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19 février 2013 

En Afrique, moins de la moitié des infections VIH ont lieu au sein de couples sérodifférents

Source: Kévin Jean

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L'étude de Chemaitelly et al. montre qu'environ 70% des nouvelles infections à VIH en Afrique subsaharienne se produisent en dehors de couples sérodifférents identifiables ; l'étude de Bellal et al. indique que parmi les couples, 32 à 65% des nouvelles infections sont le fait de transmissions extra-couples. Ces deux résultats font donc écho l'un à l'autre en illustrant qu'une part importante voire majoritaire des infections se produit hors des couples stables sérodifférents.

Les partenaires non-infectés en relation stable sérodifférente sont une population à haut risque et facilement identifiable. Par conséquent, ces couples sont généralement les premiers à qui sont proposées de nouvelles interventions de prévention : en 2012, l'OMS a recommandé la mise sous traitement ARV sans critère de CD4 pour les patients en couple avec un partenaire séronégatif. Or les deux études présentées ici s'accordent sur leur conclusion : prioriser les couples stables sérodifférents pour des interventions de prévention type TasP ne permettrait pas d'éviter la majorité des nouvelles infections. Afin de réduire drastiquement l'incidence du VIH, c'est la population générale sexuellement active qu'il faudrait cibler.

Le problème reste encore malheureusement celui de l'allocation d'une ressource limitée : le traitement ARV. Dans le contexte africain où l'accès au traitement n'est pas assuré pour toutes les personnes éligibles, prioriser les couples sérodifférents apparaît comme une stratégie efficace et plutôt économe. Les recommandations OMS de 2012, prônant un traitement ARV quel que soit le niveau de CD4 pour les personnes ayant un partenaire stable séronégatif, les femmes enceintes et les « populations clés » (HSH, professionnels du sexe, usagers de drogues intraveineuses) a fait passer le nombre de personnes éligibles au traitement de 15 millions à 23 millions dans les pays à faibles et moyen niveau de ressources. Elargir le traitement à toutes les personnes infectées, quel que soit leur niveau de CD4, ferait passer le nombre de personnes éligibles à 32 millions.


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