contenu | table des matières | déclaration d'accessibilité

Fil Rouge

6 mai 2013 

Sida : les jeunes souffrent du manque d'info

Source: Céline Olive

File:Times Square 1-2.JPG

Les autorités de santé s'inquiètent. La jeunesse ne se protège plus autant qu'au début de l'épidémie du VIH. Face à une maladie devenue banale, une meilleure communication s'impose.

À l'occasion du Sidaction 2013, la Commission européenne a estimé que les jeunes manquaient d'information sur le sida. Les 15-25 ans n'ont pas vu les campagnes de sensibilisation des années 80-90 et ont tendance à penser que le sida est une « maladie de vieux ». Quant aux plus âgés, ils n'auraient pas besoin d'information puisqu'ils ont déjà été prévenus au XXe siècle. Pourtant, 150 000 personnes vivent avec le VIH en France et 6 000 Français découvrent chaque année qu'ils sont séropositifs. Une maladie qui touche également les plus jeunes puisque 12 % des découvertes de séropositivité concernent les 15-24 ans.
Pour le médecin Nathalie Spenatto, praticien hospitalier à Toulouse, le problème est encore plus grave : « On connaît le nombre de nouveaux dépistés positifs mais cela ne reflète pas les nouveaux contaminés. »

Une maladie qui fait moins peur
À force d'en parler, la maladie est devenue banale. Une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique (BUH) montre que les 18-30 ans s'intéressent de moins en moins aux risques du sida. Le préservatif est utilisé pour le premier rapport sexuel dans 80 % des cas (contre 17 % il y a vingt ans), puis abandonné pour les rapports suivants. « S'ils mettent moins le préservatif, c'est parce qu'ils savent qu'il y a un traitement, explique le Dr Spenatto. Ils ont raison de penser que la maladie est moins grave. » La première cause de décès des séropositifs n'est plus le sida comme c'était encore le cas en 2005. Les cancers arrivent désormais en tête (33 %).
Autre raison de cette banalisation : le rapport sexuel non protégé n'est plus un tabou. « Il y a dix ans, les gens disaient à 50 % qu'ils venaient se faire dépister car le préservatif avait craqué, mais on savait que c'était faux car un préservatif, c'est résistant. Maintenant, ils admettent facilement ne pas toujours se protéger », affirme le Dr Spenatto.

Une information inadaptée
Il existe un réel problème pour adapter le message de prévention à une maladie qui fait moins peur. « Ce n'est pas parce qu'on sait qu'on fait. Tous les jeunes savent que l'on attrape le sida au cours de rapports sexuels non protégés, mais ce n'est pas pour autant qu'ils mettent un préservatif chaque fois. » En 2010, l'efficacité du préservatif n'était reconnue que par 58 % de la population contre 72 % en 1992.
Le manque d'information est tel que, selon l'étude du BUH, 24 % des 18-30 ans pensaient en 2010 que le virus pouvait se transmettre par une piqûre de moustique. Ils étaient seulement 13 % en 1994. Une meilleure information signifierait peut-être plus de dépistages. Patrick Yeni, président du Conseil national du sida, rappelle que « les non-dépistés représentent 20 % des personnes vivant avec le VIH. Mais ils sont responsables de plus de 70 % des contaminations ».
La solution du Dr Spenatto : des campagnes plus adaptées. « Il faut rendre les préservatifs plus fun tout comme l'éducation sexuelle en milieu scolaire. Maintenant, les jeunes sont trash, il faut leur parler trash. »


Ajouter un commentaire

TrackBacks (0)

Liste des articles qui référence la note: Sida : les jeunes souffrent du manque d'info.

TrackBack URL pour cette note: /cgi-bin/mt/mt-tb.cgi/1334.



© 2008-2017 Groupe sida Genève | v1.0 | Flux RSS | Impressum