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8 avril 2014 

Le VIH, une maladie chronique : faire face au traitement à vie en Afrique

Source : Seronet

Depuis 2004, le nombre de patients bénéficiant d'un traitement antirétroviral en Afrique subsaharienne a été multiplié par 24 pour atteindre les 6,9 millions. Le VIH est devenu une maladie chronique qui oblige les personnes à suivre scrupuleusement leur traitement pendant toute leur vie. Les systèmes de soins de santé en Afrique australe ne sont pas préparés à maintenir sous traitement à vie un nombre sans précédent de patients ; c'est pourquoi des alternatives sont requises d'urgence. C'est sur ce thème qu'a travaillé une chercheuse belge de l'Institut de médicine tropicale d'Anvers (IMT) qui s'est notamment penchée sur des solutions innovantes qui prennent en considération les besoins des patients et la réalité sur le terrain.


"Afin de faciliter l'accès pendant toute une vie à une thérapie antirétrovirale, les établissements de soins de santé qui en prodiguent dans les pays en question ont été décentralisés vers des centres de santé périphériques", explique la chercheuse belge. "Bon nombre de ces centres périphériques ne sont cependant ni équipés, ni adaptés pour faire face à cette charge de travail supplémentaire et pour traiter le nombre accru de patients".

Du coup, certains pays ont adapté leurs stratégies. Par exemple, le Malawi et l'Éthiopie illustrent tous deux la manière dont "ces lacunes peuvent être comblées en déléguant certaines tâches à des prestataires de soins de santé d'un niveau inférieur et en créant de nouvelles fonctions impliquées dans le traitement du VIH sans mettre en danger la qualité des soins. Aussi longtemps qu'un patient est malade, un centre de santé reste l'endroit indiqué pour assurer le traitement, mais l'on ne peut pas s'attendre à ce qu'un patient en forme atteint du VIH et sous ARV voyage pendant deux à trois heures tous les mois pendant toute sa vie pour venir retirer ses comprimés. En outre, très vite, tous les centres de santé périphériques seront surpeuplés et saturés", explique Madame Rasschaert, la chercheuse de l'Institut de médicine tropicale d'Anvers.

"Les modèles de traitement d'autres maladies chroniques, qui mettent l'accent sur l'autonomie des patients, peuvent être adaptés au traitement du VIH", indique l'équipe belge. "Toutefois, la plupart des modèles de traitement des maladies chroniques dans les pays développés peuvent compter sur le soutien de systèmes de soins de santé robustes et d'équipes multidisciplinaires, ce qui est rarement le cas dans les pays aux ressources limitées", note la chercheuse. Du coup, il faut pallier avec la création d'autres "mécanismes de soutien, tels que le "soutien par les pairs" et l'implication de la société qui revêtent une aussi grande importance". Et la chercheuse de citer le "modèle de traitement communautaire à Tete, au Mozambique, qui est un bon exemple de la manière dont les patients peuvent jouer un rôle actif dans leur propre traitement et dans le traitement de leurs compagnons d'infortune. Des petits groupes formés de patients stables sous ARV suivent un système de rotation pour le retrait des médicaments afin de garantir l'accès tous les mois à leurs antirétroviraux. Ils offrent de surcroît, leur soutien aux autres patients pour assurer l'observance du traitement, et un environnement protégé dans lequel les patients peuvent discuter librement de leurs problèmes et de leurs défis quotidiens".

"Les patients atteints du VIH et la communauté peuvent jouer un rôle crucial pour encourager les patients à suivre leur traitement. Ce n'est cependant pas une excuse pour éluder les problèmes des systèmes de santé. Des systèmes de santé plus robustes et des traitements innovants centrés sur les patients doivent aller de pair dans le traitement à vie du VIH", conclut la chercheuse.


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