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3 novembre 2015 

«Ma génération n'a pas l'habitude de faire le test»

Source: Le Courrier

«Il y a trente ans, on ne savait rien de cette maladie, on m'avait donné une dizaine d'année à vivre», raconte Annie (1). Elle et Maria (1) sont venues témoigner au collège Emilie-Gourd, à Genève, de leur vie avec le sida dans le cadre d'un travail de maturité. L'objectif de son auteure, Milena Solari, étudiante en dernière année du collège, est de comparer l'impact des affiches et des témoignages comme moyen de prévention. «J'ai le sentiment qu'il y a un manque de connaissance sur les infections sexuellement transmissibles (IST) chez les jeunes, déclare-t-elle. Je connais des personnes qui ont eu des rapports non protégés. Et ma génération n'a pas l'habitude de faire le test.» 

«Nous connaissons les grandes lignes: comment on l'attrape, comment s'en protéger, mais je ne savais pas qu'on pouvait donner naissance à un enfant sain ni comment se soigner», reconnaît Anastasia, une camarade de classe. «Jusqu'ici, je n'arrivais pas vraiment à cerner ce que c'était de vivre avec le sida», admet Lou.

S'ils disent manquer d'informations sur le sida, les jeunes ne sont pour autant pas les plus touchés par l'infection. Selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), seuls huit cas ont été déclarés en 2014 chez les moins de 19 ans. «Pour atteindre les jeunes, nous avons publié des annonces dans des journaux gratuits et sur internet, mais ils connaissent les risques et se protègent assez bien lors de leur premier rapport», affirme Mona Neidhart, porte-parole de l'OFSP qui planifie chaque année depuis 1987 la campagne Love Life. 

Selon Pierre-Yves Aubert, directeur du pôle promotion de la santé et prévention au Service de santé de l'enfance et de la jeunesse, la connaissance théorique est plus ou moins acquise. «Il est vrai qu'il peut y avoir un décalage entre l'information et sa traduction en un comportement intégré.» Son service dispense les cours d'éducation à la santé qui comprennent l'éducation à la vie affective et sexuelle: seize heures de cours entre le primaire et le post-obligatoire. «Les IST sont abordés dès la fin de l'école primaire, mais les programmes sont adaptés à l'âge des élèves.» Dans le cadre de son travail, Milena Solari conclut qu'en matière de prévention du sida, un témoignage, vecteur d'émotion, a plus d'impact qu'une affiche. 

Ces méthodes sont en tout cas complémentaires. Ainsi, Olivia Benyoussef, du Groupe sida Genève, travaille en collaboration avec des personnes séropositives pour réaliser un projet d'information avec des témoignages pour les élèves du post-obligatoire. L'objectif? «Nous ne ferons pas de prévention primaire, mais nous travaillerons sur les représentations des jeunes sur le sida, les discriminations et nous créerons un espace d'expression pour qu'ils puissent partager leur vécu, poser leurs questions...» Leurs premières interventions auront lieu en décembre. I (1) Prénoms d'emprunt.


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