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10 juin 2013 

Les cas de VIH détectés à Genève explosent

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Source: Tribune de Genève du 8 juin 2013, Laurence Bézaguet

Avec une hausse de 60% en 2012, le canton arrive largement en tête au hit-parade suisse

Le nombre de nouveaux cas de VIH diagnostiqués à Genève a grimpé de 53 à 86 entre 2011 et 2012, soit une augmentation de 62%! Il passait dans le même temps de 562 à 645 au niveau suisse, soit une hausse de 15%(voir notre infographie). «Cette évolution est d'autant plus préoccupante qu'elle intervient après trois années consécutives de recul», commente Alexandra Calmy, médecin adjointe agrégée aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). La situation est même explosive à Genève où l'incidence pour 100 000 habitants passe de 11,5 à 18,7.

Devant Zurich

Largement en tête au hit-parade national, Genève devance même dorénavant Zurich. «Le plus grand centre urbain de Suisse, avec également une scène gay très attractive, a un taux relativement stable de nouveaux diagnostics (12 à 12,1/100 000habitants)», confirme la spécialiste. Les chiffres laissent perplexes.

«Les infections recensées peuvent dater de trois mois à quinze ans», précise Sabine Yerly, responsable du laboratoire de virologie des HUG, où tous les tests effectués à Genève sont confirmés. «Il n'est ainsi pas toujours aisé de cibler les campagnes de prévention.» En analysant de plus près les données, on constate que sur les 86 nouveaux diagnostics VIH genevois, 64 concernent des hommes et 21 des femmes (1 donnée non renseignée). La proportion entre sexes est donc plus ou moins identique avec celle de la Suisse (478 hommes et 156 femmes). Il en va différemment de la distinction entre les pratiques sexuelles.

A Genève, parmi les nouvelles personnes diagnostiquées avec le VIH, 42 sont hétérosexuelles (49%), 36 sont des hommes avec des pratiques homosexuelles (41%) et 3 sont des injecteurs de drogue (les données pour les autres infections sont manquantes). «On n'a assurément pas la même épidémie à Genève qu'à Zurich, où environ 65%des personnes nouvellement diagnostiquées par le VIH sont homosexuelles, relève Alexandra Calmy. Alors pour renforcer l'efficacité de la prévention, il faut probablement l'adapter aux régions.»

Trithérapies qui rassurent?

Les pistes ne manquent pas pour expliquer l'augmentation du nombre de cas. Excès d'optimisme après plusieurs années de recul? Manque de connaissances, alors que les actions de sensibilisation semblent un peu diluées? Dépistages trop tardifs du VIH à cause du prix trop élevé des tests (55 à 60 francs en Suisse)? Trithérapies qui «rassurent»? «Quand je vois des malades, je n'ai pas l'impression qu'ils prennent leur sort à la légère», réagit Alexandra Calmy. Et de se réjouir malgré tout: «Grâce à ce succès médical du siècle, l'espérance de vie des personnes infectées par le VIH rejoint de plus en plus celle de la population générale.» Depuis octobre 1996, date des toutes premières trithérapies, on a assisté à une diminution de plus de 80%de la mortalité due au sida. Alors surtout, «ne baissons pas la garde et répétons ce message toujours d'actualité: il faut absolument sortir couvert», concluent les deux blouses blanches.


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