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Fil Rouge

29 mai 2013 

Un tiers des jeunes n'utilisent pas de préservatifs

Source: Marion Broodthuis

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Trente ans de campagne de prévention et des taux d'utilisation du préservatif qui diminuent parfois chez les jeunes ! L'alcoolisation érode la prudence, et les préjugés sur la perte de plaisir restent ancrés chez les hommes. Les filles, elles, se montrent laxistes.

Un jeune sur trois n'utilise jamais de préservatifs .C'est du moins ce qu'il ressort de l'enquête menée par la Smerep, la mutuelle étudiante, auprès de ses milliers d''inscrits. Un chiffre alarmant, après des années de campagne de prévention.

Quelque 30% des étudiants ayants des rapports sexuels, déclarent ne «jamais l'utiliser», ce à quoi s'ajoute les 29%, pour qui sont emploi n'est pas «systématique». Des chiffres inquiétants, preuve que le combat n'est pas gagné.

Les hommes, sont les plus concernés par ces «oublis» (à hauteur de 61%). Bien que le taux du VIH ait tendance à se stabiliser depuis 2009, il est loin d'être le seul risque encouru, puisque dans la même période, on a pu assister à des hausses spectaculaires de certaines IST, telles que la chlamidiose, le gonococcie et au retour de la syphilis qui avait pourtant quasiment disparue de l'hexagone.

Six jeunes hommes sur dix «oublient»
«Le préservatif est trop contraignant!», justifie Tahar 22 ans: «La plupart du temps je suis mal organisé, ça arrive comme ça, et je n'ai pas de capote sur moi... De toute façon je n'aime pas ça, le rapport est moins intense... Puis je ne me sens pas vraiment concerné, je sais que je n'ai rien!». Pas concerné? Trente ans de prévention massive et le recul de l'épidémie de Sida ont généré un climat de confiance. Voire d'insouciance. Les jeunes se sentent à l'abri. «Je me fais dépister de temps en temps, pas systématiquement, mais je crois au destin...», raconte, débonnaire et inconscient Tahar. A chaque rapport c'est donc la roulette russe. Une attitude imprudente face à des risques bien réels, cautionnée par ses partenaires.

Chez les jeunes femmes justement, les raisons invoquées sont toutes aussi préoccupantes: «Il y a deux cas de figures: soit je suis trop saoule pour me soucier du préservatif et donc je me dis «peu importe, je suis trop excitée», soit mon partenaire m'inspire une certaine confiance, grâce à ses paroles et ses actes plutôt tendres» analyse Charlotte, un peu gênée. «Globalement je suis consciente que ça n'est pas bien, mais sur le coup, j'oublie mes principes...». Pour les jeunes filles, les risques de grossesses non désirées sont importants. En France les 20-24ans sont celles qui ont le plus recours aux interruptions volontaires de grossesse. Mais il semblerait que les infections restent leur plus grande crainte.

Des filles laxistes
Les associations sont obligées de se rendre à l'évidence, malgré les centaines de milliers de préservatifs distribués gratuitement chaque année et des projets tels que l'implantation de distributeurs dans les écoles dès le collège, la prévention s'essouffle. Le préservatif souffre de son image peu glamour, et se voit toujours associé à une perte du plaisir qui rebute les nouvelles générations à l'utiliser. Ce problème majeur ne se cantonne pas aux frontières françaises. La fondation Bill Gates a d'ailleurs tenté d'y remédier il y a quelques semaines, en proposant de financer à hauteur de 100 000 dollars, l'idée la plus percutante autour du préservatif de demain.


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