contenu | table des matières | déclaration d'accessibilité

Fil Rouge

26 mars 2012 

Conférence VIH/sida Genève 2012: Les conséquences de l'assèchement des financements

geneve2012.jpg













par Sabrina Roduit

À l'heure où les avancées de la lutte contre le sida laissent entrevoir la fin de l'épidémie, la crise du financement international, qui touche notamment le Fonds mondial, inquiète et dessine un retour en arrière avec des conséquences désastreuses en termes de santé dans les pays du Sud. Tour d'horizon d'un début de conférence qui appelle à une re-mobilisation de tous les milieux, scientifiques, politiques, et communautaires, pour une reconstitution des fonds afin de stopper l'épidémie !
Dix ans après la création du Fonds mondial, la couverture de traitement est passée de zéro à 45% en Afrique. La diminution d'autres maladies, telles la tuberculose et le paludisme, sont autant de données scientifiques solides, d'avancées réalisées, qui permettent de croire que les objectifs du millénaire pourraient être réalisés d'ici 2015 - « zéro naissance sida » - si l'on garantit un financement pérenne.
Mais c'est là que le bas blesse... En 2012, dans un contexte de crise économique instrumentalisée, selon MM. Kazatchkine et Moatti, des difficultés de financement croissantes, notamment avec l'arrêt du Round 11 du Fonds mondial, remettent en cause l'accès universel aux soins et au suivi des traitements. Par exemple, Médecins sans frontières, AMO Congo et TAW au Cameroun dénoncent des conséquences humanitaires graves pour les structures et les personnes accueillies : ruptures d'ARV qui provoquent des discontinuités et arrêts de traitement, fermeture de structures communautaires et transfert de patients vers des structures étatiques, taux de décès élevés chez les perdus de vue, surcoûts des examens de suivi,... La situation est alarmante.

En RDC, suite à la baisse des financements, seuls 12% du million de PVVIH habitant dans le pays accèdent aux traitements, et la prévention de la transmission de la mère à l'enfant (PTME) n'a pu toucher que 2% des femmes séropositives enceintes. Au Cameroun, depuis fin 2011, suite au non-respect des accords d'Abuja qui préconisent que 15% des finances du gouvernement soient attribués à la santé, moins de 35% des personnes ont accès effectivement au traitement. Et ce sont les patients qui paient. Pire encore, lorsque les associations se mobilisent, comme Positive Generation, elles se font arrêter et risquent la prison ! Des programmes de MSF, au Mozambique et au Swaziland, ont permis une délégation des tâches et une meilleure implication de la communauté, notamment avec des groupes de patients qui se procurent des médicaments pour les distribuer à plus large échelle. Mais, au vu de ce désengagement politique et ce tarissement financier, on va vers un retour en arrière : on ne peut plus traiter de nouveaux patients, les recommandations de l'OMS de traiter en deçà de 350 CD4 sont gelées, il faut même prioriser les patients à qui donner les traitements. Que faire de cette situation intolérable ?
Tout d'abord, réaffirmer clairement notre volonté politique de lutte contre l'épidémie. Et faire des stratégies actuelles comme le TASP d'abord un argument politique. Montrer que si on investit beaucoup d'argent maintenant, les coûts baisseront à l'avenir. Et revendiquer une reconstitution des financements. Mais surtout, un mot d'ordre, pour tous : il faut continuer le combat. La communauté de la lutte contre le sida doit maintenir un engagement ferme vers la fin de l'épidémie.


Commentaires

NNANNG ENGBWANG MARLENE
27 mars 2012 1h54

au cameroun si on travail avec les association et la communauté il n y aura pas de chute de financement parceque les association travail bien dans la communauté et se souci des seropositif dans les vad et le soutient psycologique meme pour les bilan qui son tres chere au cameroun si on pouvait le faire gratuit il y aura moin de mort et des perdu de vus

Ajouter un commentaire

TrackBacks (0)

Liste des articles qui référence la note: Conférence VIH/sida Genève 2012: Les conséquences de l'assèchement des financements.

TrackBack URL pour cette note: http://sidablog.ch/cgi-bin/mt6/mt-tb.cgi/991.



© 2008-2020 Groupe sida Genève | v1.0 | Flux RSS | Impressum