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10 mai 2016 

Ces pays « oubliés » de l'épidémie de VIH-sida

Source: La Croix

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Médecins sans frontières alerte sur les pays d'Afrique occidentale ou centrale, qui ne sont pas considérés comme prioritaires par les bailleurs de fonds internationaux.

Un mélange d'impuissance, presque de fatalisme. « Nous manquons parfois de tests de dépistage du VIH à l'hôpital, et quand ça arrive, nous devons renvoyer les gens chez eux, même quand il y a de claires indications qu'ils sont probablement séropositifs », raconte un directeur de soins infirmiers dans un hôpital public de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Ce témoignage est extrait d'un rapport rendu public la semaine dernière par Médecins sans frontières (MSF).

36,9 millions de personnes infectées

Dans ce document, l'organisation humanitaire dénonce la situation de certains pays africains qui, comme, la RDC, sont les « oubliés » de la planète sida. Les laissés-pour-compte des grands bailleurs de fonds internationaux. « Des millions de personnes en Afrique occidentale et centrale restent en marge de la lutte mondiale contre le VIH », affirme l'organisation humanitaire, en ajoutant que dans ces pays, la population vivant avec le VIH « continue de souffrir inutilement et de mourir en silence ».

Fin 2014, on estimait à 36,9 millions le nombre de personnes infectées dans le monde. Parmi elles, 25,8 millions vivaient en Afrique subsaharienne, une vaste région où l'ouverture aux médicaments a été spectaculaire. En 2002, moins de 100 000 personnes y étaient sous traitement antirétroviral. Désormais, c'est le cas de plus de 10 millions de personnes. Mais derrière ces chiffres, on trouve une réalité assez contrastée de l'épidémie.

Aider les « hot spots » en priorité

Certains pays d'Afrique australe et orientale, sont depuis longtemps massivement touchés par l'épidémie. C'est le cas par exemple de l'Afrique du Sud où en 2014, on estimait que 18,9 % de la population vivait avec le VIH. Dans d'autres pays, la prévalence est encore plus élevée, comme au Lesotho (23,4 %), au Bostwana (25,2 %) ou au Swaziland (27,7 %). Et fort logiquement, c'est d'abord en direction de ces pays que sont concentrés les financements internationaux pour l'accès aux traitements.

« Les bailleurs de fonds ont mis le paquet sur les "hot spots", c'est-à-dire les points chauds et névralgiques de l'épidémie. On ne conteste pas cette stratégie mais on constate simplement que d'autres pays, notamment en Afrique centrale et occidentale, ont du coup été un peu mis de côté », indique le docteur Éric Goemaere, référent sur le VIH à MSF. Dans ces pays, la prévalence est certes moins élevée, de l'ordre de 2,3 %, mais l'épidémie fait un grand nombre de victimes.

L'Afrique centrale, 27 % des décès liés au sida

« En 2014, 330 000 personnes sont mortes de causes liées au VIH en Afrique centrale et occidentale. Soit 27 % des décès liés au sida dans le monde », précise le docteur Goemaere, en ajoutant que le niveau d'accès aux antirétroviraux, dans la région, est l'un des plus faibles au monde.

Sur l'ensemble de l'Afrique subsaharienne, on estime qu'environ 40 % des patients ont aujourd'hui accès aux médicaments. Un chiffre qui, là encore, masque d'importantes disparités. Ainsi, en Afrique centrale et occidentale, 3 adultes sur 4, ayant besoin d'un traitement, n'y ont pas accès. Et c'est le cas de 9 enfants sur 10.

Pour MSF, il n'est pas question de réduire les financements pour les pays à forte prévalence, « mais il faut être conscient qu'on ne parviendra pas endiguer l'épidémie au niveau mondial en continuant de laisser de côté ces pays où le sida n'est pas considéré comme une priorité politique et sanitaire », indique le docteur Goemaere.


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