contenu | table des matières | déclaration d'accessibilité

Fil Rouge

7 avril 2011 

Le Matin: "Un retraité séropositif et diabétique en guerre contre l'Etat"

Henry, qui tient à rester discret, ne comprend pas pourquoi l'Etat ne reconnaît pas son erreur.

Un retraité séropositif et diabétique est en guerre contre l'Etat. Sa rente complémentaire lui aurait été retirée sans raison valable.

Henry* a 76 ans et vit à Genève depuis cinquante ans. Il est séropositif, diabétique et doit aujourd'hui défendre son droit à une rente de vieillesse qui lui a été retirée du jour au lendemain en octobre 2010. Le motif invoqué? Il ne serait pas résident du canton. «Je suis arrivé à Genève à l'âge de 27 ans, j'y vote, je paie mes impôts, j'y ai travaillé 18 ans dans une banque et je fais même partie du club des aînés de mon quartier», lance Henry.

En 2000, il touche l'AVS pour la première fois et, au vu de sa situation financière précaire, l'Etat lui accorde une rente supplémentaire. Etre malade à un âge avancé n'est pas une mince affaire. Henry doit non seulement gérer ses médicaments - 18 pilules par jour pour sa trithérapie et deux injections d'insuline quotidiennes contre le diabète -, mais aussi être capable de régler les affaires courantes: loyer, téléphone, assurance, etc.

Très vite, il se rend compte qu'il n'y arrivera pas, embourbé dans ses factures. Il demande alors à un ami qui habite Zurich de gérer ses finances. «J'étais dans un état lamentable et donc obligé d'avoir recours à un tiers. Et puis, un jour, on m'annonce qu'on me supprime mes rentes sous prétexte que j'ai fait des paiements de médicaments dans une pharmacie zurichoise.» Selon la loi, une personne bénéficiant de mesures complémentaires et séjournant hors du canton durant plus de trois mois voit sa rente suspendue. Le fait est qu'Henry n'a jamais séjourné en Suisse alémanique. Il n'y a passé que dix jours, il y a deux ans, après avoir consulté un dentiste zurichois, et ce avec l'accord du Service des prestations complémentaires genevois. Sur place, il s'est rendu dans une pharmacie pour des médicaments.

Aide du Groupe Sida Genève

C'est en octobre 2010 que l'Etat lui annonce la suppression de ses prestations complémentaires. Il reçoit par la suite une avalanche de lettres dont une lui demandant le remboursement de 36 548 fr., soit le montant total de ses rentes depuis janvier 2009.

Il se tourne vers le Groupe Sida Genève, qui offre un service juridique gratuit aux personnes séropositives. Me Tinguely, l'avocate de l'association, fait directement opposition auprès du service en charge du dossier. Le 4 février dernier, après le rejet de sa demande, Henry et son avocate déposent un recours. Vingt jours plus tard, la Chambre des assurances sociale statue sur la situation et stipule que le recours doit avoir un effet suspensif. Henry devrait donc pouvoir toucher ses rentes durant la procédure. Et pourtant, pas un sou ne tombe et il ne peut plus faire face à ses frais d'assurance-maladie et dépenses courantes.

Le 11 mars, Me Tinguely renvoie une lettre à l'Etat qui reste sans réponse jusqu'à cette semaine. Henry vient d'apprendre qu'il récupérera sa rente dès le mois prochain et ne devra pas rembourser les prestations touchées depuis deux ans.

Ce qui aurait pu être une bonne nouvelle sonne faux. Le service indique en effet qu'à l'avenir il ferait mieux de ne pas quitter le canton. Ce qu'il n'a jamais fait, insiste-t-il.

Henry a donc décidé de ne pas lâcher l'affaire tant que l'Etat ne reconnaîtra pas son erreur. «Vont-ils me dire ce qu'ils me reprochent?» ajoute-t-il

Du côté du département de la solidarité et de l'emploi, on se refuse à commenter cette affaire faisant l'objet d'un recours.

* Prénom d'emprunt


Ajouter un commentaire

TrackBacks (0)

Liste des articles qui référence la note: Le Matin: "Un retraité séropositif et diabétique en guerre contre l'Etat".

TrackBack URL pour cette note: /cgi-bin/mt/mt-tb.cgi/692.



© 2008-2017 Groupe sida Genève | v1.0 | Flux RSS | Impressum