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27 octobre 2012 

L'OIT soutient 25 juges africains pour lutter contre les discriminations liées au VIH/sida dans le monde du travail

Flag OIT.svgCela peut prendre jusqu'à trois ans pour que des employés vivant avec le VIH/sida qui ont été licenciés voient leur plainte jugée devant les tribunaux du travail du Botswana, nous apprenait hier l'Organisation Internationale du Travail (OIT) par le biais d'un communiqué de presse. Dans l'intervalle, ces personnes auraient pu mourir, explique Annah Mathiba, juge à la Cour industrielle du Botswana, à Gaborone, la capitale.

Mme Mathiba était l'une des 25 juges africains venus d'Afrique du Sud, du Botswana, du Malawi, du Nigéria et de Zambie pour participer à une formation d'une semaine au centre de formation de l'OIT à Turin, en Italie, organisée par le Bureau pour l'égalité hommes-femmes de l'OIT.

Le but de cette formation était d'apporter à ces professionnels de la justice les connaissances dont ils avaient besoin en matière de droit international du travail afin de pouvoir les appliquer lorsqu'ils auraient à gérer les questions d'égalité hommes-femmes dans leurs tribunaux.

Le VIH/sida était l'un des thèmes de la formation et a fait l'objet d'une recommandation de l'OIT. Depuis qu'elle y a participé, Mme Mathiba a commencé à chercher comment donner la priorité aux affaires concernant des employés vivant avec le VIH/sida.

"La formation m'a fait découvrir des normes internationales du travail que je connaissais à peine auparavant. En particulier, la recommandation n° 200 concernant le VIH et le sida, qui est encore toute nouvelle et que nous n'avions jamais appliquée dans nos jugements du fait de notre ignorance. Maintenant que je la connais, c'est plus facile pour moi de rendre des jugements en m'appuyant sur des instruments juridiques internationaux."

La nouvelle norme internationale du travail est le premier instrument des droits de l'homme sur le VIH et le sida dans le monde du travail. Elle a été adoptée, à une large majorité, par les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs des Etats membres de l'OIT à la Conférence internationale du Travail en juin 2010.

Elle contient des dispositions relatives à des programmes de prévention qui peuvent sauver des vies et à des mesures antidiscriminatoires au niveau national et au niveau de l'entreprise. Elle met aussi l'accent sur l'importance de l'emploi et des activités génératrices de revenus pour les travailleurs et les personnes vivant avec le VIH, en particulier en termes d'observance du traitement.

«J'ai eu à traiter un cas où une employée s'est rendue à son travail un matin et a dit vouloir aller chez son docteur», explique Mme Mathiba. «Le patron a insisté pour qu'elle lui fournisse un certificat médical, a vu son statut sérologique et a saisi n'importe quelle occasion pour menacer son employée. Dans d'autres affaires, les employés sont contraints de subir un dépistage du VIH. S'ils refusent, ils sont renvoyés.»

Dans bien des cas, la discrimination n'est pas si manifeste, ce qui rend plus difficile de faire respecter les normes internationales du travail. Mais le problème réside également dans le fait que la plupart des employés sont réticents à porter plainte devant les tribunaux.

Ainsi, Benedict Kanyip, le Juge qui préside la Cour industrielle du Nigéria à Lagos, dit qu'il dispose des instruments juridiques nécessaires pour appuyer ces jugements, mais, explique-t-il, «les outils ne nous servent à rien si les femmes et les hommes ne portent pas plainte».

"Les gens doivent faire preuve de courage pour aller au tribunal. Même si vous les informez de leurs droits, cela ne suffit pas. Ils savent quand on leur fait subir quelque chose de répréhensible, mais c'est la force d'aller en justice qui fait défaut", ajoute le magistrat.

Pour en savoir plus sur la recommandation n° 200 de l'OIT concernant le VIH/sida et le monde du travail (2010):

http://www.ilo.org/aids/WCMS_142707/lang--fr/index.htm


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