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28 avril 2014 

AFRAVIH 2014: Les enfants pauvres de la lutte contre le sida

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par Sascha Moore

Un des plus grands échecs de trente ans de lutte contre le VIH/sida, outre l'accès aux soins au Sud, reste sans aucun doute le traitement pédiatrique du VIH.

Lors du premier symposium de la conférence AFRAVIH 2014, Christine Kafando, présidente de l'association burkinabé "Espoir de demain" a dénoncé l'accès aux soins VIH/sida quasi inexistant pour les enfants africains. Le manque de traitements adaptés aux enfants, les lacunes dans l'accompagnement psychologique et l'absence totale de discours concernant la sexualité des enfants sont autant de facettes de cette problématique.

En dépit de certains succès présentés par Philippe Duneton de UNITAID, les enfants restent les laissés-pour-compte du dispositif actuel de lutte contre le VIH/sida. Selon Marc Lallement, directeur des programmes pédiatriques au Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi), 3 millions d'enfants sont séropositifs dans le monde dont les neuf dixièmes en Afrique subsaharienne. Par ailleurs, 300'000 enfants sont nouvellement infectés chaque année. Seul 1 enfant sur 3 reçoit un traitement aujourd'hui.

Marc Lallement souligne également qu'en l'absence de traitement, le VIH progresse beaucoup plus rapidement chez l'enfant que chez l'adulte. 30% d'entre eux décéderont dans l'année, 50% avant que deux ans ne se soient écoulés et 80% dans les 5 années. Ces chiffres démontrent la pénurie criante de stratégies adaptées aux enfants dans le contexte subsaharien. Alors que plus de 60 combinaisons antirétrovirales différentes destinées aux adultes sont agréées par la Food and Drug Administration aux USA, on n'en compte qu'une demi-douzaine pour les enfants.

Développer des molécules répondant aux besoins des enfants séropositifs au Sud représente un véritable défi. Il faut que les traitements soient adaptés aux moins de 3 ans, faciles à administrer et d'un goût acceptable. De surcroît, les antirétroviraux doivent être stables à la chaleur et être davantage attentifs aux problèmes d'adhérence et de suivi virologique.

Pour la DNDi, les difficultés actuelles à trouver des traitements adaptés aux enfants n'est pas insurmontable: l'enjeu réside désormais dans le fait de savoir qui prendra le leadership dans le domaine et surtout comment ces recherches seront financées.


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