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21 juillet 2014 

AIDS 2014: un jour, un éclairage

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par Michel Bourrelly, en direct de Melbourne

Aujourd'hui c'est au tour du Professeur Salim Abdool Karim, d'Afrique du Sud, pour qui l'épidémiologie et la prévention sont les deux phares dans son parcours, de survoler en quelques minutes et de façon brillante les 33 dernières années depuis la production du premier article en 1981 traitant d'une nouvelle maladie, très vite suivi par celui qui scelle la découverte du VIH, écrit par Françoise Barré-Sinoussi. Rapidement, le Professeur Abdool Karim comprendra, avec d'autres, que dans cette lutte contre le sida il faudra toujours plus de recherches, toujours plus de sciences et toujours plus de mobilisation.

Ces 25 dernières années, si les modes de contamination n'ont pas changé, les moyens de les éviter ou de les réduire ont considérablement évolué. Il s'agit à la fois de moyens organisationnels, comme la création de structures internationales au milieu des années 1990 (ONUSIDA...), et de découvertes scientifiques qui sont venues améliorer l'espérance de vie des personnes infectées, de 1998 à 2005, et faire augmenter le nombre de personnes vivant avec le VIH en fléchissant la courbe des décès. Depuis 2005, une nouvelle ère a vu le jour, car la courbe des nouvelles contaminations a également commencé à décroître et a chuté ces 9 dernières années!

En effet, ces trois dernières années, enfin, nous avons constaté des preuves de l'efficacité de la prévention ou plutôt DES préventions. Nous avons désormais des évidences scientifiques sur des résultats de pratiques ou d'outils et cela ne va pas s'arrêter là, avec le traitement comme prévention (TAsP, PrEP), les microbicides, la circoncision... d'autres outils doivent être cherchés, trouvés et proposés.

On constate pourtant des disparités flagrantes selon les zones géographiques et les pays. Si dans plusieurs pays, surtout ceux où il n'y avait pas dans le passé de prise en charge ou de visibilité des gays, on assiste à une augmentation de l'utilisation des préservatifs dans ce groupe, le phénomène inverse s'observe maintenant dans les pays qui furent à la pointe en matière de libération sexuelle (USA, Australie).

En termes de soins, aussi et bien sûr, les choses ont considérablement évolué et ont un impact considérable sur l'épidémie. On doit rappeler qu'en 2005 2 millions de personnes étaient sous traitement antirétroviral, alors qu'elles sont près de 14 millions de nos jours. Néanmoins, en 2013 on déplore toujours près de 6'000 contaminations PAR JOUR dans le monde. Deux tiers de ces contaminations ont lieu en Afrique subsaharienne et les 20 premiers pays en terme de prévalence totalisent 80% des cas mondiaux de sida.
Ainsi le sida est loin d'être vaincu!

On déplore en effet encore trop de dysfonctionnements des systèmes de santé dans les pays les plus concernés. Et la plupart des nouveaux cas sont issus des populations-clés, lesquelles sont souvent mal prises en charge pour cause de stigmatisation et discrimination. Or, pour venir à bout de l'épidémie, ces populations-clés déterminantes sont non seulement à prendre en compte mais aussi à impliquer dans les programmes.

Plutôt que se focaliser sur l'arrêt de l'épidémie, selon le Professeur Abdool Karim, même si cet objectif ne doit pas être perdu de vue, nous devons tendre vers un contrôle strict de son évolution, par la combinaison de TOUS les outils de prévention, loin des mythes et des croyances réticents à leur utilisation.

Pour arrêter l'épidémie nous aurons aussi bien sûr besoin d'un vaccin et d'un remède... Mais d'ici-là nous aurons besoin de bon sens!


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