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7 septembre 2015 

Les États-Unis et le Chili ont saisi le Conseil de sécurité de l'ONU sur les droits LGBT

Source: The Huffington Post/ Akbar Shahid Ahmed

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L'organe n'avait jamais tenu une réunion spécifiquement sur les enjeux mondiaux LGBT.

WASHINGTON - L'organe le plus puissant des Nations Unies a eu en août dernier sa toute première discussion sur la problématique des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.

Un groupe d'intervenants - incluant deux survivants de la persécution des homosexuels par Daech, le Vice-Secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson et un défenseur de l'égalité LGBT - ont initié une réunion informelle des chefs de la diplomatie dont les pays siègent au Conseil de sécurité de l'ONU.

Les États-Unis et le Chili ont co-parrainé l'événement, ce qui était sans précédent pour le Conseil de sécurité, dont un certain nombre d'États membres sont connus pour leur intolérance envers les personnes LGBT. Les organisateurs de l'événement, conscients des sensibilités diplomatiques qui accompagnent les discussions sur les questions LGBT, ont classé cet événement comme une réunion en formule Arria - un type de rassemblement officieux, confidentiel et non-obligatoire des membres du Conseil de sécurité.

Treize des 15 Etats membres du Conseil de sécurité actuel ont assisté à la réunion de lundi, a révélé à The Huffington Post un diplomate présent. Seuls l'Angola et le Tchad n'ont pas participé à l'événement.

Samantha Power, Ambassadrice américaine à l'ONU [photo ci-dessus], a ouvert la séance en reconnaissant son caractère novateur.

"Aujourd'hui, nous faisons l'histoire de l'ONU", a déclaré Madame Power aux participants. "Ceci est la première fois dans l'histoire que le Conseil a tenu une réunion sur la persécution des personnes LGBT. C'est la première fois que nous disons, d'une seule voix, que personne ne doit être ciblé en raison de son orientation et identité sexuelle. C'est une étape historique et,comme nous le savons tous, elle aurait dû avoir lieu depuis longtemps."

Se référant au groupe Daech largement médiatisé pour leur ciblage des habitants LGBTQ en Irak et en Syrie, Madame Power a déclaré aux diplomates que «nous nous tenons ensemble en tant que Conseil de sécurité pour condamner ces actes, exiger leur arrêt, et pour nous engager à, un jour, traduire leurs auteurs en justice. La condamnation unifiée est importante ".

Un homme gay d'Irak, qui s'est adressé au Conseil de sécurité par téléphone en utilisant un pseudonyme, avait précédemment déclaré au New York Times qu'il "n'avait pas respiré" pendant des semaines alors qu'il tentait d'échapper aux militants de Daech qui ont repris sa ville natale.

L'autre homme, un Syrien nommé Subhi Nahas, a fait face aux menaces de Daech ainsi que de Jabhat al-Nusra (ou Front Nosra), la filiale syrienne d'Al-Qaïda, a rapporté Madame Power à la réunion du Conseil de sécurité.

Power a fait remarquer que ce ne sont pas seulement les groupes extrémistes, comme Daech, qui visent les individus LGBT dans ces pays. Les deux hommes ont en effet subi des discriminations et des menaces de la part d'Irakiens et de Syriens non affiliés à Daech ou à Jabhat al-Nusra.

«Bien que les attaques de personnes LGBT dans la région semblent avoir empiré en même temps que le pouvoir de Daech a augmenté, de telles violences et haines existaient bien avant la croissance spectaculaire du groupe et la violence et la haine se prolonge bien au-delà de l'adhésion à Daech," a déclaré Power. "Condamner les persécutions violentes et systématiques envers les personnes LGBT par Daech est l'étape la plus facile que nous pouvons franchir aujourd'hui. Parce que bien que la séance d'aujourd'hui se concentre sur les crimes contre les personnes LGBT commis par Daech, nous savons que l'ampleur de ce problème est beaucoup plus large."

"L'effort pour défendre les droits des personnes LGBT doit également être mené au sein de chacun de nos pays, même ceux où des progrès importants ont été accomplis - et cela comprend les États-Unis» a-t-elle poursuivi. "Car si, comme cette année, nous avons fait d'énormes progrès dans l'avancement des droits des LGBT aux États-Unis, il ne faut pas nous imaginer que le travail est terminé. Chacun de nos pays peut et doit faire plus pour faire avancer ces droits au niveau national."

Le Conseil de sécurité comprend 15 pays. Cinq d'entre eux, y compris les Etats-Unis, sont membres permanents, et deux de ces Etats membres permanents, la Russie et la Chine, ont reçu des critiques internationales pour leurs atteintes aux droits des LGBT. Le groupe actuel de 10 membres non permanents comprend des pays pro-LGBT comme le Chili et la Nouvelle-Zélande, mais aussi des pays comme le Nigeria, où les couples de même sexe sont poursuivis et peuvent être emprisonnés pour un maximum de 14 ans.

Power a déclaré au Times que les Etats-Unis espèrent inscrire les droits des LGBT "dans l'ADN" de l'ONU.

De cette façon, a-t-elle-dit, "quand vous parlerez des minorités ou des groupes vulnérables, vous inclurez toujours les personnes LGBT."

Article original (en anglais)


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