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22 avril 2013 

Vieillir avec le VIH, un défi pour 10.000 Français

Source: Anne Prigent

Deux enquêtes présentées vendredi révèlent les points forts et les écueils de la prise en charge des séropositifs de plus de 60 ans.

Aujourd'hui, environ 10.000 personnes vivant avec le VIH ont plus de 60 ans. Elles représentent 10% des patients traités en France, une proportion qui va augmenter rapidement car, depuis l'apparition des trithérapies, vieillir avec le VIH est devenu une réalité. Comment ces patients vivent leur situation? Deux enquêtes présentées vendredi, l'une réalisée par la direction générale de la santé (DGS) et l'autre par l'association AIDES, ont permis d'interroger des malades dans le but d'en tirer des enseignements pour de futures recommandations.

Première constat, même si les disparités existent, la situation économique de cette population de plus de 60 ans est, dans l'ensemble, plus favorable que celle des patients plus jeunes. Ils sont deux fois plus nombreux à être propriétaires de leur logement et leur revenu médian est 1,3 fois plus élevé. «Les personnes qui ont plus 60 ans n'ont pas pu être infectées avant 30 ans. Elles ont donc pu travailler et capitaliser plus facilement que les plus jeunes», analyse Katell Daniault chargée de mission qualité de vie des personnes atteintes du VIH-Sida- ministère de la santé, au cours de la conférence sur le vieillissement des personne vivant avec le VIH organisée par AIDES.

Autre constat, malgré des niveaux de vie inégaux, tous ces patients sont soignés et ont fait l'expérience d'un accès au soin intensif et presque gratuit.

Des témoignages divergents
Les 54 personnes rencontrées par la DGS insistent fortement sur la qualité des soins dont elles bénéficient. «Cette qualité tient à l'intensité du suivi et de la surveillance «technique» de leur état de santé, mais aussi et surtout à la relation avec le médecin qui les suit, souvent depuis leur dépistage», souligne le rapport de la DGS. Les patients décrivent un véritable dispositif de monitoring de leur santé, ils se disent «passés au peigne fin». À un âge où apparaissent les pathologies chroniques, ils ont le sentiment de bénéficier d'une surveillance médicale qui les protège plus que s'ils n'avaient pas le sida.

Un constat idyllique nuancé par l'enquête menée par AIDES qui souligne une relation avec les médecins parfois mitigée. L'association a interrogé 52 personnes séropositives de plus de 50 ans. Près d'une sur cinq n'est pas entièrement satisfaite de son suivi médical, en raison notamment d'un manque de dialogue et d'écoute au sujet du vieillissement.

Enfin, selon l'enquête de la DGS, les personnes de 60 ans vivant avec le VIH se perçoivent en meilleure santé qu'elles ne le sont réellement. Malgré des pathologies chroniques fréquentes, elles se déclarent assez spontanément en bonne santé ou «allant mieux». «Pour elles, ces maladies chroniques sont liées à l'âge, elles ne font plus le lien entre ces pathologies et le VIH», explique Katell Daniault. L'enquête d'AIDES vient une nouvelle fois nuancer ces résultats: la majorité des personnes interrogées déclare des problèmes de santé. Elles sont notamment plus de la moitié à signaler une fatigue pesante qui a des conséquences sur leurs activités professionnelles et de loisirs.


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