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Fil Rouge

14 octobre 2015 

Découvrez la newsletter d'octobre du Groupe sida Genève

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Au sommaire de cette newsletter automnale d'octobre 2015:


  • Un éditorial sur les Drogues et les politiques restrictives, par Sascha Moore

  • Taxe Robin des Bois: l'Europe sauvera-t-elle des millions de vies ?

  • Un retour sur la neuvième édition d'une Table pour la solidarité

  • Les personnes usagères du Groupe sida Genève rencontrent le Fonds Mondial

  • Quelques actualités marquantes tirées du blog Fil rouge

Cliquez ici pour lire la newsletter. Bonne lecture!


Editorial
Drogues et politiques restrictives: un mélange explosif! 

Cette année, le comté de Scott aux États-Unis a enregistré plus de 200 cas de VIH pour une population d'un peu plus de 20'000 habitants, contre 5 en moyenne par année jusqu'alors. La grande majorité des cas de nouvelles infections sont dus au partage de seringues entre usagers de drogues à injecter et plus de 80% des personnes dépistées positives pour le VIH l'étaient aussi pour le virus de l'hépatite C (VHC). Comment expliquer cette soudaine explosion?

Très tôt, la Suisse a fait œuvre de pionnière en ancrant la réduction des risques sanitaires dans sa stratégie de lutte contre les drogues. Les résultats de cette politique sur la santé des personnes usagères de stupéfiants, sur la chute marquée du nombre d'overdoses et du nombre de transmissions du VIH, confirment la validité de l'approche. En 2001, le Portugal alla encore plus loin et décriminalisa la consommation de drogues. Quatorze ans plus tard, les effets sont plus que probants: le nombre de consommateurs - que la décriminalisation a tout d'abord accru - est en baisse, tout comme le nombre de décès et de transmissions du VIH parmi les usagers. 

Faisant face à une forte augmentation des transmissions de VIH et des décès par overdose parmi les usagers de drogues, la ville de Vancouver au Canada fonda en 2003 le local d'injection sécurisé «Insite» qui est aujourd'hui encore le seul local d'injection sécurisé d'Amérique du Nord. Depuis, les nombreuses études d'impact attestent que ce local a contribué à la diminution de la consommation, a encouragé plus d'usagers à chercher à entrer dans un programme de traitement des dépendances et a réduit remarquablement l'incidence du VIH. La France s'apprête maintenant également à concrétiser la réduction de risques dans sa législation nationale et à se lancer dans l'expérimentation des salles de consommation à moindre risque, comme il en existe en Suisse et au Canada notamment.

L'échange de seringues usagées contre des seringues neuves, les traitements de substitution, les salles de consommation à moindre risque font ainsi partie de ces approches innovantes qui ont fait leurs preuves. Présentée lors de la 8ème Conférence mondiale sur la pathogénie, le traitement et la prévention du VIH en juillet dernier à Vancouver, une étude confirme que les traitements de substitution réduisent la mortalité parmi les usagers de drogues séropositifs.  De tous ces outils décrits plus haut, aucun n'était appliqué dans le comté de Scott. Aucun échange de seringues, aucun programme de substitution accessible et, surtout, un régime de criminalisation de la consommation extrêmement répressif. Le résultat - prévisible - : une augmentation vertigineuse des cas de transmission du VIH.  La constatation est la même en Russie, où le nombre de personnes vivant avec le VIH doublera d'ici la fin de la décennie faute de politique de santé adéquate. 

La Commission globale de politique en matière de drogues déclare que la guerre aux drogues telle que les gouvernements la mènent doit désormais être considérée comme perdue: "Après plus d'un siècle d'approche punitive, les faits sont accablants: loin d'avoir atteint ses propres objectifs, ce régime a engendré de graves problèmes sociaux et sanitaires." Même la très vénérable revue libérale britannique The Economist, pourtant peu encline aux tendances militantes, appelle non seulement à décriminaliser la consommation de drogues - la moins mauvaise solution - mais aussi à libéraliser leur production et distribution pour garantir une césure complète avec le crime organisé.  

Décriminaliser, nous le savons maintenant, réduit non seulement le nombre d'overdoses mais aussi le nombre de transmissions de maladies graves telles que le VIH ou le VHC. Décriminaliser permet aussi de mieux relier les usagers non seulement aux services de santé, mais aussi aux services de traitement des dépendances, ce qui amène une nette amélioration de la santé et de la qualité de vie à la fois des personnes concernées et de toute la société.

Sascha Moore
Chargé de projet Discrimination et VIH
Groupe sida Genève

Sources:
  • Nosyk B, et al. The Effects of Opioid Substitution Treatment and Highly Active Antiretroviral Therapy on the Cause-Specific Risk of Mortality Among HIV-Positive People Who Inject Drugs, Clin Infect Dis. 2015; doi:10.1093/cid/civ476.
  • Commission globale de politique en matière de drogues, 4ème rapport, Prendre le contrôle: sur la voie de politiques efficaces en matière de drogues, 2015, p. 11
  • The Economist, How to stop the drug wars - Prohibition has failed; legalisation is the least bad solution, Mar 5th 2009
Taxe Robin des Bois: l'Europe sauvera-t-elle des millions de vies ?

