Treat in San Francisco ? Reduced time to virologic suprresion, decreased community viral load, and fewer new HIV infections, 2004 to 2009". D'aucuns noteront l'utilisation prudente du point d'interrogation mais aussi l'avancée indiscutable du concept de charge virale communautaire (CVL). Un poster à mettre en balance avec la spectaculaire carte des quartiers de San Francisco en termes de CVL réalisé par Moupali Das et présenté en plénière lundi («#19) ou les « Homeless » ont les plus hautes charges virales (38,974 copies/mL.) avec Tenderloin et South of Market (quartiers de SF avec UD et sex workers) et où le quartier gay de Castro affiche de meilleurs résultats.

P#320 : « Immunologic failure despite suppressive ART is related to increased inflammation and evidence of microbial translocation ». Où il se confirme que les marqueurs d'activation (ici l'IL6) et de translocation (LPS et CD14 soluble, marqueurs directs ou indirects ) sont plus élevés en cas d'échappement immunologique malgré un contrôle virologique efficace. Toute cela dans le sillage de translocations bactériennes dont on ne voit pas dans cette CROI la parade thérapeutique.

P#398 : « Fatal CD8+ T cell encephalitis : an observational autopsy study of and emerging complication in HIV-1 infected African patients on effective long-term ART". Si ces encéphalites CD8 ont déjà été rapportées par d'autres, notamment à l'IAS de Vienne, ce poster anglais pose la question de l'incidence du phénomène, de ses mécanismes et de la possibilité de facteurs de susceptibilité génétiques.

P#789 : « Changing pattern of causes of death : SHCS, 2005-2009 " Le type même du poster où il faut passer du temps. La cohorte suisse et l'évolution des causes de décès en fonction notamment des CD4, du traitement ARV ou de l'âge. 85 % des décès observés dans cette cohorte ( 459/9053 patients suivis) sont liés a des pathologies non sida dont les cancers non classant (19,1%), les maladies hépatiques hors CHC (15%) , les maladies cardio-vasculaires (6,7%) , la consommation de drogues (7%) et ... le suicide (6,3 %, N=28). Et certaines de ces causes de décès sont indépendantes du chiffre de CD4 à l'image des tumeurs malignes.


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