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19 octobre 2013 

Extension des traitements et prévention en clôture de la conférence EACS

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La 14ème Conférence internationale sur le VIH s'achève ce matin à Bruxelles avec un point passionnant sur les traitements. Si l'ensemble de l'EACS 2013 a plus particulièrement mis en lumière l'augmentation alarmante des nouveaux cas de transmission en Europe de l'Est, plusieurs intervenants sont revenus ce matin sur les effets préventifs, sociaux et économiques des traitements à travers le monde ces dernières années.

L'extension des traitements rendra moins visible l'effet préventif des trithérapies

Le Professeur Bernard Hirschel, ancien chef de l'unité VIH/sida à l'Hôpital universitaire de Genève et membre du comité du Groupe sida Genève, a pour sa part montré que l'augmentation de l'accès aux traitements est corrélé avec une baisse équivalente de l'incidence du VIH. Cette diminution est particulièrement visible en Afrique.

"L'effet préventif des traitements a eu des conséquences extraordinaires dans la diminution des nouveaux cas de VIH" a réaffirmé le chercheur suisse. Les personnes qui commencent un traitement sont celles qui ont le système immunitaire le plus faible. Étendu à des personnes séropositives avec une immunité plus forte, il sera difficile à moyen-terme pour les chercheurs de continuer à prouver que les trithérapies continuent d'avoir un rôle préventif déterminant" conclut Bernard Hirschel.

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Les traitements réduisent-ils vraiment la stigmatisation?

C'est la question que Gus Cairns, journaliste et activiste à aidsmap, s'est posée dans une de ses recherches. Les traitements sont certes l'outil de prévention le plus efficace (96%) mais les discriminations à l'égard des séropositifs se poursuivent et sont parfois renforcées au sein de la société par les personnes vivant avec le virus elles-mêmes. A titre d'exemple, une étude en Afrique a montré que si 10% de la population générale estimait que les personnes séropositives étaient "des gens sales", ce taux augmentait à 27% parmi les personnes séropositives interrogées, illustrant le phénomène d'auto-stigmatisation. Le journaliste anglais craint ainsi un cercle vicieux: la discrimination et la répression réduisent l'accès au soin et au dispositif de prévention, augmentant ainsi l'incidence et, par ricochet, la stigmatisation. Pour Gus Cairns, "Il faut casser cette logique désastreuse et instaurer une société moins discriminante par le biais d'un vrai leadership politique, médiatique et médical".

La PrEP généralisée: aussi efficace mais beaucoup plus coûteuse

La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est actuellement considérée comme l'une des pistes les plus prometteuses dans la prévention du VIH. Le Prof. Yazdan Yazdanpanah (France), modère toutefois cet enthousiasme. L'expert estime qu'un traitement précoce des personnes séropositives aura un effet quasi similaire à une PrEP généralisée, mais à un coût bien moindre (10'530 USD contre 39'900 USD). La PrEP doit donc être considérée comme une stratégie complémentaire. Elle permet par ailleurs aux personnes séronégatives d'assumer un rôle actif dans la prévention. N'en demeure pas moins pour le spécialiste que "le début de toute stratégie doit reposer sur une augmentation générale du dépistage, celui-là même qui permettra de déterminer quelle est la meilleure option".

La 14e conférence européenne s'est clôturée à midi, l'EACS donnant rendez-vous aux participants dans deux ans à Barcelone.



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