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17 février 2014 

L'histoire tragique du patinage masculin frappé par le sida

Source: Slate

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Les deux champions olympiques de patinage artistique des années 1970 sont morts du sida à une époque où la maladie ravageait la communauté homosexuelle. Il n'est pas inutile de s'en souvenir à l'occasion des Jeux de Sotchi de Vladimir Poutine.

Le kiss and cry, cette zone où les patineurs affichent des sourires élastiques, envoient des baisers et agitent leurs mains en attendant leurs notes, et cela même s'ils sont tombés deux ou trois fois, résume, en quelque sorte, le monde des apparences d'un sport où, à la surface de la glace, apparaît parfois une vraie noirceur.

La chute fait partie de l'ordinaire de l'existence de ces athlètes dont on ne mesure peut-être pas assez l'endurance physique et les efforts considérables, à rebours du ridicule des situations dans lesquelles ils peuvent se retrouver les quatre fers en l'air. Tomber, se relever sans rien laisser paraître, inlassable routine pour des champions plus courageux que ne le laisse entrevoir leur discipline caricaturée pour son decorum désuet, ses jurys magouillés et les scandales qui ont émaillé son histoire.

Parmi ceux-ci, il y a eu, bien sûr, l'attaque commanditée par Tonya Harding pour mettre hors d'état de nuire sa rivale Nancy Kerrigan lors des sélections américaines à Detroit avant les Jeux de 1994 et, naturellement, le pitoyable spectacle des Jeux de Salt Lake City en 2002, quand une juge française avait «monnayé» ses votes en accord avec son président de fédération, Didier Gailhaguet.


Une affaire sérieuse, et parfois triste

Le patinage artistique est une affaire sérieuse, et parfois triste. En ces Jeux olympiques de Sotchi où l'homosexualité s'est invitée comme un sujet dans un pays où elle est sévèrement réprimée, il n'est pas inutile de revenir sur le destin de deux patineurs morts, en quelque sorte, parce qu'ils étaient homosexuels à une époque où le sida ravageait les rangs de la communauté gay à travers le monde, en raison de l'ignorance et de la méconnaissance de cette pandémie identifiée seulement en 1983.

Le Tchécoslovaque Ondrej Nepela et le Britannique John Curry n'étaient pas n'importe quels patineurs. L'un et l'autre ont été champions olympiques en individuel, respectivement à Sapporo en 1972 et à Innsbruck en 1976.

Le premier, également triple champion du monde en 1971, 1972 et 1973, est mort le 2 février 1989 à l'âge de 38 ans à Mannheim, en Allemagne, où il entraînait Claudia Leistner, couronnée championne d'Europe quelques jours avant son décès. Le second, champion du monde en 1976 et âgé de 44 ans, s'est éteint il y a vingt ans, le 15 avril 1994, à Stratford-upon-Avon, en Angleterre. Victime de complications respiratoires pour l'un, d'une crise cardiaque pour l'autre, conséquences du sida qui les rongeait depuis quelques années.

Entre ces deux destins brisés, le Canadien Rob McCall, médaillé de bronze en danse sur glace avec Tracy Wilson aux Jeux de Calgary en 1988, disparut lui aussi des suites du sida le 15 novembre 1991. Hécatombe de ces années sombres pour un sport violemment touché par le virus.

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