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9 février 2015 

La jeunesse insouciante face au VIH? Des élèves de Coppet livrent une belle preuve du contraire

par Heide Jimenez Dávila, Présidente du Groupe sida Genève

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« Une génération sans sida »: tel est l'objectif déclaré des autorités publiques et des acteurs de la lutte contre le sida, en Suisse et ailleurs. Pour les personnes de ma génération, qui avons découvert la sexualité en même temps que ses risques (potentiellement mortels dans les années quatre-vingt), il s'agit d'un but à la fois public et personnel: faire en sorte que la jeunesse d'aujourd'hui et de demain, partout dans le monde, puisse grandir sans les craintes de VIH ni les discriminations y liées qui ont dominé les trente dernières années.

Si les statistiques épidémiologiques de l'OFSP montrent que la proportion des moins de 24 ans parmi les personnes nouvellement diagnostiquées séropositives reste inférieure à 10% et continue à baisser, les observations du terrain sèment néanmoins le doute: nombreux sont les sondages qui démontrent que les jeunes sont insuffisamment informés sur les risques de santé sexuelle, qu'il s'agisse de VIH ou d'autres maladies sexuellement transmissibles (IST), telles que la syphilis, la gonorrhée ou la chlamydia. Une étude réalisée par le Département de santé publique de Bâle-Ville en 2012 montrait que 30% des 14 - 15 ans étaient persuadés qu'il existait un vaccin contre le sida, et 79% même pensaient qu'il en était de même pour la syphilis. Faut-il préciser qu'aucun des deux n'existe à l'heure actuelle, même si les scientifiques y travaillent à l'arrache-pied?

De l'ignorance (involontaire) à la prise de risques, il n'y a qu'un pas. Une étude Harris Interactive réalisée en France en décembre 2014 révèle qu'un tiers d'étudiants n'utilisent jamais de préservatif, et que 33 % encore n'effectuent jamais de test de dépistage du VIH en cas de changement de partenaire. Ces chiffres laissent songeur ...
Pire encore, le manque d'information et de connaissance sur la maladie chronique qu'est devenue le VIH mènent toujours et encore à la discrimination des malades.
Si ces constats ne sont guère réjouissants, l'engagement spontané et volontaire de jeunes dans la lutte contre le sida l'est d'autant plus.

C'est donc avec une joie et une reconnaissance tout particulières que nous avons rencontré le 6 février dernier les élèves du Collège Secondaire de Coppet qui ont bénévolement préparé un repas pour les autres élèves afin de récolter des fonds en faveur du Groupe sida Genève.

«Contrairement aux années précédentes, où la soupe était au menu du repas de soutien, nous avons opté pour des pâtes cette année, que nous avons servies accompagnées de plusieurs sauces» dit l'une des cinq jeunes femmes venues assister à la cérémonie de remise de chèque au Collège de Terre-Sainte. «Nous étions treize au total pour réaliser cette action», ajoute l'une de ses amies, non sans préciser «qu'en plus de neuf filles, quatre garçons se sont investis pour cette cause qui nous est chère». Une belle équipe donc qui n'a pas seulement fait bénéficier les autres élèves de leurs talents de chefs en herbe, mais qui s'est également chargée de la logistique, du service et de l'encaissement des frais du repas scolaire d'un jour... avec l'assistance (bien appréciée) du personnel de la cafeteria.

Comment ces jeunes ambassadrices et ambassadeurs de la lutte contre le sida ont-ils découvert «leur» cause? Ils admettent volontiers que leurs professeurs, l'infirmière scolaire et surtout le directeur de l'établissement, Monsieur Jean-Marie Volluz, y sont pour beaucoup. «L'engagement pour la prévention VIH et contre la discrimination des malades a une longue tradition dans notre établissement» déclare humblement ce dernier, qui souhaite d'ailleurs réinstaurer la tradition du projet «témoignages» des personnes séropositives auprès de ses élèves, mis en parenthèse pendant quelques années à Genève, notamment pour cause de manque de fonds. Les élèves et professeurs présents se montrent enthousiastes à cette idée et sont unanimes dans leur souhait d'en savoir plus sur la maladie, la prévention et la lutte contre toute discrimination.

Le début du prochain cours mettant un terme aux échanges, nous n'avons pas vu le temps passer quand nous repartons non seulement avec un chèque bien apprécié en faveur des activités du Groupe sida Genève, mais surtout avec la perspective de projets communs à réaliser et la certitude qu'il existe de jeunes qui sont prêts à faire la prévention pour eux-mêmes et à se mobiliser pour les autres. Nous ne les remercierons jamais assez, ainsi que leurs professeurs et leur directeur, pour leur engagement. Ils donnent l'exemple: grâce à leurs actions et celles d'autres jeunes, une «génération sans sida» n'est plus qu'un objectif lointain... elle pourrait devenir la réalité que nous tous souhaitons tant!


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