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16 février 2012 

Le Monde: Sauvons des vies avant de sauver les prépuces !

par Julie Bouscaillou, Pascale Lissouba (CESP INSERM), Bertran Auvert (PUPH APHP, Versailles-St Quentin, CESP INSERM) pour le projet ANRS 12126
Source: Le Monde

Patrick Pognant, dans sa tribune "Il faut sauver les prépuces !", publié le 14 janvier 2012 sur Le Monde.fr exhorte par le biais d'une argumentation trompeuse à "s'insurger contre la préconisation de la circoncision dans la lutte contre la transmission du VIH". Surtout, en qualifiant les positions du rapport 2011 de l'Onusida et les études sur lesquelles il s'appuie "du domaine de la croyance", il remet en cause le principe et l'intégrité même du raisonnement scientifique sur lequel doivent se baser toutes les recommandations de santé publique.

Depuis l'émergence de l'épidémie, l'hypothèse d'un lien entre absence de circoncision et propagation du VIH - le virus du SIDA - a été corroborée par plus d'une cinquantaine d'études observationnelles. Leurs constats mènent tous à la même conclusion : dans les pays d'Afrique australe et de l'Est où les hommes ne sont pas circoncis, le pourcentage de personnes infectées, de l'ordre de 15%, est au moins trois fois plus important que dans les autres pays d'Afrique où la circoncision est la norme.

D'un point de vue physiologique, ce phénomène trouve son explication dans la structure particulière de la surface interne du prépuce. Réservoir important en cellules cibles du virus et exposée pendant l'acte sexuel, elle augmente la susceptibilité des hommes non circoncis en facilitant l'entrée du VIH dans l'organisme.

Entre 2005 et 2007, trois études expérimentales, dont une française, ont évalué l'effet de la circoncision masculine médicalisée dans diverses communautés sub-Sahariennes. Leurs résultats, singulièrement convergents, ont établi que les hommes circoncis étaient environ 60% moins à risque d'être infectés par le VIH. Ces études, de méthodologie considérée comme 'étalon or' pour l'évaluation d'une thérapeutique ou d'une intervention, ont été réalisées dans le strict respect des normes qui régissent la recherche scientifique et publiées dans les revues médicales les plus prestigieuses.


En 2007, c'est en s'appuyant sur ces résultats et à l'issue d'une consultation internationale d'experts regroupant notamment gouvernements, société civile, chercheurs, défenseurs des droits de l'homme, activistes et financeurs, que les recommandations de l'OMS et Onusida pour la généralisation de la circoncision masculine dans les communautés ou l'épidémie est forte et le taux de circoncision faible ont été émises. Comme toute méthode de prévention responsable, ces recommandations s'accompagnent d'instructions précises pour guider les activités de communication et de promotion de la santé sexuelle, et s'inscrivent dans un arsenal de lutte contre le VIH, qui englobe au même titre, la promotion du dépistage, du port du préservatif, et de la réduction du nombre de partenaires sexuels.

Nous tenons par ailleurs à rassurer M. Pognant qui s'inquiète de "la qualité des interventions chirurgicales à la chaîne envisagée par l'Onusida et l'OMS sur les populations africaines". L'intervention chirurgicale a bien évidemment été développée selon des normes de qualité internationale et adaptée aux milieux à ressources limitées. Sa mise en œuvre à grand échelle a montré sa faisabilité, son acceptabilité et un taux très faible d'effets indésirables. Son coût, de 40 euros a été calculé sur la base du prix d'un kit jetable, environ 15 euros, et du coût de la main d'œuvre locale.

Ainsi, l'estimation s'élevant à 800 millions d'euros à engager sur cinq ans pour obtenir un réel impact sur l'épidémie est plus qu'acceptable dans le domaine de la promotion de la santé en Afrique. En effet, cinq circoncisions permettent d'éviter une infection et donc un traitement à vie par les anti-rétroviraux, dont le coût se chiffre autour de 90 euros par an - soit près de la moitié de ce qu'il coûte pour éviter une infection. Les économies liées aux traitements évités devraient être considérables et s'élever à plus de 1,5 milliard d'euros sur vingt ans. Le bénéfice de cette intervention doit surtout être apprécié en termes de vies humaines : dans le même temps, la généralisation de la circoncision devrait prévenir près de six millions d'infections et plus de 3 millions de décès prématurés parmi hommes, femmes et enfants.

