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6 novembre 2014 

Les associations LGBT et les milieux professionnels veulent repenser ensemble le monde du travail

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A quelles difficultés particulières les personnes LGBT (lesbiennes, gay, bisexuel.le.s et trans*) sont-elles confrontées dans le monde professionnel suisse ? Face à ces problématiques, comment établir un climat professionnel serein et égalitaire pour toutes et tous ? Telles sont quelques-unes des questions qui seront abordées les 28 et 29 novembre prochains à Genève, lors de deux journées d'assises réunissant acteurs et actrices du monde du travail. Elles viseront à décrypter ces enjeux et à proposer des pistes d'actions.

Le Groupe sida Genève interviendra dans ces assises dans le cadre d'un atelier qui se tiendra de 13h30 à 15h sur le thème de la "Santé au travail - Ressources et pistes d'actions pour aménager un climat professionnel qui bénéfice à la santé de l'employé.e, de l'employeur/euse et du milieu de travail".

Ces deux journées, intitulées « La diversité au travail : un enrichissement mutuel », s'inscrivent dans la continuité des premières Assises de 2009 et de la journée de Suivi de 2011 qui avaient pour thématiques la prévention de l'homophobie et de la transphobie ainsi que l'égalité des chances dans les milieux de l'éducation. Elles sont organisées par la Fédération genevoise des associations LGBT, en partenariat avec les associations Network, LWork et la Haute Ecole de Travail Social de Genève, laquelle accueillera l'événement et le magazine Bilan.

Des études récentes, en France et au Canada notamment, ont en effet mis en évidence les difficultés et les discriminations auxquelles les personnes LGBT sont confrontées dans le monde du travail. « La Suisse et Genève ne sont pas épargnées par l'homophobie et la transphobie », explique Delphine Roux, coordinatrice des assises. Des témoignages recueillis dévoilent ces difficultés. « Certain.e.s sont amené.e.s à s'inventer un.e conjoint.e du sexe opposé, voire à ne pas pouvoir parler de leur famille arc-en-ciel. D'autres se sont vu.e.s refuser la reconnaissance de leur partenariat enregistré, malgré la loi. Une femme ne s'est pas vue confier des dossiers avec des responsabilités plus importantes. Sa supérieure hiérarchique évoquait pour motif que son look lesbo n'était pas assez féminin, allant même jusqu'à dire "Vous êtes une femme, n'est-ce pas ? Confirmez-le-moi !"». Les discriminations subies par les personnes transgenres au travail montrent une réalité particulièrement grave. Selon un sondage effectué par l'association suisse Transgender Network Switzerland en 2012, 90% des personnes interrogées disent avoir été renvoyées au moins une fois dans le courant de leur carrière, sous des prétextes divers de leur hiérarchie.

Faire son coming-out au travail implique encore trop souvent d'avoir à faire face à de l'homophobie et/ou de la transphobie qui se manifestent à travers des insultes, des stagnations de poste, des pertes de responsabilités, du mobbing, voire des licenciements. Ainsi, selon le climat professionnel qui les entoure, face à la peur d'être discriminé.e.s ou face aux discriminations, les employé.e.s LGBT doivent adopter des stratégies d'anticipation ou d'adaptation qui sont sources de stress, avec une incidence évidente sur le bien-être et la motivation au travail.

Des assises pour repenser le monde du travail

Les journées des 28 et 29 novembre visent ainsi à définir les enjeux des questions LGBT au travail. A destination des PME, entreprises multinationales, institutions publiques, organisations internationales, syndicats et associations, les assises s'appuient non seulement sur un programme académique et des témoignages, mais aussi sur les bonnes pratiques existantes dans les milieux professionnels.

Spécialiste des discriminations, Caroline Dayer, enseignante et chercheuse à l'Université de Genève, décryptera les formes de violences homophobes et transphobes dans le contexte du travail en se basant sur des entretiens de recherche portant sur la socialisation professionnelle. Lorena Parini, maître d'enseignement et de recherche, également à l'Université de Genève, présentera les résultats préliminaires de l'étude « Etre LGBT au travail », conduite par l'Institut des Etudes Genre de l'Université de Genève, en partenariat avec la Fédération genevoise des associations LGBT. Les résultats de cette étude, menée à l'échelle nationale pour la première fois en Suisse, permettront de dessiner les enjeux de cette réalité dans les milieux professionnels.

Les deux journées ont également pour objectifs de dégager des pistes d'actions et des solutions concrètes pour aménager un climat de travail égalitaire et serein pour toutes et tous. Une table ronde « Quelles bonnes pratiques pour un milieu de travail bénéfique et enrichissant ? » réunira l'Etat et la Ville de Genève, le Bureau International du Travail, Thomson Reuters, la banque Barclays et une start-up genevoise. Line Chamberland, Titulaire de la Chaire de recherche sur l'homophobie à l'Université du Québec à Montréal, reviendra sur les acquis majeurs de l'égalité au travail pour les personnes LGBT au Canada. Martine Roy, directrice de compte à IBM Canada, viendra présenter comment IBM, récemment élue entreprise la plus LGBT-friendly du monde, est devenue précurseure en matière d'inclusion des questions LGBT.

Des ateliers permettront de repenser ensemble le monde du travail, conjointement avec les acteurs et atrices présent.e.s, tout en restant au plus près des réalités et spécificités de chaque milieu professionnel. Au terme de ces deux journées, un guide de bonnes pratiques sera édité. Il pourra être utilisé comme outil par les différents milieux professionnels.


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