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10 septembre 2013 

Dépistage du sida: mieux cibler et banaliser

Source: Le Figaro - Martine Lochouarn

Encore 13 % des personnes infectées sont diagnostiquées au stade sida, et 29 % à un stade très tardif.

Logotype du FigaroParmi les personnes découvrant leur séropositivité au VIH en 2011, seules 26 % ont été infectées dans les six mois précédant le diagnostic. Cette découverte rapide représente 40 % des nouveaux diagnostics chez les homosexuels, mais seulement 27 % chez les hétérosexuels nés en France et 13 % chez les hétérosexuels nés à l'étranger. Si les trois quarts de ces nouveaux diagnostics concernent les 25-49 ans, les plus de 50 ans représentent 17 % et leur nombre ne cesse de croître. Chez les moins de 25 ans (11 %), la majorité des femmes, nées en Afrique, sont contaminées par des rapports hétérosexuels, et la majorité des hommes, nés en France, par des rapports homosexuels. Les contaminations chez les usagers de drogues injectables sont minimes.

Mais encore 13 % des personnes infectées sont diagnostiquées au stade sida, et 29 % à un stade très tardif, sida ou moins de 200 CD4/ml, donc après des années d'évolution. Avec un délai entre l'infection et le diagnostic qui reste long, de trois à quatre ans, la prise en charge reste trop tardive, en particulier chez les femmes étrangères et chez tous les hommes hétérosexuels. C'est vers ces groupes que doit surtout porter l'effort, et vers les gays où le relâchement de la prévention constaté depuis 2006 continue à s'aggraver. Outre un dépistage ciblant ces derniers, le plan national avait misé sur un dépistage large dans la population générale. «Cette dernière option s'avère inefficace, et l'effort devrait être réorienté vers l'amélioration du dépistage dans l'ensemble de la population masculine, explique le Pr Pialoux. C'est seulement en ciblant mieux et en multipliant les offres de dépistage qu'on pourra réduire la circulation du virus et infléchir la maladie.»

Plus on est âgé, plus on est dépisté tard

«Il faut banaliser le fait de proposer le test, de se faire dépister, saisir toutes les occasions pour inciter à le faire: bilan pré-opératoire, check-up, etc.», insiste le Pr Christine Katlama, qui envisage la mise en place d'un dépistage élargi dans l'hôpital. «L'idée, c'est de le proposer à toutes les femmes géographiquement à risque, migrantes ou originaires des DOM-TOM, et à tous les hommes. Chez les femmes, la grossesse est souvent une occasion de dépistage. Quand on le propose aux femmes enceintes, la quasi-totalité l'accepte».

Autre constat, plus on est âgé, plus on est dépisté tard. Une étude de l'ANRS (Agence française de recherches sur le VIH/sida et les hépatites virales) sur les «occasions manquées» montre qu'à 65 ans la probabilité qu'on propose le test est infiniment plus faible qu'à 30-35 ans... «Dès qu'on ne correspond pas au cliché du séropositif potentiel, il y un risque, comme pour cette mère de 60 ans, française, qui était suivie par son médecin, son gynécologue, son dentiste, son dermato... et qui est malgré tout arrivée avec une masse cérébrale, une infection à CMV, une mycobactériose... Un sida digne des années 1980! Personne n'avait pensé au VIH parce qu'elle ne répondait pas à l'image qu'on a de la maladie, et qu'on ne l'avait pas dépistée..!», raconte le Pr Pialoux.

À 50-60 ans, les gens ne se sentent plus à risque. Ils oublient qu'ils ont pu rencontrer quelqu'un, des années plus tôt... Pour le Pr Katlama, «quiconque a ou a eu une vie sexuelle devrait arriver à se poser la question. La séropositivité, aujourd'hui, n'est plus dramatique, et c'est tellement mieux de se faire traiter tôt!...».


Commentaires

On ne peut pas banaliser le test test sans banaliser le sida et tout est là : on ne banalise pas le vih comme on devrait le faire, pire on laisse toutes les idées fausses et génératrices de peur en état de prégnance chez une population générale complètement désinformée

le blabla sur les tranches d'âge est une façon de pondre des lignes hors sujet et de repousser cette question : il n'y a pas que le gouvernement qui soit touché par ce syndrome et ces atermoiements , il semblerait.

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