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Fil Rouge

14 avril 2012 

Du nouveau sur les hépatites

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Par Sabrina Roduit

Une étude d'incidence réalisée au sein de la cohorte suisse VIH (SHSC) montre une hausse de la co-infection à l'hépatite C chez les hommes gays séropositifs. Parmi les 6000 personnes suivies, le groupe HSH compte 50% des nouvelles infections sur les trois dernières années. Une prévalence de 4,1% est observée. Stable jusqu'en 2008, l'incidence décolle à ce moment-là pour dépasser celle des personnes usagères de drogues. Si l'âge et la région de domicile ne constituent pas des facteurs de risques, avoir des antécédents de syphilis, une co-infection à l'hépatite B chronique, ainsi que des rapports non protégés le sont. Ces facteurs peuvent être des signaux d'alarme, et rappellent l'importance des dépistages multiples.

Le constat d'un lien entre infection au VIH et hépatite C, hépatite B et syphilis a également été montré dans une étude menée au Burkina Faso auprès de donneurs de sang. Si la prévalence de l'hépatite C est de 4,6% sur l'échantillon total (plus élevée chez les jeunes et les hommes), elle grimpe à 13,2% pour les personnes qui ont une hépatite B. La séropositivité du VHC reste aussi significativement associée à la séropositivité pour la syphilis et le VIH. Les conclusions vont donc également dans le sens d'un encouragement au dépistage combiné VHB/VHC/syphilis en parallèle au dépistage du VIH.


L'ANRS, quant à elle, se penche avec le projet OptiscreenB sur la prévalence de l'hépatite B en France et l'utilisation de tests à résultat rapide pour optimiser la prévention et le suivi. En effet, on constate un sous-dépistage de l'hépatite B : 55% des porteurs chroniques ignorent leur statut et la couverture vaccinale est relativement faible (28% en 2003, 32% au moment de l'étude en 2011). 85 (2.1%) des personnes entrées dans l'étude ont été dépistées positives, dont une majorité est originaire de pays à forte endémie. Par ailleurs, aucun test rapide de l'hépatite B n'est autorisé au niveau européen. Après avoir étudié trois produits, deux testant les antigènes et un combiné antigène et anticorps, deux d'entre eux (Biomérieux et Alere) ont montrés de très bon résultats et l'un deux (le VIKIA de Biomérieux) est autorisé depuis mars 2012. Cela offre de nouvelles perspectives, même si l'étude est encore en cours pour évaluer les stratégies de dépistage.

Une dernière étude démontre qu'une consommation importante de café (plus de 3 tasses par jour) a un impact bénéfique sur les effets secondaires du traitement de l'hépatite C pour les patients co-infectés VIH et VHC. Une réponse simple et efficace contre l'évolution de la fibrose, et qui permet de réduire la toxicité du traitement. Pour une fois qu'on nous recommande de boire beaucoup de café!


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