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4 septembre 2014 

Mauro Poggia: "La caisse maladie publique est une question de bon sens et de justice sociale"

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Le Groupe sida Genève a tenu le 6 mai dernier son assemblée générale ordinaire devant plus de 60 personnes, à la suite de laquelle Mauro Poggia a participé à une discussion publique au sujet de la caisse maladie publique, soumise au peuple lors de la votation du 28 septembre prochain.

En tant qu'ancien président de l'Association suisse des assurés (ASSUAS) à Genève, le Conseiller d'Etat en charge du Département de l'Emploi, des Affaires Sociales et de la Santé (DEAS) en est en effet un fervent défenseur: "La caisse unique publique n'est ni de gauche ni de droite: c'est une question de bon sens et de justice sociale. Il s'agit simplement d'un changement de l'outil. Le système actuel arrive à ses limites. Il est temps pour l'État de reprendre ses responsabilités".

"L'un des risques de la situation actuelle, c'est que le montant des primes augmente régulièrement et qu'il ne soit finalement plus supportable, a expliqué Mauro Poggia. Pour y remédier, on nous proposera soit de diminuer les prestations remboursées, soit de laisser les assureurs décider quels sont les médecins avec lesquels ils voudront travailler, en écartant ceux qui coûtent cher selon eux. Par conséquent, contrairement à ce qu'on peut penser, voter pour la caisse unique permettra à l'assuré de garder le libre choix de son médecin."

L'augmentation des primes a d'autres effets pervers, selon le magistrat. "Aujourd'hui, les primes sont généralement excessives par rapport au budget du ménage moyen. Actuellement, 107'000 personnes à Genève reçoivent un subside chaque année pour un total de 270 millions de francs. Cela signifie que même dans le système actuel, ce que l'assuré ne peut pas payer, c'est l'État qui l'assume par le biais de la facture sociale."

L'élu MCG s'est montré néanmoins favorable au maintien de la coexistence d'assurances privées complémentaires à l'assurance maladie sociale. "La caisse unique publique ne doit concerner que l'assurance de base". Tout en relevant que la Conférence latine des directeurs de la santé a voté à une écrasante majorité le soutien à la caisse publique, Mauro Poggia précise néanmoins que cette dernière n'offrira pas des baisses extraordinaires de primes. Tel n'est pas son but premier, qui est de donner aux acteurs du domaine de la santé, et aux assurés, un instrument fiable et transparent de maîtrise des coûts. Ces arguments ont convaincu nombre de patients dans l'audience et amené le Groupe sida Genève à se positionner en faveur de la caisse publique.

A la question de l'accès aux soins pour les personnes sans statut de séjour légal, Mauro Poggia a relevé que la loi impose à toute personne domiciliée, même illégalement, en Suisse, d'être assurée. Il s'est dès lors déclaré favorable à ce que ces personnes soient assurées, non seulement pour une question de santé publique, mais parce qu'il est essentiel que les assurances assument les coûts importants des traitements, "quitte à ce que l'État assume quant à lui le montant des primes".


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