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28 juillet 2015 

Traitement de l'hépatite C en Suisse: état des lieux

1024px-WHD_Globe.jpgLa journée mondiale contre l'hépatite, le 28 juillet, est l'occasion de dresser un état des lieux du traitement contre l'hépatite C en Suisse, qu'il s'agisse des avancées médicales telles que le premier vaccin récemment administré, ou des modalités du traitement à proprement parler, et notamment son accès en termes de prix comme des offres que proposent les compagnies pharmaceutiques.

Le 21 juillet 2015, une personne vivant avec le VIH a été vaccinée pour la première fois en Suisse avec le nouveau vaccin candidat contre le VHC (virus de l'hépatite C) à l'hôpital de St-Gall.
Ce vaccin avait déjà été testé avec succès sur plus 200 personnes séronégatives, mais seulement deux personnes séropositives avaient été vaccinées auparavant à Dublin en Irlande.
C'est dans le cadre de l'étude PEACHI coordonnée par l'Université d'Oxford, à laquelle participe l'Hôpital cantonal de St-Gall que ces essais ont eu lieu. L'étude européenne PEACHI a pour but de développer des stratégies de vaccination pour prévenir l'hépatite C. Cette dernière est financée en partie par le 7ème programme cadre de recherche de la Commission européenne. (1)

Au niveau mondial, c'est entre 130 et 150 millions de personnes qui sont frappées d'une infection type hépatite C chronique et chaque année quelques 500'000 personnes décèdent des suites d'une maladie du foie.
En Suisse, les experts estiment qu'entre 0.7 et 1% de la population (50 000 - 70 000 individus) pourrait être porteuse du virus de l'hépatite C. D'autre part, les études indiquent qu'environ un tiers des personnes séropositives sont également porteuses du VHC (virus de l'hépatite C).

L'année dernière, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) avait autorisé le remboursement du Sovaldi (Sofosbuvir), premier traitement efficace à près de 90% contre le VHC. Ce dernier, mis sur le marché par Gilead au prix démesuré de CHF 685 la pastille, doit être pris pendant 12 semaines, portant la facture finale à un montant de CHF 58 000 par personne.
Ce prix indécent demandé par Gilead avait amené l'OFSP à limiter son remboursement aux personnes souffrant d'une maladie du foie avancée (fibrose de degré 3 et 4 ne concernant qu'à peu près 1 500 personnes en Suisse selon l'Office). (2)
D'autres pays européens avaient également imposé des limitations similaires et avaient ainsi provoqué la colère de nombreuses organisations actives dans le domaine de l'accès aux traitements. C'est ainsi que Médecins du monde (MdM) avait engagé une procédure d'opposition au brevet sur la molécule active Sofosbuvir auprès de l'Office européen des brevets. (3)

Par ailleurs, Gilead avait autorisé à un génériqueur indien la production sous licence d'une version générique du Sovaldi à destination de 91 pays à bas et moyen revenus mais en avait interdit l'exportation à 50 autres pays à bas et moyen revenus dont la Tunisie et le Maroc. Le Maroc avait ainsi, avec l'appui de nombreuses ONG dont la Coalition Internationale pour l'accès au traitement dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient (ITPC-MENA), fini par faire plier l'entreprise pharmaceutique qui autorise désormais à un génériqueur marocain de produire un générique destiné au marché interne du pays à un prix de 8000 Dirhams pour 12 semaines de traitement (environ CHF 780). (4)

La Chine, comme l'Inde et l'Egypte précédemment ont quant à eux simplement refusé de reconnaître le brevet de Gilead dans leurs régimes de protection de la propriété intellectuelle. L'Inde et la Chine sont parmi les plus grands producteurs de médicaments génériques ce qui fait de leurs décision une éventuelle opportunité de permettre l'accès aux traitements dans les pays du sud. (5)

D'autres traitements aussi efficaces que le Sofosbuvir sont maintenant disponibles -à des prix aussi exorbitants- - tel que la combinaison Viekirax et Exviera à CHF 62 000 pour 12 semaines de traitement produit par AbbVie. Gilead offre en parallèle du Sovaldi également le traitement Harvoni à un prix similaire. Janssen-Cilag quant à lui, demande CHF 10 718 pour son produit Olysio.
Le 27 juillet 2015, l'OFSP a annoncé néanmoins avoir trouvé un accord avec l'entreprise AbbVie et ainsi ramené le prix de la combinaison Viekirax et Exviera à CHF 46 000 (anciennement CHF 62 000). L'OFSP a également trouvé un accord avec Janssen-Cilag qui ne réduit que de CHF 140 le coût de son traitement dont le prix était déjà relativement bas.
Cet accord élargit par ailleurs les limites du remboursement des traitements qui pourront dorénavant être remboursés pour le traitement de fibroses de degré 2. Par contre, le remboursement du Harvoni et du Sovaldi restera limité aux fibroses de degré 3 et 4 à cause du refus de Gilead de revoir sa politique des prix. (6) et (7)


(1) Communiqué de l'Hôpital de St-Gall (en allemand)
(2) Le Matin - Un médicament contre l'hépatite C à 685 francs la pilule
(3) Le Temps - Un trop coûteux remède combattu
(4) ITPC-MENA : Lancement d'une version générique marocaine du sofosbuvir, Une première victoire en vue de la généralisation du traitement de l'Hépatite C au Maroc
(5) MSF - China rejects Gilead patent on hepatitis C drug sofobuvir
(6) OFSP - Médicaments contre l'hépatite C : conditions pour le remboursement élargies
(7) Tages Anzeiger - 40 Millionen Franken weniger Kosten


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