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26 septembre 2011 

Clinique des infections sexuellement transmissibles: un modèle à suivre ?

Article rédigé par Gaelle Devillard, Québec, juin 2011

rimouski_1.jpgA Rimouski, une petite ville le long du fleuve Saint-Laurent dans la province de Québec, deux infirmières spécialisées en prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) couvrent la totalité des consultations de dépistage.

Qu'ils soient adolescents à leurs premières expériences sexuelles, nouvellement divorcés, hétéro-, bi- ou homosexuels, projetant d'avoir des relations sexuelles avec de nouveaux partenaires (unique ou multiples) ou simplement soucieux de leur santé sexuelle, bon nombre de gens viennent faire un tour à la clinique régulièrement.


Déroulement des consultations

rimouski_2.jpgLe dépistage de base comprend un test pour la syphilis, trichomonas, la gonorrhée et chlamydia; des maladies parfois silencieuses mais pouvant avoir de graves conséquences comme la stérilité. Un test VIH est systématiquement proposé. L'infirmière remplit un questionnaire à la recherche de symptômes évoquant d'autres maladies et fait d'éventuels prélèvements supplémentaires. Pour les femmes, un examen gynécologique est effectué. La consultation est également une opportunité de répondre aux questions des patients et de donner des conseils ciblés sur les pratiques sexuelles, au cas par cas.

Si l'infirmière voit des lésions, elle réfère le patient à un médecin spécialiste des infections. Tous les cas, même les patients sans lésion, sont systématiquement supervisés par des médecins expérimentés dans le domaine.

Si le/la patient(e) rapporte des symptômes ou est adepte de pratiques à risque (usage de drogues intraveineuses, rapports anaux, hommes ayant des rapports avec d'autres hommes, etc), des examens plus poussés sont proposés, tels que les hépatites ou l'herpès. Si un résultat est positif, les contacts sont recherchés afin de leur proposer un dépistage. Pour les personnes non immunes contre l'hépatite B, il est possible de se faire vacciner.

Les femmes n'étant pas suivies pour le dépistage du cancer du col (frottis cervico-vaginal), il est possible de l'effectuer à la clinique. Les femmes enceintes sont également suivies à la clinique.

Une politique sociale et préventive concrète

Ces consultations sont non seulement ouvertes à tout le monde... Mais elles sont également gratuites, remboursées par un système de caisse unique (financée par l'Etat).

Au Canada, la politique de santé met un accent majeur sur la prévention et le dépistage. La vaccination est recommandée dans de nombreux domaines, y compris contre le Human Papilloma Virus (HPV), pathogène causant le cancer du col de l'utérus. Suite à une forte campagne contre le HPV, de plus en plus de gens se renseignent, recherchent des lésions génitales et surtout, se rendent compte qu'à part le VIH, un grand nombre de maladies peuvent se transmettre par voie sexuelle. Une éclosion de consultations voit le jour à la clinique. De nombreuses fois, nous entendons « je crois que j'ai un condylome...» sur un ton tremblant. Or, à l'examen des parties génitales, les lésions ne sont pas des condylomes.

Le HPV fait-il trop peur ?

Non, il faut surtout relever l'intérêt de la population pour sa santé sexuelle. Et surtout, noter l'impact d'une bonne prévention, premier pas vers une meilleure éducation sexuelle personnalisée, avec l'aide de personnes compétentes et formées dans le domaine.


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