Le 12 septembre dernier, Coalition PLUS et ses partenaires remettaient au Président de la République française François Hollande une pétition ayant recueilli un million de soutiens [voir photo]. Objectif : demander la mise en place à l'échelle de l'Europe d'une Taxe sur les transactions financières (TTF) ambitieuse pour lutter contre la spéculation excessive et faire face aux grandes urgences mondiales, dont l'éradication du sida. En la recevant, le Président réaffirmait son engagement en faveur de cette source de financement solidaire extrêmement prometteuse.

Limitée aux transactions boursières, la TTF - aussi appelée Taxe Robin des Bois - est en cours de négociation entre 11 pays de l'Union européenne. Elle pourrait générer au moins 34 milliards d'euros chaque année, sans solliciter les contribuables ni impacter les budgets des Etats. Si la France et ses partenaires européens décidaient de l'adopter collectivement et d'affecter une partie conséquente de ses recettes au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ce sont notamment 21 millions de malades du sida dans les pays les plus pauvres de la planète qui pourraient enfin bénéficier de traitements indispensables à leur survie.

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Crédit photo: © Présidence de la République - L. Blevennec

Une Table pour la solidarité - 9ème édition 

Comme chaque année, les Genevoises et Genevois ont répondu présent à notre appel et se sont rendus le 11 juin dernier dans l'un de nos restaurants partenaires afin participer à la 9ème édition de la Table pour la solidarité et soutenir directement les personnes vivant avec le VIH et leurs proches.

Les fonds récoltés grâce à cette soirée de soutien sont principalement destinés au Fonds de Solidarité du Groupe sida Genève et une partie sera reversée à la Maison de la Joie au Burundi, soutenue également par la Coalition International sida Plus.

Cette année, ce sont pas moins de 20'000 CHF qui ont été récoltés. Les personnalité ont aussi répondu à l'appel, peuvent en attester celles et ceux qui ont croisé dans leur restaurant préféré Ruth Dreifuss, Agnès Wüthrich, Isabelle Moncada, Manuel Tornare, Dominique Schibli, etc.

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Isabelle Moncada au restaurant Les Tilleuls

Les personnes usagères du Groupe sida Genève rencontrent le Fonds Mondial

Au printemps dernier, le Groupe sida Genève accueillait une délégation du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour une rencontre exceptionnelle avec les personnes usagères de l'association. Ce fut l'occasion d'échanges passionnants autour du mode de fonctionnement du Fonds mondial, de ses missions et de ses objectifs. L'intérêt des personnes vivant avec le VIH pour les thématiques relatives aux difficultés d'accès aux traitements dans les pays en voie de développement et aux mécanismes de contrôle de la juste utilisation des ressources était particulièrement vif. 

Les programmes du Fonds mondial garantissent un accès aux soins à 7,3 millions de personnes séropositives vivant dans des pays en voie de développement. Face à la complexité de l'épidémie du VIH dans les pays pauvres, les prestations dépassent la "simple" distribution de médicaments antirétroviraux, puisqu'elles comprennent également la formation du personnel de santé, la mise à niveau des laboratoires de dépistage, l'ouverture de centres de distribution en milieu rural ou encore des activités de renforcement communautaire.

Les intervenant-e-s ont pu expliquer en détail la façon dont le Fonds mondial déploie son action, que ce soit en amont pour déterminer les critères d'obtention des allocations (de manière à favoriser l'intervention dans les pays les plus pauvres ayant une forte prévalence du VIH), ou en aval pour l'implémentation, le suivi des projets et le contrôle de la juste utilisation des moyens. L'un des piliers du travail du Fonds mondial est l'implication de tous les acteurs concernés du pays bénéficiaire: autorités gouvernementales, organisations internationales, associations locales, représentants de la société civile. Si les activités du Fonds mondial s'inscrivent dans une optique de long terme, les situations d'urgence (telles que la crise Ebola en Afrique de l'Ouest en été 2014) impliquent une certaine capacité d'adaptation sur le terrain.

Plus d'informations: www.theglobalfund.org
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Fil rouge (Groupe sida Genève) est la principale plateforme d'actualités sur le sida en Suisse. La rédaction a sélectionné les articles suivants pour vous. 

VIH/sida: l'épidémie progresse en Europe malgré une baisse mondiale

Si les nouvelles contaminations ont chuté de 35,5% dans le monde depuis 2000, elles continuent d'augmenter dans plus d'une cinquantaine de pays, notamment en Europe.

De nouveaux indicateurs pour améliorer l'accès aux traitements du VIH

Les recommandations de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) préconisent une mise sous traitement antirétroviral précoce dans le cadre de l'infection par le VIH. Logique, les études scientifiques confirment largement l'intérêt de démarrer le plus tôt possible le traitement. Pourtant, comme l'explique l'ANRS et l'Inserm dans une récente publication : on constate que cette initiation est toujours trop tardive, notamment dans les pays à revenu moyen et faible.

Pourquoi l'autotest du VIH, vendu en France, reste interdit en Suisse
En France, la mise en circulation des tests à faire à domicile pour dépister la maladie infectieuse est devenue réalité. En Suisse, la vente en pharmacie de ces tests est interdite par une loi, au motif du manque d'encadrement. Les particuliers peuvent toutefois se les procurer sur Internet.

Renvois et accès aux soins - nouvelle édition!
Lorsque des personnes étrangères vivant en Suisse sans statut légal ou avec un statut administratif incertain tombent gravement malades, comment examine-t-on le risque qu'elles encourent en cas de retour dans leur pays d'origine ? 


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