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18 novembre 2014 

Belgique: dépister le sida plus tôt et plus rapidement

Source: l'avenir.net

Le sida affecte trois nouvelles personnes chaque jour en Belgique.41% des cas de VIH sont dépistés tardivement. Des tests à résultat rapide ont été expérimentés auprès de groupes à risque et par des médecins traitants.
Une semaine de délai pour connaître le résultat de l'Elisa, test de dépistage du sida effectué au départ d'une prise de sang. Quelques minutes suffisent pour le test rapide à orientation diagnostic réalisé à partir d'une goutte de sang prélevée au bout d'un doigt. «Scientifiquement, ce test rapide est un peu moins fiable que le test Elisa mais il permet de supprimer le délai d'attente qui peut être un frein au dépistage pour certains, précise le docteur Françoise Lequarré, du Centre de référence sida de l'ULg. Si le résultat est positif, on parle alors de test réactif, il faudra poursuivre les investigations à l'aide du test Elisa».

En attendant la démédicalisation

Le test Elisa peut être pratiqué six semaines après un comportement à risque (rapport sexuel non protégé, partage d'une seringue...). Le délai d'attente est de trois mois pour le test rapide. En deçà, le risque de faux négatifs existe.

Le plan national de lutte contre le sida, lancé l'an dernier, soit 58 actions visant à enrayer la progression de la maladie, prévoit de démédicaliser prochainement le test de dépistage rapide. En attendant, des expériences pilotes ont été menées auprès de groupes à risque et dans les cabinets de quelques médecins généralistes.

Cibler ceux qui n'ont pas accès aux structures de soins

Sida Sol, ASBL liégeoise, est allée à la rencontre des populations vulnérables comme les migrants originaires d'Afrique subsaharienne, les MSM (hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes), les usagers de drogue par injection ainsi que les personnes précarisées. «Cespersonnes n'ont pas accès aux structures de soins habituelles soit parce qu'elles s'y sentent stigmatisées ou victimes de discrimination, c'est le cas de la communauté homosexuelle, soit parce qu'il s'agit d'illégaux ou tout simplement pour des raisons financières», explique-t-on à l'ASBL liégeoise.

Un infirmier et un psychologue se sont rendus sur place - dans un commerce gay, un centre d'accueil pour personnes en difficulté... - pour proposer le test de dépistage. «On n'impose rien, seuls ceux qui le souhaitent sont dépistés. Si le test est positif, on fait une prise de sang dans la foulée pour confirmer et on fixe un rendez-vous pour le résultat».

41% de dépistages tardifs

Dans notre pays, le dépistage reste tardif dans 41% des cas. Un constat alarmant quand on sait qu'une personne qui ignore sa séropositivité représente non seulement un danger pour elle-même mais aussi pour les autres.

Plusieurs acteurs de la lutte contre le sida, parmi lesquels figurent European AIDS Treatment Group (EATG), Ex Aequo, Médecins du Monde, Sensoa ou encore Sida Sol, ont plaidé lundi pour une meilleure promotion du dépistage communautaire, à l'occasion de la semaine européenne du dépistage (24-30 novembre), dédiée cette année au VIH.

«Le dépistage doit être accompagné d'une information de pré-dépistage appropriée et de conseils post-dépistage», explique Michaël François, coordinateur de l'ASBL Ex Aequo, qui pratique ce type de test depuis mai 2013.

Le médecin généraliste se doit d'être proactif

Selon un rapport de l'Institut de santé publique, 51% des tests de dépistage du sida sont réalisés par des spécialistes mais ce sont les médecins généralistes qui, proportionnellement, détectent le plus grand nombre de cas positifs de VIH.

«Le médecin généraliste connaît bien ses patients, il dispose de plus de temps pour parler de santé sexuelle, explique Pascal Semaille, médecin généraliste et professeur à l'ULB. Mais cette proximité peut parfois être un frein.Certaines personnes préfèrent se faire dépister anonymement dans un centre plutôt que d'évoquer leur vie sexuelle avec leur médecin de famille». La réticence existe aussi du côté des médecins traitants. «On nous demande d'être proactifs mais ce n'est pas simple de proposer un test de dépistage à un patient qui ne demande rien, d'évoquer ses pratiques sexuelles... Des formations devraient être mises en place d'ici 2 019 dans le cadre du plan national de lutte contre le sida».

Le généraliste est aussi en première ligne pour détecter les maladies sentinelles du VIH. «La dermite séborrhéique qui se présente sous la forme de rougeurs squameuses au niveau du cuir chevelu, des sourcils... peut être un signe précoce d'une infection par le VIH tout comme l'herpès et la syphilis.»


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