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Fil Rouge

13 octobre 2014 

Maroc: Les toxicomanes quasi livrés à leur sida

Source: L'Économiste

C'est un constat pour le moins troublant que dresse l'Association de lutte contre le Sida (ALCS) sur la propagation du VIH parmi les consommateurs de drogues. En effet, le Maroc compte 14.000 usagers de drogues injectables courant le risque de contamination. Rien qu'à Nador, région proche des zones de trafic, 37% des consommateurs sont atteints d'infection à VIH et 90% d'hépatite B et C. Le partage d'aiguilles et d'autres moyens d'injections comme les filtres ont favorisé la transmission de cette infection.

L'association de Hakima Himmich veut donc mobiliser le mouvement associatif pour garantir les droits de cette population, souvent victime de discrimination. Une rencontre avec les responsables du CNDH a été organisée hier à Rabat pour dessiner les contours d'une nouvelle approche de prévention des risques et de prise en charge des toxicomanes atteints du VIH. Pour, Moulay Ahmed Douraidi, coordonnateur national des sections de l'ALCS, «l'approche répressive de la politique de lutte contre la drogue et la criminalisation des consommateurs constituent une entrave à l'efficacité des actions de réduction des risques». Même son de cloche auprès de Dr. Mohamed Essalhi, médecin chef au centre médico-psycologique à Tanger, qui a appelé à la réforme de la législation qui criminalise les consommateurs de drogues. Le but est de placer les usagers dans des centres de traitement de la toxicomanie au lieu de les incarcérer dans les prisons. C'est en fait une recommandation de la Commission mondiale sur le VIH et la loi, qui a appelé les pays à fermer tous les centres de détention obligatoires pour les consommateurs de drogues pour les remplacer par des établissements de traitement.

Dr. Essalhi a d'ailleurs mis l'accent sur la nécessité d'investir davantage dans ce type de structures dont le nombre ne dépasse pas actuellement 7. Cette approche, bien que nécessaire, ne suffit pas à elle seule à protéger cette catégorie de la population. Il faudra également former les professionnels de la Santé à la problématique de l'usage des drogues. Mohamed Essalhi est très clair à ce sujet : «médecins et infirmiers sont incapables de prendre en charge un consommateur victime d'overdose». Il accuse même certains établissements de santé de refuser de soigner les usagers des stupéfiants. En clair, les intervenants ont été unanimes sur la nécessité de lutter contre la discrimination à l'égard de cette population pour réussir les actions destinées à minimiser les risques.

«Aucune politique de réduction des risques ne peut réussir sans respect des droits fondamentaux de ces personnes», a lancé Hakima Himmich, présidente de l'ALCS. Son association a mis en place un plaidoyer pour promouvoir le respect des droits de cette catégorie de la population. Il s'agit en premier lieu de sensibiliser et faire pression sur le gouvernement à travers des réunions avec les responsables institutionnels. Néanmoins, la création d'une coalition d'ONG oeuvrant dans le domaine du Sida s'avère indispensable pour agir sur la réglementation et les politiques publiques, insiste Moulay Ahmed Douraidi. Parallèlement, l'Association de Himmich prévoit de participer à la dynamique parlementaire favorable à la dépénalisation des drogues. L'ALCS veut en fait profiter des prochaines élections pour faire pression sur les partis politiques en leur adressant notamment un mémorandum dans ce sens.

Dépénaliser les drogues

Pour protéger les consommateurs de drogues dures, la Commission mondiale sur le VIH recommande aux pays de dépénaliser la possession d'une petite quantité de stupéfiants à usage personnel. Dr. Mohamed Essalhi estime que le Maroc pourrait franchir le pas. Cela permettra de limiter l'impact négatif des sanctions sur la société, dit-il.
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