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18 janvier 2016 

Jean-Paul Lacaze, séropositif depuis 30 ans, témoigne

Source: France bleu

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Le SIDA tue encore un million de personnes chaque année dans le monde : la journée mondiale de lutte contre le SIDA est l'occasion d'en parler. Rencontre avec un séropositif qui a accepté de raconter son histoire après avoir révélé à ses proches sa séropositivité au bout de trente ans.

En 2015, si on vit mieux avec la maladie, l'épidémie continue quand même de se développer. En France chaque année, 7000 personnes découvrent qu'elles sont séropositives, dont environs 200 en Aquitaine. Selon les estimations, il resterait entre 20 et 30 000 personnes infectées par le VIH sans le savoir. Jean-Paul Lacaze lui, l'a appris très tôt. Avec ses cheveux grisonnants, ses baskets bleues flashy et son allure plutôt sportive, il a l'air d'un quinquagénaire épanoui... Et pourtant, à 23 ans, il apprend qu'il a été contaminé par une seringue qu'il utilisait pour se droguer. Aujourd'hui,  trente ans plus tard, il continue de vivre avec.

En entretien d'embauche, on me demandait comment je me voyais dans cinq ans. J'étais incapable de répondre, alors je brodais.

-- Jean-Paul Lacaze, 53 ans, séropositif

Difficile d'avoir une vie professionnelle lorsqu'on est séropositif : Jean-Paul l'a vite compris. "Avec autant d'incertitudes, c'était très compliqué. Je me rappelle toujours que dans les entretiens d'embauche, on me demandait comment je me projetais dans cinq ans. J'étais obligé de broder, c'était tellement hors de propos pour moi. J'avais forcément du mal à exprimer une quelconque motivation pour un job". 

Je voulais que ces 30 ans de ma vie puissent servir à quelque chose, car le silence n'a mené à rien

-- Jean-Paul Lacaze, 53 ans, séropositif

Après trois ans de dépression au fond de son lit, il finit par s'en sortir. Avec le temps et le traitement, la charge virale devient indétectable. Alors il relève la tête et pour les 30 de sa maladie, il décide de le partager à ses proches : "je voulais que mon expérience puisse servir, que ces 30 ans puissent servir à quelque chose, car le silence n'a mené à rien."

Le sport pour s'en sortir

Aujourd'hui, son espérance de vie est redevenue quasiment normale, malgré un cancer de la thyroïde qui s'est ajouté au tableau il y a quelques années. Sa vie c'est son fils, et le sport : vélo, course à pieds, musculation. Malgré son problème de souffle et sa fatigue chronique, il s'améliore : il a même participé cette année à une étape du tour de France pour amateurs. Son prochain projet : le triathlon. Pour cela, il compte sur de potentiels partenaires financiers qui seraient intéressés par son histoire et accepteraient de le financer.

Une révolution pour la prévention du VIH

Même si aucun traitement ne permet d'éradiquer totalement la maladie, il existe tout de même des moyens préventifs mis en place pour lutter contre son développement. Une bonne nouvelle est tombée en ce sens : l'autorisation par la ministre de la santé Marisol Touraine de la PREP ainsi que son remboursement. La PREP, c'est un médicament utilisé par des séronégatifs en prévention. Une véritable révolution dans la prévention du VIH selon Raphaël Seine, responsable de l'association AIDES en Gironde. "Nous sommes le deuxième pays au monde après les Etats-Unis à l'autoriser, premier pays au monde à le rembourser. Cela montre que l'on a saisi les enjeux, et que l'on peut mettre fin à l'épidémie du VIH si on utilise tous les outils à disposition. Les choses bougent enfin, il était temps qu'on les mette en place dans le système de santé en France. On est sur la bonne voie."


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