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23 juillet 2012 

Les personnes séropositives ne peuvent toujours pas voyager dans 46 pays

Source: La Croix

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  • La Corée du Sud a annoncé dimanche 22 juillet la levée des mesures empêchant les personnes séropositives d'accéder à son territoire.
  • Si la conférence sur le sida a lieu cette année à Washington, c'est parce que les États-Unis ont pris une mesure identique début 2010.

C'est sur une bonne surprise que s'est ouverte la conférence sur le sida de Washington. Dimanche 22 juillet, la Corée du Sud a annoncé son intention de supprimer les mesures qui, aujourd'hui, empêchent les personnes séropositives d'accéder à son territoire. Un geste immédiatement salué par Michel Sidibé, le directeur exécutif de l'Onusida.

Un peu plus tôt, une vingtaine de multinationales avaient demandé la levée de ce type de restrictions encore en vigueur dans 46 pays. Un appel dicté par un certain pragmatisme. « Les restrictions aux voyages, en lien avec le VIH, n'affectent pas uniquement les individus, mais aussi les affaires, a expliqué Chip Bergh, patron de la marque de jeans Levi Strauss. Dans le monde concurrentiel d'aujourd'hui, les voyages d'affaires sont essentiels et nous avons besoin d'envoyer nos talents et nos compétences partout où elles sont nécessaires. »

«Les voyageurs sont obligées de mentir sur leur statut sérologique»

Pour tout le monde, ici, l'exemple à suivre est celui d'un pays qui, pendant longtemps, a pourtant fait figure de mauvais élève : les États-Unis. Si la conférence sur le sida a lieu cette année à Washington, vingt-deux ans après celle organisée à San Francisco, c'est parce que l'administration Obama a levé, en janvier 2010, l'interdiction faite aux personnes vivant avec le VIH de venir aux États-Unis. « Ces mesures indignes avaient été instaurées (en 1987) dans un climat de paranoïa et d'hystérie autour du VIH », souligne Stephen Lewis, ancien envoyé spécial des Nations unies sur le VIH/sida en Afrique.

Ces dernières années, d'autres pays ont emboîté le pas et levé leurs restrictions : l'Arménie en juillet 2001, les Fidji un mois plus tard et la Moldavie en juin dernier. Mais aujourd'hui, des mesures restrictives existent donc toujours, selon l'Onusida, dans 46 pays, parmi lesquels la Russie, l'Égypte, Israël ou le Qatar. « Les personnes qui veulent s'y rendre sont le plus souvent obligées de mentir sur leur statut sérologique. Mais elles prennent le risque d'être expulsées sur le champ, si on découvre leurs médicaments par exemple à la douane, indique Deborah Glejser, porte-parole du Groupe sida Genève, une association suisse. Et sur un plan symbolique, c'est terrible. C'est accréditer l'idée que le sida, c'est l'étranger », ajoute-t-elle.

Reste que la levée des restrictions américaines n'a pas empêché, selon les associations, certains participants à la conférence de se voir refuser leurs visas. « Je connais deux personnes dans ce cas au Cameroun. Moi-même, j'ai dû faire deux demandes pour obtenir mon visa. La première avait été refusée car les autorités américaines, visiblement, craignaient que je reste ici », explique Fogué Foguito, directeur exécutif de l'association camerounaise Positive-Generation.

PIERRE BIENVAULT, à Washington


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