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21 octobre 2015 

David Stuart au Groupe sida Genève : Nouvelles drogues et Chemsex

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Mercredi  14 octobre dernier, le Groupe sida Genève recevait la visite de David Stuart, célèbre activiste britannique spécialisé dans les questions du VIH et du Chemsex (l'utilisation de drogues chimiques de synthèse lors des rapports sexuels) chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH). 

David Stuart dirige actuellement la clinique  londonienne ChemSex support clinics et travaille comme collaborateur au 56 Dean Street (GUM/HIV). Invité en Suisse par Gilead, David Stuart a pris le temps de s'arrêter dans nos locaux genevois pour notre plus grand plaisir.

«  Dans notre centre, nous recevons 11'000 personnes chaque mois, dont une trentaine que nous diagnostiquerons comme étant séropositives. Nous prescrivons également mensuellement 1'000 traitements PrEP (traitement antirétroviral pris à titre préventif) », commence-t-il devant le public présent.  Au cours des 10 dernières années, de nouvelles drogues dites « récréatives » sont apparues dans le milieu festif gay de Londres. Plus question d'héroïne, qui isole les utilisateurs dans un coin. Les hommes gays ayant toujours été à la recherche de drogues permettant de créer des contacts sociaux et de briser leur isolement (par exemple, en étant le seul homme gay de son village), l'apparition de 3 nouvelles drogues désinhibitrices a changé la donne : crystal, methadone et GHB/GBL font maintenant partie du milieu festif HSH britannique. Avant leur apparition, peu de gens se rendaient en urgence dans les centres de dépistage du VIH, selon David Stuart, mais l'utilisation répandue du crystal, de la methadone et du GHB/GBL a fait émerger de nouvelles problématiques.

Par exemple, sous l'effet de ces substances, de nombreuses personnes devenues fortement dépendantes contractent des infections sexuellement transmissibles (IST) à répétition et n'arrivent parfois même plus à se souvenir avec qui elles ont eu des relations sexuelles ou même si elles ont été abusées durant le week-end. En effet, certaines drogues permettent de rester éveillé 2 à 3 jours d'affilée et donc de multiplier les rencontres. Dans ses interventions, David Stuart a rencontré de nombreuses personnes qui utilisaient du GHB toutes les heures et qui paraissaient toutefois en bonne santé.

L'arrivée presque simultanée de Grindr, application mobile de rencontres sexuelles entre HSH, a renforcé la consommation de drogues chez certains utilisateurs redoutant de paraître imparfaits aux yeux de leurs partenaires. Le moment d'échange étant pratiquement supprimé, le partenaire est souvent presque inconnu et la pression de performance doublement plus élevée. Ainsi, David Stuart rencontre fréquemment des hommes qui lui confient ne plus pouvoir avoir de relations sexuelles sans être sous l'effet de la drogue. Toutes les tranches d'âge sont touchées. «  Sur les milliers d'hommes que nous rencontrons dans nos services, moins de 100 reconnaissent avoir un problème de consommation de drogues », conclut-il.

En tant qu'activiste, David Stuart a également joué un rôle de formateur auprès du personnel des cliniques qui n'osait pas poser les bonnes questions lors des consultations pour une prescription de PrEP ou un dépistage du VIH : « Avez-vous utilisé des drogues durant le week-end? Avez-vous eu des relations sexuelles sous l'emprise de la drogue? » et ainsi de suite. Même si beaucoup d'hommes nient avoir un problème de dépendance, ces échanges avec le personnel médical les sensibilisent et les encouragent à revenir à la clinique en cas de mauvaise expérience. «  Mon travail est la réduction des risques et non pas le jugement. Je veux vous aider à rester en bonne santé », explique souvent David Stuart aux hommes qu'il rencontre.

Pour plus d'informations sur les travaux de David Stuart : www.davidstuart.org

 


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