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16 mai 2015 

VIH et combos: des chercheurs dénoncent la combine

Source: seronet

Il n'y a pas de différence en termes d'échec virologique, de résistances ou d'effets indésirables entre les traitements combinant plusieurs molécules dans un comprimé unique pris une fois par jour comme Atripla, Stribild ou Eviplera et les mêmes molécules prises en différents comprimés. C'est ce qu'indique une méta-analyse (analyse poolée de plusieurs études scientifiques déjà publiées) présentée, fin avril à la conférence des spécialistes anglais du VIH (British HIV Association) et citée par le site aidsmap. Les traitements combinés coûtent environ cinq fois plus cher pour un bénéfice médical qui n'est pas prouvé. C'est ce que soutient même Andrew Hill (Chelsea et Westminster Hospital), un des auteurs de cette méta-analyse. Les auteurs de l'étude défendent la thèse que les laboratoires ne font que prolonger leurs brevets en associant des molécules dans des comprimés trois en un, des molécules qui pour certaines font déjà l'objet de versions génériques qui sont vendues parfois 80 % moins chers. Les auteurs expliquent aussi que le NHS (National Health Service, l'équivalent anglais du ministère de la Santé) encourage à l'utilisation des médicaments génériques. Chaque année, le NHS dépense environ 411 millions de livres (environ 574 millions d'euros) pour les antirétroviraux (ce qui permet de soigner 78 000 personnes), mais le nombre de personnes à traiter va aller en augmentant. Il est, en effet, estimé à 106 000 personnes pour 2019, ce qui ferait augmenter la note à 559 millions de livres (780 millions d'euros). L'organisme entend donc contrôler ses dépenses en ayant recours aux génériques. Il existe déjà en Grande-Bretagne des versions génériques d'efavirenz, lamivudine, ritonavir, zidovudine et nevirapine, dans les trois prochaines années arriveront des génériques de ténofovir, abacavir, lopinavir, atazanavir et darunavir. Les autorités de santé sont donc confrontées aux tactiques commerciales des fabricants qui, au moyen de combinaisons à doses fixes ou de comprimés en une prise unique, prolongent leurs brevets. L'article de aidsmap cite plusieurs exemples de cette stratégie connue sous le nom de "evergreening" ("perpétuation des brevets"). Ce que les chercheurs mettent en avant c'est qu'il n'y a pas de bénéfices thérapeutiques clairs en faveur des comprimés trois en un versus les mêmes molécules en plusieurs comprimés. Ce n'est pas démontré dans le cadre d'essais randomisés. Par ailleurs, lors d'une intervention en plénière lors de la conférence, Andrew Hill a expliqué que le prix élevé des médicaments de marque ne se justifiaient aucunement par les prix des matières premières qui les composent ou les coûts de production. Il a cité deux exemples : celui d'un médicament contre l'hépatite B, l'entecavir, qui coûte environ 24 livres (33 euros) à produire et dont la version générique en Inde coûte environ 285 livres (398 euros). Le laboratoire BMS applique trois tarifs différents en fonction des pays : 875 livres (1 221 euros), 4 600 livres (6 423 euros), 10 000 livres (environ 14 000 euros). Le second est le sofosbuvir dont le prix de production serait de 70 livres (97 euros). Son prix est de 18 000 livres (25 137 euros) en Espagne, de 35 000 livres en Grande-Bretagne (environ 49 000 euros) et de 57 000 livres aux Etats-Unis (environ 80 000 euros). Des différences que, selon Andrew Hill, le fabricant a grand peine à expliquer.


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