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26 décembre 2011 

Les médecins demandent de cesser de poursuivre les Canadiens séropositifs

par Deborah Glejser

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Poursuivre les personnes séropositives parce qu'elles n'ont pas divulgué leur état à leurs partenaires sexuels stigmatise ceux qui ont le VIH/Sida, tout comme les personnes les plus à risque de contracter le virus, et ne protège pas les gens de l'infection, selon l'article d'un respecté médecin canadien publié dans le Canadian Medical Association Journal.

Dans un texte d'opinion publié lundi, le docteur Julio Montaner et deux de ses collègues du Centre d'excellence en VIH/Sida à l'Hôpital St.Paul de Vancouver ont écrit que bien que «de remarquables progrès de la médecine» dans le traitement du VIH/Sida en ont fait une maladie gérable, le nombre de personnes inculpées et poursuivies pour avoir prétendument exposé au virus leurs partenaires sexuels a augmenté.

«Le Canada se classe maintenant parmi les pays de tête concernant le taux de ces poursuites», ont écrit les médecins.

Deux cas de personnes accusées d'agression sexuelle et d'agression sexuelle grave pour ne pas avoir informé leurs partenaires de leur séropositivité seront entendus en Cour suprême le 8 février.

Dans un cas, une femme a été condamnée par les tribunaux inférieurs, mais elle a été acquittée par la Cour d'appel, qui a constaté qu'elle n'avait pas exposé son partenaire à «un risque important de préjudice grave», parce que sa charge virale était indétectable pendant la période couverte par les accusations, selon un résumé de l'affaire.

«Bien que certains aspects de cette affaire pourraient bien mériter une poursuite complète et équitable, il n'existe aucune preuve que les poursuites pénales pour non-divulgation du VIH/Sida protègent les individus contre l'infection», ont soutenu les médecins.

Le traitement antirétroviral hautement actif (TAHA) a été introduit en 1996 et il a changé le monde du traitement du VIH et de la prévention en «supprimant la réplication virale, ce qui rend la charge virale dans le sang des personnes vivant avec le VIH/Sida indétectable, peut-on lire dans l'article. En d'autres mots, l'utilisation sur une longue période du TAHA place la maladie du VIH dans une pleine rémission à long terme».

«Les personnes vivant avec le VIH/Sida qui suivent le TAHA pendant six mois, sans d'autres infections des voies génitales, présentent un risque négligeable de transmission du VIH, et donc ces personnes ne devraient pas être déclarées coupables pour avoir exposé au VIH des partenaires sexuels.»

Les médecins avancent aussi que la grande couverture médiatique des cas de personnes accusées d'agression sexuelle pour avoir omis de divulguer leur séropositivité à un partenaire sexuel «peut dissuader des individus de dépister le VIH».

Source: canoe.ca


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