contenu | table des matières | déclaration d'accessibilité

Fil Rouge

20 mai 2015 

Les femmes homosexuelles préfèrent toujours se rendre «invisibles»

Source: Le Monde
Un couple de femmes devant le drapeau de la communauté LGBT à Monterrey (Mexique), le 4 mars.
A l'approche de la journée internationale du droit des femmes, dimanche 8 mars, l'association SOS homophobie publie une enquête sur la visibilité des homosexuelles et sur les victimes de lesbophobie. Le constat est amer : 59 % des quelque 7 000 femmes ayant répondu au questionnaire, majoritairement âgées de moins de 30 ans, avouent avoir subi au moins un acte lesbophobe au cours des deux dernières années.

Parmi elles, 8 % disent même en vivre régulièrement. Le rapport montre que la lesbophobie, qui se manifeste le plus souvent dans l'espace public (47 %) et en famille (14 %), prend des formes diverses : refus de promotion, insultes, moqueries, agressions dans la rue, rejet des proches, expulsions d'une équipe sportive, etc.

Par peur de ces « réactions hostiles », les lesbiennes tendent donc à se rendre «invisibles» dans la société, quitte à ne pas dénoncer les violences, physiques ou psychologiques, qu'elles subissent. La préface de l'enquête précise qu'en 2013, «l'association a reçu 3 517 témoignages dont seulement 329 relatant des faits lesbophobes». Lancée en avril 2013, l'enquête a dû se diffuser sur les médias LGBT, sur Internet ou lors d'événements communautaires comme l'Eurolesbopride pour recueillir plus de témoignages.

La loi du silence prévaut

L'étude mentionne que 18 % des répondantes disent « ne jamais manifester d'affection à leur partenaire en public ». Vanessa et Ingrid sont dans cette retenue au quotidien. En couple depuis quatre ans, les deux jeunes femmes ne parlent de leur homosexualité qu'à de très rares amis. Au travail ou dans leurs familles, la loi du silence prévaut. « On n'ose pas se montrer en public à cause du regard des gens. Nous habitons dans une petite ville et beaucoup n'aiment pas voir deux filles se tenir la main ou s'embrasser. Parfois, j'aurais préféré ne pas aimer les filles », assure Vanessa. Et Ingrid d'ajouter, dépitée : « On préfère se cacher plutôt que d'attirer l'attention sur nous. C'est bête mais c'est comme ça. »
L'enquête de l'association SOS homophobie a également pour but de savoir si les femmes sont victimes parce qu'elles sont visibles ou, au contraire, si elles se cachent en raison du rejet dont elles font l'objet. Le résultat est sans appel selon l'association : « Les enquêtées les moins visibles vivent moins de lesbophobie. »

Malgré l'adoption, certes dans la douleur, du mariage pour tous en mai 2013, la société française ne semble toujours pas prête à accepter les différences. « Face à ces constats, SOS homophobie ne conseillera pas de vivre cachées pour être heureuses », conclut l'étude. L'association appelle donc les pouvoirs publics à renforcer « les moyens financiers, judiciaires et humains pour lutter contre les discriminations et les violences dont souffrent les femmes ». Mais Vanessa n'en voit pas l'utilité. « Nous ne voulons pas être une catégorie à part dans la société en bénéficiant de mesures spéciales. A l'avenir, nous n'aurons peut-être plus besoin d'être cachées pour vivre heureuses », conclut-elle avec conviction.


Ajouter un commentaire

TrackBacks (0)

Liste des articles qui référence la note: Les femmes homosexuelles préfèrent toujours se rendre «invisibles» .

TrackBack URL pour cette note: /cgi-bin/mt/mt-tb.cgi/1780.



© 2008-2017 Groupe sida Genève | v1.0 | Flux RSS | Impressum