Coordonné par une équipe française, le projet ANRS 12126 propose ainsi depuis 2008 à la communauté d'Orange Farm, township d'Afrique du Sud ou plus d'un adulte sur six est porteur du virus du SIDA, un programme de circoncision volontaire gratuit. A ce jour, plus de 25 000 hommes ont bénéficié d'une circoncision par le projet et plus de 90% se déclarent satisfait. Cette campagne, extrêmement bien acceptée, s'est surtout révélée particulièrement efficace puisque le risque d'infection chez les hommes circoncis de la communauté est aujourd'hui 76% moins élevé, et ce sans modification évidente du comportement sexuel ni ou de l'usage du préservatif. Bien entendu, des études sont en cours afin d'évaluer de façon rigoureuse l'effet à plus long terme des campagnes de circoncision, notamment sur l'épidémie chez les femmes, le comportement sexuel, et le plaisir sexuel.

Comme l'ont récemment déclaré Hillary Clinton et Michel Sidibé, le directeur d'Onusida, la circoncision masculine médicalisée est à ce jour la méthode de prévention la plus efficace et "rentable" pour réduire la propagation du VIH en Afrique. Soutenir sa généralisation en Afrique australe et de l'Est, qui concentre près de 50 % des nouveaux cas mondiaux et des décès liés à l'infection par le VIH, n'est ni de l'extrémisme, ni lié à une idéologie, encore moins de la fureur chirurgicale. C'est une action pragmatique de lutte contre l'épidémie afin de sauver des vies.


Commentaires

AmputéDeForce
23 mai 2012 15h49

Censurez moi si vous voulez , je continuerais le combat contre les mutilateurs d'enfants non consentants avec les MILLIONS d'hommes mutilés de force ET FURIEUX américains et du reste du monde dont la vie a été gachée par cette pratique répugnante qui viole le droit basique de tout etre humain a entrer dans la vie adultes avec des organes génitaux INTACTS et COMPLETS , NON charcutés par des " médecins " inconscients ou psychopathes !

Whose penis is it ? Whose body is it ? Whose rights ?

INTACT GENITALS are a BASIC human right for EVERYBODY : girls AND boys !!
INTACT GENITALS are a BASIC human right for EVERYBODY : girls AND boys !!
INTACT GENITALS are a BASIC human right for EVERYBODY : girls AND boys !!

AmputéDeForce
24 mai 2012 0h43

I think I could have accepted a deformity that was an accident of nature, but I can’t accept that someone did that to me.
The fact that other boys were circumcised too never made me feel any better.
I used to think there were 2 kinds of boys: circumcised boys like me and real boys.
I was circumcised when I was a year old. I remember my foreskin. I want my foreskin back.
My feelings about the doctor who circumcised me are too violent to describe.
What circumcision did to my body is bad enough, but what it did to my mind is worse.
I was just a baby - I couldn’t stop them.
[10.] There's a story by Harlan Ellison with a title that exactly conveys my feelings about having been circumcised. It's: ‘I Have No Mouth And I Must Scream’
I feel like half a man.
I have revenge fantasies about circumcision.
I have resented my circumcision ever since I saw my first intact friend when I was 5 or 6.
It cast a pall over my entire life.
It's a life sentence at birth.
I want to kill the doctor who circumcised me.
I have never been able to accept the fact that someone cut part of my penis off when I was a baby. The sheer monstrousness of it haunts every waking moment of my life. Sometimes I think I'm beginning to make some sort of adjustment to it, but then I see an unmutilated man in a magazine or shower and I become overwhelmed by uncontrollable feelings of outrage and disbelief that I was made the victim for life of something so sick. Sometimes I feel I'm at the edge of madness and just can't handle it.
I think of myself and other circumcised men as amputees.
I feel as if part of me had been murdered.
[#20.] Fear, pain, crippling, disfigurement and humiliation are the classic ways to break the human spirit. Circumcision includes them all.
- from Circumcision, what it does by Billy Ray Boyd

http://www.circumstitions.com/Resent.html#affleck

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