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22 juillet 2015 

La fin du sida en 2030? AIDES veut tempérer

Source: Le JDD

AIDESlogo.jpgSommes-nous à l'aube d'un monde sans sida ? C'est en tout cas l'objectif que se fixe l'ONUSIDA, qui parle de génération sans sida d'ici 2030. Dans le même temps, à Vancouver, l'institut Pasteur révélait le cas d'une jeune fille née avec le VIH, aujourd'hui en rémission, sans traitement depuis 12 ans. Si les avancées sont réelles, celles-ci ne doivent pas pour autant occulter que la bataille reste longue et difficile, juge Christian Andréo, directeur général délégué de AIDES.

"J'ai du mal à croire qu'un séropositif drogué en Russie sera sous traitement en 2030." C'est la première réaction de Christian Andréo, directeur général délégué de AIDES, association française de lutte contre le sida, quand on lui parle du rapport de l'ONUSIDA publié le 4 juillet, qui fixe à 2030 la fin de l'épidémie. "Cette question est très ambivalente, explique-t-il, à la fois la lutte contre le sida enregistre de vrais succès, mais ceux-ci peuvent être très rapidement stoppés si on ne maintient pas un niveau d'exigence très haut." C'est tout l'enjeu du congrès de Vancouver qui se tient du 19 au 22 juillet.

Rémission n'est pas guérison

Lors de ce congrès international sur le VIH, l'institut Pasteur annonçait le cas d'une jeune Française de 19 ans née avec le VIH, en totale rémission. Christian Andréo prévient : "En aucun cas, cette jeune femme ne peut être considérée comme guérie. Le virus est toujours présent dans son organisme. Malheureusement nous avons déjà connu par le passé des cas d'individu en rémission, chez qui le virus est réapparu." D'autant plus que les raisons d'une telle rémission restent pour le moment mystérieuses. "On se sait pas comment extrapoler son cas" rajoute-t-il.

Des chiffres rassurants mais ...

Le nombre de nouvelles infections est passé de 3 millions à 2 millions entre 2001 et 2014, selon le rapport de l'ONUSIDA. L'organisme prévoit que ce chiffre descende à 0,2 million en 2030. Celui des décès liés au virus est passé de 2 à 1,2 million dans la même période. Pour AIDES, cela montre "l'efficacité des politiques de prévention mises en place depuis plusieurs années. Et que l'argent a été bien investi". Mais l'association préfère mesurer son enthousiasme sur les prévisions, jugées optimistes de l'ONUSIDA. "A l'heure actuelle, 16 millions de personnes sont en attente de traitements. Si on veut répondre aux objectifs fixés par le rapport de traiter tous les malades, c'est 11 milliards de dollars qu'il faut investir en plus. Les gouvernements doivent avoir conscience que vaincre le sida passe donc par un investissement massif. "

Maintenir des politiques de prévention élevés

Malheureusement, ces objectifs se heurtent trop souvent aux réalités économiques. "Quand on voit que la Grèce augmente la TVA sur le prix du préservatif, on peut être vraiment sceptique sur les chiffres avancés. En finir avec le sida, ce n'est pas en finir avec le sida en France, mais dans le monde entier, en Grèce, au Mali... Donc dans des pays qui ont peu de moyens."

Pour Christian Andréo, la période est charnière. Le danger du virus est moins violent que par le passé. "La communication doit être moins anxiogène. Mais il faut rendre systématique le réflexe du dépistage. Les jeunes générations gardent le réflexe du préservatif lors des premiers rapports, mais ne le maintiennent pas dans la durée. Si l'idée que le sida se guérit facilement s'installe dans les esprits, la vigilance diminuera et nous risquons de connaître une nouvelle augmentation."

Tous les ans, 40'000 personnes bénéficient d'un test de dépistage proposé par AIDES. Un tiers d'entre eux ne l'ont jamais fait avant. "Plus le dépistage est rapide, plus il permet d'engager durablement les gens dans des pratiques de préventions, et de limiter la progression du virus." Une fois dépistés, les porteurs du VIH, s'ils doivent subir un traitement lourd, sont accompagnés pour vivre de manière la plus normale possible, sans mettre en danger leur proche. Désormais les avancées des traitements permettent d'avoir une vie amoureuse et sexuelle, et même de devenir parent. Mais les mentalités évoluent plus lentement que la science, et beaucoup de malades souffrent d'isolement.


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