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31 octobre 2016 

Prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant

Source: Onusida

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Ces cinq dernières années, on a observé un élargissement rapide des services de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. À l'échelle mondiale, cela a permis de réduire le nombre annuel de nouvelles infections chez les enfants de 50 % depuis 2010 et, selon les estimations, 77 % des femmes enceintes ou allaitantes vivant avec le VIH ont reçu des médicaments antirétroviraux pour prévenir la transmission du VIH à leur bébé en 2015, contre 50 % en 2010.

Les médicaments antirétroviraux ont permis d'éviter 1,6 million de nouvelles infections chez les enfants depuis 2000. On a également constaté une baisse spectaculaire des décès pédiatriques dus au sida. Dans les 21 pays prioritaires ciblés par le Plan mondial pour éliminer les nouvelles infections à VIH chez les enfants et maintenir leurs mères en vie (le Plan mondial), la mortalité liée au sida chez les enfants de moins de 15 ans a chuté de 53 % entre 2009 et 2015. Dans des pays comme le Botswana, le Burundi, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Swaziland, on a même obtenu des baisses plus importantes, supérieures à 65 %.

Cependant, ces bonnes nouvelles sont à relativiser en raison de problèmes complexes persistants. En 2015, il y avait 1,8 million d'enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH dans le monde. La même année, 150 000 enfants de plus ont contracté le VIH à l'échelle mondiale (2 800 par semaine) et 110 000 enfants sont morts de causes liées au sida (300 par jour). Dans certains pays très touchés comme l'Angola, le Tchad et le Nigéria, moins de la moitié des femmes enceintes ou allaitantes vivant avec le VIH reçoivent des médicaments antirétroviraux.

Les programmes destinés à aider les femmes à se prémunir contre l'infection à VIH restent peu développés et fragiles, avec pour conséquence 900 000 nouvelles infections à VIH chez les femmes de plus de 15 ans en 2015. Elles se sont ajoutées aux 17,8 millions de femmes vivant déjà avec le VIH et, quand elles décideront d'avoir des enfants, elles auront besoin de services pour prévenir la transmission à leurs enfants et rester elles-mêmes en bonne santé. Les programmes destinés à aider les femmes vivant avec le VIH à éviter les grossesses non désirées demeurent eux aussi inadéquats : une étude récente menée au Kenya a révélé que, malgré les améliorations dans la couverture du planning familial, les femmes vivant avec le VIH étaient davantage susceptibles de vivre une grossesse non désirée que les autres femmes.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande désormais de traiter toutes les personnes vivant avec le VIH, mais déclare qu'il est aussi essentiel d'assurer une bonne observance du traitement aux médicaments antirétroviraux pour garantir leur efficacité. Une bonne observance permet de faire baisser la charge virale à des niveaux indétectables, réduisant ainsi considérablement la transmission ultérieure à l'enfant tout en restaurant le système immunitaire de la mère pour améliorer sa santé. Pourtant, de nombreuses femmes arrêtent progressivement de prendre leurs médicaments après la naissance du bébé, augmentant le risque de transmission pendant l'allaitement et mettant en péril leur propre santé. Au Malawi, une étude a montré qu'un tiers de 7 500 femmes enceintes ou allaitantes ne suivaient pas correctement leur traitement antirétroviral, compromettant ainsi les bénéfices du traitement avec un risque accru de développer une résistance aux médicaments.

L'accès au diagnostic et au traitement chez les enfants a été amélioré, mais il reste beaucoup à faire. Dans les 21 pays prioritaires du Plan mondial, seulement la moitié des enfants exposés au VIH bénéficient d'un dépistage virologique dans les deux mois suivant la naissance, comme le recommande l'OMS. Étant donné que la mortalité chez les nourrissons non traités est maximale au cours des trois premiers mois de la vie, un diagnostic et une mise sous traitement rapides sont indispensables. Pourtant, seulement la moitié des enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH dans ces pays ont accès au traitement, contre 80 % des femmes enceintes vivant avec l'infection. Ces chiffres révèlent l'échec des services pour les enfants.

Afin de parachever le travail du Plan mondial, l'ONUSIDA et le Plan présidentiel américain d'aide d'urgence à la lutte contre le sida ont lancé une initiative de suivi baptisée Start Free, Stay Free, AIDS Free. Ce cadre, qui a pour but de mettre fin au sida chez l'enfant, englobe l'aspiration à ce que tous les enfants naissent et restent sans VIH (« start free », démarrer dans la vie sans le VIH), que tous les adolescents et les jeunes femmes puissent se protéger contre le VIH (« stay free », rester sans VIH) et que tous les enfants et les adolescents vivant avec le VIH aient accès à un traitement, des soins et un appui anti-VIH de qualité (« AIDS-free », sans sida).

Start Free, Stay Free, AIDS Free couvre les objectifs validés par la Déclaration politique des Nations Unies de 2016 sur la fin du sida, à savoir 95 % de femmes enceintes et allaitantes ayant accès aux médicaments antirétroviraux, la réduction des nouvelles infections à VIH chez les enfants à 40 000 et l'accès au traitement anti-VIH pour 1,8 million d'enfants vivant avec le VIH d'ici 2018. Le programme vise également à faire baisser les nouvelles infections chez les adolescents à moins de 100 000 et à mettre sous traitement anti-VIH 1,5 million d'adolescents d'ici 2020.

Start Free, Stay Free, AIDS Free encourage une action concertée et coordonnée menée au niveau national et conçue pour combler les lacunes restantes dans la prévention et le traitement du VIH chez les enfants, les adolescents, les jeunes femmes et les futures mamans. Sa réussite dépendra des plans d'accélération et de mise en œuvre adaptés afin de correspondre au contexte national, en s'appuyant sur les stratégies couronnées de succès pour le renforcement des systèmes selon les besoins et l'identification des opportunités et actions critiques capables d'étendre l'accès aux services vitaux de traitement et de prévention du VIH. Pour appuyer la mise en œuvre, le cadre en appelle aussi à l'industrie, à la société civile et aux partenaires internationaux pour qu'ils ciblent leurs investissements sur de nouvelles solutions efficaces et rentables qui maximisent les résultats des programmes.

Tout comme le Plan mondial, Start Free, Stay Free, AIDS Free place les femmes vivant avec le VIH au cœur de la riposte.


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