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29 mars 2017 

Plus d'excuse aux idées reçues sur le SIDA et le VIH

Source: Sciences et Avenir 

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Plus d'excuse aux idées reçues sur le SIDA. En se basant sur le dernier sondage de Sidaction révélant des ignorances persistantes sur cette maladie, Sciences et Avenir demande à un médecin de rectifier les erreurs les plus flagrantes.

Le Sidaction, c'est du vendredi 24 au dimanche 26 mars 2017. A cette occasion, comme chaque année, l'association a publié un sondage IFOP/ Bilendi. Et s'alarme des résultats : encore beaucoup trop d'idées reçues et de méconnaissances autour du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et du syndrome d'immunodéficience acquise (Sida). Pourtant 71% des Français déclarent que le Sida leur fait peur (80% des 15-24 ans). Et semblent être demandeurs d'une meilleure communication sur cette maladie puisque 64% des personnes sondées estiment que les médias du web n'informent pas suffisamment sur le sujet (72% pour les réseaux sociaux). Sciences et Avenir fait donc le point avec le Dr Diaz, médecin urgentiste, pour rectifier les erreurs les plus notables qui ressortent de ce sondage.  

Sur la maladie elle-même

44% des Français pensent que le VIH et le Sida renvoient à la même chose.

Non, le VIH c'est le virus, le Sida c'est un stade de l'infection. Le VIH va s'attaquer aux cellules de l'immunité (défenses de l'organisme). Il va se multiplier et entraîner l'affaiblissement voire la destruction de ces cellules. Après plusieurs années d'infection par le VIH, les défenses immunitaires vont franchir un seuil tellement bas qu'elles ne seront plus à-même de lutter contre des infections dites "opportunistes" (présentes dans notre quotidien et habituellement non dangereuses pour l'homme). Ces maladies vont alors être pathogènes voire fatales pour le patient. C'est à ce moment là - et uniquement - que l'on atteint le stade de Sida. 

Sur les modes de transmission 

- 16% des Français pensent que le virus peut être transmis en s'asseyant sur un siège de toilettes publiques (18% des 15-24 ans)
- 22% des Français pensent que le virus peut être transmis en ayant des rapports protégés avec une personne séropositive (27% 15-24 ans)
- 15% des Français pensent que le virus peut être transmis en embrassant une personne séropositive (21% des 15-24 ans)
- 15% des Français pensent que le virus peut être transmis en entrant en contact avec la transpiration d'une personne séropositive (21% des 15-24 ans)

Le virus est uniquement transmissible par le sang et les sécrétions sexuelles. Absolument pas dans la transpiration ni dans la salive. Il n'est donc pas possible d'être contaminé par un siège de toilettes publiques, un baiser ou par la transpiration. Et heureusement! 

Ce sont les rapports sexuels sans protection qui peuvent transmettre le VIH, que ce soit vaginal ou anal (réceptif ou insertif). Il peut également y avoir un risque avec la fellation si la bouche présente des lésions (pathologies dentaires, plaies, aphtes, etc.). Il en est de même avec l'ingestion de sperme. En revanche il n'y a quasiment aucun risque pour le cunilingus. Le virus ne survit pas à l'air et ce contact n'est pas assez pénétrant. Autre mode de transmission : de la mère à l'enfant pendant la grossesse et l'allaitement. Et enfin la transmission par le sang direct par les piqures notamment en cas d'usage de drogues intraveineuses.

En cas de prise de risque, allez aux urgences sous les 48h

Sur le dépistage 

57% estiment être mal informés sur l'existence d'un traitement d'urgence en cas de prise de risques (idem 15 -24 ans) 

En cas de prise de risque, il faut se rendre au plus vite aux urgences de l'hôpital le plus proche dans les 48h. Le médecin - s'il l'estime nécessaire- délivrera un traitement post-exposition (TPE). Il s'agit d'une trithérapie à suivre tous les jours pendant un mois. Le but étant de limiter les risques de transmission du VIH. Après ce traitement, il faudra encore être suivi régulièrement avec un médecin infectiologue pendant trois mois. 

42% des Français estiment être mal informés sur les lieux où aller pour se faire dépister pour connaître leur statut sérologique (idem 15 -24 ans)

Pour un dépistage, il existe deux types de test. D'abord la prise de sang qui peut diagnostiquer le virus 4 à 6 semaines après la contamination. Il est possible de faire cette prise de sang dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) ou dans les laboratoires d'analyses et de biologie médicale (LABM) sur prescription du médecin traitant.

Une alternative à la prise de sang : le test de dépistage rapide disponible en pharmacie. Il consiste en une simple piqûre sur le doigt. Mais cette fois-ci, le test se positive trois mois après la contamination. 

Sur le traitement 

22% des Français pensent qu'il existe des médicaments pour guérir du sida ( 23% des 15-24 ans)

Faux ! Aucun médicament ne permet encore de détruire le VIH. La tri-thérapie est un traitement qui "endort" le virus : il limite seulement les symptômes. Cela repose sur la prise de médicaments antiviraux spécifiques, prescrits sous forme d'associations de trois médicaments. C'est un traitement qui se prend à vie. Il n'existe pour le moment aucune autre solution. 

Sur les moyens de prévention  

15% des Français pensent que l'utilisation d'un produit de toilette intime est efficace pour empêcher la transmission du VIH (12% 15-24 ans)
22% des Français pensent qu'un rapport protégé avec une personne séropositive n'empêche pas la transmission du VIH (27% 15-24 ans)

Oubliez les gels intimes, la seule prévention c'est l'utilisation systématique du préservatif dès le début de l'acte. Et cette protection est suffisante puisqu'elle empêche le contact entre les muqueuses. 

A savoir, un traitement préventif a été récemment autorisé en France : il s'agit du PrEP pour prophylaxie pré-exposition. Il est destiné aux personnes non infectées par le virus mais présentant des comportements "à haut risque". Le but est de limiter la contamination du VIH en cas de rapport non protégé. Ce traitement peut être prescrit dans des centres spécialisés des hôpitaux et depuis juin 2016 dans des centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). 


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