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5 février 2013 

Sida en Roumanie : la vie pour une seringue

Source: Julia Beurq

File:Flag of Romania.svgL'infection au VIH se répand à toute vitesse en Roumanie. Ce sont les consommateurs de drogue injectable qui sont les plus touchés par le virus. À Bucarest, où 19.000 personnes consommeraient des drogues par voie intraveineuse, seuls trois centres et une ambulance mobile fournissent des seringues stériles aux toxicomanes. Reportage dans l'un de ces centres, mis en place par l'association Carusel.

Depuis le mois de mai, des dizaines de milliers de seringues stériles, des centaines de préservatifs, des compresses désinfectantes et des fioles d'eau distillée ont été distribués par les deux bénévoles du centre. Deux fois par semaine, pendant trois heures, une quarantaine de toxicomanes du quartier passent prendre leur matériel pour se piquer à moindre risque. « Notre mission est de réduire les risques associés à la consommation de drogue injectable », explique Ionuț Alexandrescu, le responsable du centre. Une mission d'autant plus importante que depuis ces deux dernières années, le virus du VIH s'est propagé de manière inquiétante chez les consommateurs de drogue injectable : 14 nouveaux cas en 2010, 129 en 2011, et 157 jusqu'en septembre de cette année. Selon une autre enquête, la moitié des toxicomanes de Bucarest serait atteinte par le VIH.

L'association Carusel n'a aucun budget pour faire fonctionner le centre, c'est donc grâce à la débrouille et aux bonnes volontés qu'il subsiste. Le container et le terrain appartiennent à la mairie, les factures d'électricité sont payées par une association qui utilisait le local auparavant, les 40.000 seringues reçues en juin sont fournies par l'Agence nationale antidrogue (ANA) et quant au personnel, il est bénévole. Ionuț, 27 ans et Crina, 24 ans, sont tous deux étudiants, respectivement en psychologie et en assistance sociale.

À Bucarest, très peu de pharmacies vendent des seringues. À peine une sur cinq. Aussi, en plus de se battre pour faire fonctionner leur centre, les membres de l'association militent pour les salles d'injection : « Elles permettraient d'améliorer la santé publique. Il n'y aurait plus de seringues usagées traînant par terre, plus de toxicomanes se piquant dans les cages d'escaliers, car ces consommateurs de drogue vivent parmi nous, au sein même de notre société. Ils ont une famille, des enfants, et automatiquement quand on les aide, on améliore la vie de tous le monde ».


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