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13 avril 2015 

Le VIH fait de la résistance

Source: Le Matin dimanche

Bernard Hirschel: un mélange de liberté, d'anticonformisme et de ténacité qui, allié à une absence de préjugés, s'est avéré être un atout important dans la lutte contre le sida, aux Hôpitaux genevois et au plan international. (Pascal Frautschi/Edipresse)

Les souches du virus qui ne répondent pas aux traitements continuent à augmenter. La prise en charge de certains patients s'en trouve compliquée.

Comme tous les virus, celui du sida est capable de se transformer lorsqu'il se propage. Et il ne s'en prive pas. Le gros problème, c'est qu'au cours de ses réplications, il finit par acquérir des résistances aux traitements.

Une étude portant sur 50 870 patients originaires de 111 pays, et qui vient d'être publiée dans la revue scientifique PLOS Medicine (Etats-Unis), dresse ainsi un état des lieux du fameux VIH. Il en ressort que ce dernier ne cesse d'évoluer et que c'est en Europe et en Amérique du Nord que la proportion de malades infectés par une souche résistante au VIH est la plus importante, avec respectivement 9,4% et 11,5% de malades concernés par le problème. Cette prévalence est nettement plus faible en Afrique subsaharienne (2,8%) et en Asie du Sud (2,9%).

Prolifération attendue

Surprenant? Eh bien non, explique le Pr Bernard Hirschel, spécialiste du sida à Genève. «Pour qu'une résistance se développe, il faut ce qu'on appelle une pression de sélection, c'est-à-dire un traitement pas tout à fait efficace. Ce qui était le cas des premières thérapies à disposition dans les années 1990. Les virus ont alors pu proliférer malgré le traitement, permettant ainsi à ceux qui portaient des mutations de résistance d'être sélectionnés. Etant donné que c'est en Europe et aux Etats-Unis que ces traitements ont commencé à être utilisés, c'est logique que la résistance y soit plus élevée.»

Reste que ces souches résistantes aux traitements antiviraux continuent leur progression. «L'évolution qui se situe aux environs de 10% reste constante en Suisse», explique le Pr Huldrych Günthard, professeur d'infectiologie et responsable d'une récente étude sur le VIH en Suisse. Ce qui n'étonne pas d'avantage le Pr Hirschel: «Le seul moyen d'éviter une résistance aux traitements est de ne pas traiter. Mais ainsi, tous les patients mourront avec des souches sensibles... Cela montre bien que le problème de résistance doit être mis en parallèle avec les bénéfices des traitements qui ont transformé le pronostic du sida.» Et d'assurer: «Aujourd'hui, si un traitement ne fonctionne pas sur un patient, il y en a suffisamment d'autres à disposition.»

A quand d'autres traitements?

Le Pr Günthard tient le même discours. «Avec les thérapies actuelles, la prolifération des virus dans l'organisme de la plupart des patients porteurs du VIH peut être endiguée à pratiquement 100%.» Mais demain? «Nul, n'est prophète...» répond Bernard Hirschel. D'où l'importance - même si le nombre de nouvelles infections est actuellement en diminution en Suisse - de continuer à développer de nouvelles thérapies. L'innovation dans ce secteur s'est toutefois ralentie. «Les traitements actuels - une pilule par jour, pour la majorité des patients - placent la barre très haut pour trouver quelque chose de meilleur; la rentabilité avec plus de 20 médicaments déjà sur le marché n'est pas non plus garantie», souligne le Pr Hirschel, qui voit parmi les développements envisageables d'ici 3 à 5 ans: un traitement par injection, une fois tous les trois mois.


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