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Fil Rouge

23 juillet 2014 

AIDS 2014: un jour, un éclairage (suite)

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par Michel Bourrelly, en direct de Melbourne

Politique efficace de réduction des risques en matière de drogues: l'exemple du Vietnam

Il y a beaucoup d'usagers de drogues au Vietnam et beaucoup de progrès ont été faits depuis 2003. A l'époque, les images véhiculées dans la société vietnamienne associaient invariablement aux drogues le sida et la criminalité, voire le diable. Touchée personnellement et professionnellement, la Dre Khuat Oanh a su associer la rigueur des résultats à la profondeur des émotions pour faire progresser le combat contre la transmission du VIH auprès des toxicomanes.

Avec une petite voix, petite mais déterminée, elle va dire et répéter: "Si les hommes font les lois, ils peuvent aussi les changer."

En 2003, traiter les usagers de drogues était obligatoire, mais c'est pourtant dans des conditions très peu propices que par son action courageuse et déterminée un tout premier programme "de lutte contre le sida" (le terme "réduction des risques" n'était pas utilisable) vit le jour au Vietnam et permit de distribuer à 200'000 usagers seulement 100'000 seringues - mais c'était déjà un début....

En 2004, une stratégie nationale est définie qui va aboutir en 2006 à une révision totale des politiques, mettant alors en place officiellement des méthodes de réduction des risques, de distributions de seringues. Cette ouverture en matière de prise en charge des personnes permettra de mettre 80'000 personnes sous méthadone et en 2009 décriminalisera l'usage de drogues, en remettant en question le traitement obligatoire des consommateurs.

D'autres pays doivent changer de perspective, selon la Dre Oanh, en particulier la Russie. Elle ne parle pas d'autres pays tels que la France qui, depuis 44 ans et la loi de 1970, pénalise l'usage de drogues sans jamais avoir fait la moindre évaluation de cette loi, sans réfléchir aux sommes considérables dépensées dans la répression et qui pourraient être plus pertinemment utilisées, avec plus de résultats bénéfiques sur la santé, mais aussi sur le trafic et la criminalité.

Mais attention, souligne Dr Oanh, dans l'usage de drogues, le VIH n'est pas le seul à tuer! En effet:
- Les usagers de drogue ont 14 fois plus de raisons de mourir que tous les autres groupes, en termes de risques.
- Les overdoses tuent au Vietnam 500 personnes par jour, et ont tué plus de personnes que la guerre du Vietnam qui causa 2 millions de morts. Sans parler de l'hépatite C et de la tuberculose.
- Les camps de réhabilitation et de traitements créés au Vietnam pour des raisons de santé publique ont fait beaucoup plus de mal que de bien.

Désormais, le gouvernement vietnammien est d'accord pour petit à petit fermer ces centres et mettre en place un grand plan de rénovation de la politique de prise en charge des usagers de drogues. Le grand problème est l'absence d'associations communautaire d'usagers de drogues, même si depuis quelque temps un réseau national a vu le jour et permet de donner des pistes de travail au gouvernement.

Les mauvaises politiques tuent, les bonnes politiques sauvent.


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