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11 juillet 2013 

VIH: Le traitement n'est pas une solution bancale, il fonctionne!

Le Conseil Positif Suisse, comité de défense des intérêts des personnes vivant avec le VIH, a souhaité réagir à un éditorial de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), intitulé "Le TAR, malédiction ou bénédiction?" et paru dans le numéro 1/13 de la revue Swiss Aids News (SAN).
Extraits de cette réponse, parue dans le numéro 2/13:

logopositivrat.pngLe traitement n'est pas une solution bancale, il fonctionne
Selon l'OFSP, le TAR (traitement antirétroviral) reste expérimental, et on ne pourrait pas dire s'il va tenir sa promesse et fonctionner pendant quarante ans. Il faudrait donc se demander si l'on doit vraiment commencer le traitement avec un taux de CD4 à 350 (voire avant) ou s'il ne serait pas préférable d'attendre.

Nous sommes d'accord: quarante ans de traitement, c'est un défi - mais plus depuis longtemps en termes d'effets secondaires ou d'efficacité insuffisante, mais d'adhésion au traitement. Prendre des pilules chaque jour pendant vingt, trente ans, voilà le réel défi à nos yeux. La recherche travaille d'arrache-pied pour parvenir à guérir la maladie et à mettre au point des traitements que l'on ne doit plus administrer qu'une fois par mois ou tous les deux mois. Nous sommes confiants que l'on pourra surmonter les obstacles liés à l'adhésion dans un proche avenir.

Qualifier d'expérimentale une stratégie de traitement couronnée de succès depuis 1996 inquiète les patients inutilement, surtout si c'est l'OFSP qui signe cette déclaration.

Nous savons quand il faut commencer un traitement

De peur apparemment de gaspiller le TAR, l'OFSP pense devoir mettre en garde contre un traitement instauré trop rapidement et il remet en question l'évidence scientifique d'un début le plus tôt possible.

Il faut préciser à cet égard que de nombreux facteurs influent sur le début du traitement. Et le principal d'entre eux n'est pas scientifique au sens de l'OFSP: c'est la motivation du patient, qui est décisive. En effet, c'est seulement lorsque le patient se sent prêt et qu'il est convaincu de pouvoir gérer la prise quotidienne des médicaments qu'un traitement devrait être mis en place; dans ce cas, il n'y aura pas non plus d'interruption en cours de route. Si la volonté est là, attendre n'a pas de sens.

Nous observons que différentes directives internationales sont de plus en plus clairement favorables à un début de traitement avancé - sur la base de connaissances scientifiques précisons-le. L'accent est mis sur le bien-être du patient. Une patiente enceinte a de bonnes raisons de commencer tôt; il en va de même d'un gay ayant un partenaire sérodifférent ou d'un patient co-infecté. C'est uniquement aux professionnels d'évaluer, d'entente avec leurs patients, la nécessité du traitement.

La réalité des patients est décisive

Sur un point toutefois,nous nous rallions à l'OFSP: nous ne savons pas ce qui peut encore nous attendre sous la forme d'effets secondaires à long terme. Mais est-ce une raison pour mettre en garde contre un traitement commencé suffisamment tôt?

L'OFSP premièrement occulte la réalité des patients et, deuxièmement, ne tient pas compte du fait que nous disposons, précisément pour ce genre de questions, de l'étude suisse de cohorte VIH (SHCS). Celle-ci livre depuis 25 ans les données de long terme nécessaires.

Nous faisons confiance aux infectiologues expérimentés et à l'étude de cohorte pour gérer correctement les patients vieillissants. Voilà pourquoi nous nous investissons en faveur d'un financement de la cohorte sur la durée.

Des commentaires critiques sur le progrès scientifique sont légitimes, mais c'est plutôt l'affaire de scientifiques et de patients. L'OFSP devrait plutôt se concenfrer sur la création de conditions générales optimales pour les acteurs du domaine de la santé (les professionnels dans les centres universitaires, les cabinets spécialisés dans le VIH, l'étude de cohorte et les organisations de lutte contre le sida avec leurs filiales).
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Pour le Conseil Positif Suisse,
David Haerry


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